Déjà au début du 19ème
siècle on constatait que la prison était un échec. On connaît en théorie
pourquoi on l’a inventée. Mais en pratique on sait que la prison est, encore et
toujours, un échec. Echec dans la diminution du taux de criminalité, échec dans
la réinsertion, échec dans la baisse de récidive, échec de protection de la
population et des détenus et échec de sécurité…
A partir de là, plusieurs questions sont à
poser : Cet échec ne ferait-il pas partie intégrante du fonctionnement de la
prison ? Cet échec ne servirait-il pas à la fabrication des délinquants et
aux mépris des prisonniers ?
Eléments de réponses :
Voyons pourquoi la prison
est une usine à délinquant :
. D’abord il y a la surveillance policière qui
est omniprésente comparée à la surveillance éducationnelle (on estime le
rapport à 1 travailleur social pour 100 flics en France) qui cueille le futur
« délinquant » et le jette en prison.
. Ensuite la prison impose des contraintes
violentes que les détenus apprennent et utilisent comme un moyen de
communication.
. Elle créait une existence contre-nature
souvent inutile et dangereuse qui est à l’opposée des principes d’éducation.
. Elle se base sur un fonctionnement fondé sur
l’abus de pouvoir qui deviendra le fonctionnement de la majorité des
prisonniers.
. Elle provoque chez les détenus un sentiment
d’injustice tellement important qu’ils en seront d’autant plus
« incontrôlables », vengeurs et … injustes.
. Elle favorise l’organisation d’un milieu
délinquant, solidaire les uns des autres, hiérarchisé, prêt pour toutes les
complicités futures.
. Elle donne toutes les conditions à la sortie
pour être condamné à la récidive.
. Elle fait tomber dans la misère et la
souffrance la famille du détenu.
. Elle favorise le risque de maladie mentale
par sa configuration et ses lois : effraction de l’intimité, enferment,
peu de lumière du jour, accès facile aux drogues, etc.
Voilà pourquoi la prison
reconduit, presque fatalement, devant les tribunaux ceux qui lui ont été confiés.
Elle introduit en eux un code, un signe qui les démarquent de fait de la
société. Marqués mentalement au fer rouge par des surveillances en tout genre
(du pointage au bracelet électroniques) et/ou par des casiers judiciaires les
empêchant de travailler ici ou là, elle les marginalise, voir les exclus de
fait de la société… C’est par ce biais qu’on distingue le
« délinquant » du simple infracteur. Quand ce dernier est caractérisé
par son acte, le « délinquant » lui, est défini par sa vie tout
entière.
Mais alors à quoi ça sert
de maintenir la « délinquance », d’induire la récidive, de
transformer l’infracteur d’occasion en délinquant d’habitude, d’organiser un
milieu fermé de délinquance ?
Déjà ça ne sert pas à
supprimer les infractions ou à stopper les transgressions ; surtout
pas ! Car l’Etat a besoin de transgresseurs pour avoir et asseoir son
pouvoir sur le peuple. Sans transgresseur, point de police, point de prison et
point d’Etat. Sans transgresseur l’Etat n’a plus de raison d’exister.
En fait, ça sert plus à mettre en place un
illégalisme voyant (gagne pain des média), marqué, irréductible et donc
secrètement utile. Ca sert à isoler cet illégalisme de tous les autres, à le
dessiner et le transformer afin qu’il résume symboliquement tous les autres. Cet
« immense » illégalisme qu’on appelle la « délinquance »,
permet de laisser dans l’ombre toutes les autres formes d’illégalismes qu’on
veut ou doit tolérer. Il s’agit en fait de distinguer et de différencier les
transgressions. Ainsi, les limites de la tolérance sont données et permettent
alors, de manière arbitraire, de donnerdu champs à certains, de faire pression sur d’autre, d’en exclure une
partie, d’en rendre utile une autre, de neutraliser ceux-ci, de tirer profit de
ceux-là…
Quand à l’utilisation de
ces transgressions, elle se retrouve dans une justice de classe. La
« délinquance », solidifiée par un système pénal centré sur la
prison, représente un détournement d’illégalisme pour les circuits de profits
et de pouvoirs illicites de la classe dominante. Cette même classe dominante,
très bien représentée par le président français, qui déclarait lui-même vouloir
« mettre un terme à la pénalisation du droit des affaires » qui
représenterait « un risque pénal [pesant] sur l’attractivité économique de
la France. »
(N. Sarkozy, université d’été du MEDEF, 2007). En clair, il s’agit ni plus ni
moins de la dépénalisation des délits financiers !
En fait, on a le vol matériel direct, le vol
avec effraction, le meurtre, le brigandage pour les classes inférieures ;
tandis que le vol indirect et raffiné, l’exploitation savante du bétail humain,
les trahisons de haute tactique et toutes les combines véritablement lucratives
que la loi est trop bien élevée pour atteindre, demeurent le monopole des
classes supérieures. Donc suivant la classe sociale à laquelle on appartient,
lorsque l’on transgresse la loi, on est conduit soit en prison soit au
pouvoir ! C’est donc hypocrite ou naïf de croire que la loi est faite pour
tout le monde. La loi est faite pour quelques uns et elle écrase les autres.
Bien qu’en principe, elle oblige tous les citoyens, elle s’adresse en fait
principalement aux classes les plus nombreuses et les moins éclairées. Et il
est faux de croire que c’est la société tout entière qui juge l’un de ses membres,
car en réalité, il s’agit d’une catégorie sociale préposée à l’ordre qui en
sanctionne une autre au désordre.
Et voilà pourquoi on
méprise les prisonniers. Comme tous les jours, on conduit ou on se promène.
Mais ce jour-là, on renverse quelqu’un ou on aperçoit quelqu’un faisant un
malaise. Est-ce qu’on va se tirez ? Non… ? On va aidez… Or la
personne qu’on a renversée ou dont on a vu le corps tombé a peutêtre mésusée l’alcool, a peut être frappée ou
bien même tuée… Et pourtant on s’arrête. Sans jugement, sans classement, on
stoppe notre temps pour sauver cette personne. Et si on ne s’arrête pas pour
aider les prisonniers qui meurent en prison, c’est parce que l’Etat et sa
classe dominante ont décrété qu’il s’agissait de « délinquants »
qu’il fallait mépriser…
Et si vous pensez que nous
n’avons pas de solution à proposer, nous vous invitons à venir en discuter avec
nous le
VENDREDI 6 NOVEMBRE A 20
h 30
SOIREE PROJECTION/ DEBAT
AUTOUR DU FILM LA RAISON DU PLUS FORT de Patric JEAN.
Suite a l’appelde l’A.R.P.I : « La prison tue! Abolition des quartiers d'isolementet des longues peines », une semaine de mobilisation est organisée du 2 au 8 novembre 2009.
Le groupe sanguin de la FédérationAnarchiste s’associe au Pavillon Noir pourprésenter une soirée projection / débat sur le thème de la société carcérale.
Projection du film « la raison du plus fort » de Patric Jean:
Quelle drôle d’époque ! Hier encore, on a fermé une usine, jetant sur la route des milliers de personnes. Pas assez rentable. Alors on ferme, on fusionne, on délocalise. Alors qu’en face, on construit une prison. Faut-il effrayer les chômeurs ? Faudra-t-il que les exclus enferment leurs désirs sous peine d’être enfermés eux-mêmes ? Que sommes-nous en train de faire ? Avons-nous perdu la raison ?
Patric Jean
Vendredi6 novembreà 20 h30
Soirée projection / débat
au Pavillon Noir
10, boulevard Poincaré 14000caen– Arrêt de tram Aviation
APPEL À LA SOLIDARITE AVEC L’ALLIANCE MAGONISTE ZAPATISTE AU MEXIQUE
Le Syndicat Intercorporatif Anarchosyndicaliste de Caen
(SIA) invite l’ensemble du mouvement libertaire français à manifester sa
solidarité avec les compagnes et compagnons mexicainEs de l’Alliance Magoniste
Zapatiste (AMZ).
Au début de l’été 2008, un compagnon anarchiste de l’AMZ a
effectué une tournée d’information dans plusieurs villes de France.
A l’invitation de la FA de Caen, une projection débat a eu
lieu au squat politique « Le Pavillon Noir ». Cette soirée a permis
au mouvement anar local de découvrir les activités de l’AMZ (dont plusieurs
membres sont incarcérés par l’État mexicain) et de collecter un peu d’argent
pour la soutenir.
En décembre, une personne connue dans la mouvance
libertaire caennaise va effectuer un voyage au Mexique. Il s’agit là d’une
opportunité à saisir pour manifester une nouvelle fois notre solidarité avec
les anars mexicains. Cette personne est en effet disposée à remettre à l’AMZ
tout l’argent qui aura pu être collecté ainsi que des livres et brochures en
espagnol que le SIA a entrepris de photocopier.
Le SIA appelle donc l’ensemble des groupes, syndicats,
réseaux, individus du mouvement libertaire français à effectuer des dons en
faveur de l’AMZ.
CET APPEL EST URGENT CAR LA PERSONNE QUI VA LES
ACHEMINER PART DÉBUT DÉCEMBRE.
Les dons peuvent être envoyés sous forme de chèques
(portant la mention « Solidarité AMZ » audos) à notre adresse postale : SIA BP
257 14013 Caen Cedex.
Les dons doivent nous parvenir au plus tard vers le 8
décembre.
Nous vous invitons diffuser rapidement cet appel à la
solidarité par tous les moyens à votre dispositions (AG, bulletins intérieurs,
presse, sites internet, mail-list…).
Le SIA publiera sur le site d’information libertaire
« A-infos » la liste finale des donateurs/rices vers la mi-décembre.
Un reçu sera demandé à l’AMZ et sera reproduit dans les
colonnes de « Solidarité », le journal du SIA de Caen. Un double sera
également envoyé à tous/tes les donateurs/rices, tout ceci dans un souci de
transparence.
Cet appel à la solidarité va circuler auprès de multiples
groupes et individus. L’idée est que chaque groupe et individus donne un peu
suivant le principe « les petits ruisseaux font les grandes
rivières ». Mettons rapidement en application nos principes de solidarité
internationale.
Merci d’avance pour les dons.
BRÈVE prÉsentation de
l’Alliance Magoniste
Zapatiste.
L’AMZ est composée de 3 groupes : le Collectif
Autonome Magoniste (CAMA) de Mexico, Les Organisations Indiennes pour les
Droits Humains à Oaxaca (OIDHO), le COmité pour la DEfense des Droits Indigènes
(CODEDI) de Santiago Xanica (État de Oaxaca).
L’AMZ participe à l’Assemblée Populaire des Peuples de
Oaxaca (APPO) en veillant avec de multiples autres groupes à ce que cette
assemblée née du soulèvement populaire de Oaxaca ne soit pas transformée et
dévoyée en organisation électoraliste et politicienne.
L’AMZ publie un petit journal « Viva Tierra y
Libertad » qui en est à son 5éme numéro.
Le CAMA de Mexico publie un journal
« Autonomia » qui en est à son 27éme numéro. Ce collectif participe
activement aux activités du Centre Social Libertaire Ricardo Flores Magon (où
sont organisés des projections, des débats, une bibliothèque, des tables de
presse, des rencontres libertaires… adresse : cerrada de Londres N°14,
interior 1, colonia Juarez, Mexico, tout prés de la station de métro Sevilla)
et à une petite maison d’édition anar « Cultura libre ».
Le CAMA participe actuellement également à un projet de
création d’une fédération libertaire à Mexico avec une quinzaine d’autres
petits groupes anars implantés dans les lycées et les facs.
Les OIDHO et le CODEDI sont des groupements indigènes qui
luttent pour la création de municipalités autonomes autogérées par des
assemblées populaires appliquant les « us et coutumes »
communautaires. Ces groupes sont en conflit avec les autorités municipales
légales, notoirement corrompues et le plus souvent frauduleusement élues, et
ont participé au soulèvement massif de la population de l’État de Oaxaca contre
le gouverneur Ulises Ruiz Ortiz (PRI).
Plusieurs membres du CODEDI ( Abraham Ramirez Vasquez,
Juventino Garcia Cruz et Noel Garcia Cruz) sont emprisonnés depuis le 15
janvier 2005. Le CODEDI a dénoncé les magouilles du chef local du Parti
Révolutionnaire Institutionnel (PRI), parti qui a détenu le pouvoir pendant
plus de 70 ans au Mexique, et créé une municipalité autonome à Santiago Xanica.
Le 15 janvier 2005, 80 indigènes du CODEDI qui réalisaient un travail
communautaire ont été attaqués par la Police Préventive de l’État de Oaxaca.
Plusieurs indigènes ont été gravement blessés par balles et laissés sans soins.
Les 3 membres du CODEDI ont été incarcérés sous l’accusation délirante d’avoir
organisé ce même 15 janvier une embuscade armée contre la Police Préventive,
embuscade durant laquelle un policier a été tué.
Un autre membre du CODEDI, Cesar Luis Diaz, a été arrêté
et emprisonné en juin 2007. Lui aussi croupit depuis dans un pénitencier. 2
mois avant le Chef du PRI l’avait déjà fait arrêter et avait tenter de le
pendre. Cesar avait été sauvé in extremis par l’intervention d’un groupe de
femme et d’enfants.
Eux aussi en tant que prisonniers ont besoin de notre
solidarité.
Vous pouvez contacter l’AMZ aux adresses mail
suivantes :
Les chiffres donnent le tournis : cumulées à l’échelle de la planète, les aides au système financier mondial affluent, qui pour recapitaliser, qui pour garantir les prêts interbancaires, et atteignent, en l’état actuel des événements, quelque trois mille milliards de dollars, ce qui, déjà, n’est qu’une goutte d’eau à côté des dizaines de milliers de milliards qui sont partis en fumée dans la dépréciations des produits financiers complexes que les traders ont échafaudés pour doper la machine à fabriquer le pognon… Les partisans d’une économie de marché-plus-juste-parce-qu’encadrée peuvent s’agiter et invoquer le coût plus que modéré de l’éradication de la faim et de l’an alphabétisation sur la planète, ou convertir en millions d’année de SMIC les 360 milliards annoncés rien que pour la France, rien n’y fait : il est inutile de dénoncer les inégalités si on ne propose que des solutions aussi efficaces qu’un cautère sur une jambe de bois.
Si ce qui se passe depuis quelques semaines est incontestablement une crise, c’est aussi une leçon grandeur nature de philosophie politique, qui a beaucoup à nous dire sur la nature des démocraties fondées sur la délégation de pouvoir, et qui met clairement en évidence les relations étroites qu’entretiennent l’Etat et le capitalisme.
A quoi assistons-nous sur le plan politique ? A la révélation de ce que tous les partis politiques institutionnels refusaient d’admettre publiquement jusqu’à une date récente : ils ont tous le regard fixé vers l’horizon indépassable de l’économie de marché ! Aux Etats-Unis, le plan Paulson de sauvetage des banques est voté conjointement par les républicains et les démocrates, Mc Cain et Obama réduisent considérablement le champ polémique de leur campagne pour donner l’image d’une Amérique unie derrière son chef présent et à venir. En France, c’est un Manuel Valls, dont les dents rayent les fondations de la maison, qui se plaint publiquement que le parti socialiste ne compte pas d’homme d’Etat susceptible de voter ouvertement les cadeaux de Noël des banques ; pensez donc, ils se sont abstenus, du propre aveu de leur président de groupe « pour ne pas empêcher le gouvernement de rétablir la confiance »! Cerise sur le Gâteau, c’est un Fillon qui réclame à corps et à cris l’union sacrée, (qui précéda de peu, rappelons-le, la boucherie de 14-18…), rien de tel qu’une bonne situation critique pour faire marcher la classe politique en rang par deux…
Les médias nous vendent la crise comme un brouillage des repères, comme un micmac dans lequel une chatte ne retrouverait pas ses petits : Sarkozy, à les entendre, serait devenu, sinon d’extrême gauche, du moins celui par lequel la régulation du marché va retrouver ses lettres de noblesse keynésiennes, il aurait enfourché son cheval blanc pour refonder et moraliser le capitalisme : finis les parachutes dorés, virés les irresponsables qui perdent des centaines de millions en bourse, l’Etat est de retour dans l’économie, on va voir ce qu’on va voir… La confiance va revenir, à coup de milliards on parvient toujours à ses fins, c’est un expert qui vous le dit ! Et là, patatras ! la chute continue, le psychodrame n’en finit plus, les vampires assoiffés de biftons aimeraient bien avoir confiance, mais la récession menace, l’économie réelle est touchée !
Face à un tel déversement d’inepties, il est plus qu’urgent de revenir aux fondamentaux et de rappeler ce qu’est le capitalisme : un système construit sur la propriété privée des moyens de production et sur l’exploitation de la force de travail de ceux qui n’ont rien d’autre pour vivre, un système dont le but est d’accumuler du profit en le concentrant dans les mains d’un nombre toujours plus faible de profiteurs, un système que la crise ne met pas en danger, parce qu’elle lui est nécessaire pour fonctionner. Que la crise se traduise par la guerre économique, ou par la guerre tout court, elle a immanquablement pour effet de relancer la croissance. La crise est le moteur du capitalisme, la croissance est son carburant.
Point n’est besoin d’être prix Nobel d’économie pour comprendre ce qui se joue devant nos yeux : pour garantir les créations de richesses virtuelles que sont les crédits, les Etats, en bons larbins qu’ils sont, vont faire la seule et unique chose qu’ils sachent faire : livrer pieds et poings liés au système capitaliste une force de travail toujours moins chère, mais suffisamment à l’aise pour reverser le fruit de son boulot à son employeur par le biais de la consommation. Le tour de force est admirable : on a trouvé comment faire payer par la victime le préjudice qu’elle a subi ! L’esclave, ironie du sort, n’est pas assigné à la consommation de ce qu’il produit, alors que le salarié ne reçoit de rémunération de son boulot que si elle retourne à celui qui a feint de la donner après s’être contenté de la voler ! Est-ce là un progrès qui vaille vraiment la peine qu’on se batte pour lui ?
Et pour nous faire payer à leur place, ils s’y entendent, ces cannibales, ils n’ont qu’un mot d’ordre : nous piquer notre blé pour faire leur beurre ! Est-ce un hasard si Châtel et Bertrand ressortent de la boîte à exactions le travail du dimanche ? et si l’UNEDIC prend la décision, avec la complicité bienveillante des organisations syndicales à l’exception d’une, de reporter de deux mois le versement des cotisations patronales ( pas celles des salariés, vous avez dit bizarre ?) bien sûr que non ! C’est dans notre poche qu’ils vont chercher leurs garanties, dans notre engagement à ne pas revendiquer de hausse de salaire, de Sécurité Sociale égalitaire, de retraite digne, dans notre résignation à nous défaire des services publics, bref, notre engagement à serrer les coudes avec les patrons, à oublier la lutte des classes pour tomber tête baissée dans le panneau de l’union sacrée…
Allons-nous laisser sans réaction le système capitaliste se refaire une santé à nos dépens ? Allons-nous accepter de dormir dans nos bagnoles parce que nous ne faisons plus face au paiement d’un loyer, d’une traite de maison ? Allons-nous accepter de ne prendre qu’un repas par jour parce qu’il faut payer pour la hausse des prix, alors que la production agricole est payée moins cher par les industriels de la malbouffe ? Allons-nous accepter de cumuler deux ou trois petits boulots pour arriver à peine au niveau d’un Smic ? Allons-nous accepter de voir ressurgir du passé des maladies comme la tuberculose, simplement parce que le système public de santé est démantelé ? Allons-nous patiemment attendre les prochaines échéances électorales pour constater une fois de plus que ceux qui nous promettent le changement se contentent de changer l’enveloppe d’un cadeau qui reste le même à l’intérieur ?
Les tenants du capitalisme le savent, la situation est explosive, ils n’ont pas le choix, de la même manière qu’ils reçoivent sans vergogne la manne publique, ils vont avoir besoin de pouvoirs autoritaires, de lois d’exception pour contenir la colère qui monte, ils savent qu’ils peuvent sortir de leurs oripeaux démocratiques les dictateurs qui sommeillent en nos chefs d’Etat, ils ne s’en priveront pas…
Face au danger du partage généralisé de la misère sous la coupe de régimes néo-fascistes, la Fédération Anarchiste l’affirme : le capitalisme ne s’effondrera pas seul sous le poids de ses propres contradictions, il va falloir le mettre à bas nous-mêmes ; pour cela, un seul moyen,: bloquer par la grève générale expropriatrice le fonctionnement de l’économie, puis réorganiser sans Etat ni patrons chaque secteur de la vie sociale ; pour y arriver, il faudra impérativement neutraliser les chiens de garde que sont les appareils bureaucratiques des organisations syndicales, qui ne manqueront pas de voler au secours du Medef en présentant comme une victoire d’ampleur le gain d’une broutille comme une prime de transport ou une hausse des salaires de 3%, il faudra neutraliser aussi les partis d’extrême gauche, qui ne manqueront pas de siffler la fin de la récré pour nous imposer par un processus électoral la mise à mort de la révolution sociale…
C’est maintenant que tout se joue ! Mettons à bas le capitalisme ! Exproprions ! Autogérons !
SQUAT " LE PAVILLON NOIR ": PROGRAMME DE SEPTEMBRE.
VENDREDI 19 SEPTEMBRE
PROJECTION/DEBAT AUTOUR DE "LA BOMBE".
Docu-Fiction de Peter Watkins – années 60- « la bombe » dresse un tableau terrifiant des conséquences qu’aurait une guerre nucléaire.
Le vendredi 19 septembre à 20h30 au Pavillon Noir
10 boulevard Poincaré à CAEN Arrêt de tram Aviation
SAMEDI 20 SEPTEMBRE
14h atelier confection artisanale de savon
VENDREDI 26 SEPTEMBRE
20h
PROJECTION DEBAT AUTOUR DE "LA DIALECTIQUE PEUT ELLE CASSER DES BRIQUES?" Ou quand le kung-fu s'attaque aux bureaucrates.
Le film de Vienet est un détournement de film de kung fu critiquant les bureaucrates marxistes de tous poils. Du coup discussions autour des situs et du détournement.
Le Pavillon Noir 10 boulevard Poincaré à CAEN Arrêt de tram Aviation
Gaï Davidi, documentaliste israélien, objecteur de conscience et militant du groupe « les Anarchistes contre le Mur », sera en tournée dans 11 villes françaises du 15 septembre au 1er octobre. Cette tournée se tient à l’initiative conjointe de l’UJFP (Union Juive Française pour la Paix) et l’OCL (Organisation Communiste Libertaire).
Fondé en 2003, les Anarchistes contre le Mur est un groupe très actif en Israël, avec une présence forte aux points chauds le long du Mur de séparation en Cisjordanie occupée. Au cours des années, plusieurs villages affectés par le Mur se sont révoltés et se sont structurés en comités locaux de résistance. Ce soulèvement populaire palestinien, impulsé et soutenu par les Anarchistes contre le Mur, a porté ses fruits. La construction du Mur a été ralentie dès 2004.
Ce mur ne sert pas à protéger la population civile israélienne, mais sert de rempart à l’acquisition illégale de nouveaux terrains en vue d’élargir et d’agrandir les colonies aux seins des territoires occupés. Il n’est que l’un des éléments d’une machine d’apartheid beaucoup plus complexe et subtile faisant intervenir côte à côte le système judiciaire et militaire. Malgré ce mur, les Anarchistes maintiennent leur présence durant les diverses manifestations organisées par les comités populaires palestiniens locaux, programment de nouvelles actions directes visant à enrayer ce mécanisme. En effet, le mur est une machine qui nécessite une surveillance ainsi qu’un entretien permanent. À grande échelle et long terme, les coûts excessifs de réparation d’entretien et de surveillance pourraient rendre inefficace ce projet.
“In Working Progress” (30 mn, 2006. Version en hébreu sous-titrée en français). À l’Ouest de Ramallah, une nouvelle ville est en construction : Modi’in Illit. Les grandes entreprises en bâtiment para gouvernementales profitent de l’occasion, protégées par l’infrastructure de sécurité israélienne pour étendre de manière illégale le chantier destiné à l’arrivée de nouveaux colons. Les ouvriers palestiniens, employés dans des conditions misérables, contribuent, paradoxalement, à la destruction de leur terre et à la construction du mur qui protègera Modi’in Illit.
Pour faire face à leurs nombreux frais (coûts de représentation légale, juridique, transports…) le collectif Anarchistes contre le mur a besoin de soutien. Vous pouvez envoyer un chèque à l’ordre de « la galère » en mentionnant au dos « anarchistes contre le mur ». Adresse : Egrégore, BP 1213, 51058 Reims Cedex.
Reims : lundi 15 septembre Lille : mardi 16 septembre
Caen : mercredi 17 septembre à 20h30 à la Salle de la Grande Delle dans le quartier de la Grande Delle à Hérouville St-Clair.
Cherbourg : jeudi 18 septembre
St-Nazaire : vendredi 19 septembre Nantes : samedi 20 septembre Bordeaux : lundi 22 septembre Marseille : mardi 23 septembre Lyon : mercredi 24 septembre à 20 heures à la Maison des Passages, 44 rue Saint-Georges, 69005 Lyon. Grenoble : vendredi 26 septembre à 19 heures à la Salle Millet, 11 rue Millet, 38000 Grenoble. Paris : mercredi 1er octobre à 19h30 à la Maison des Associations, 1 rue Frédérick-Lemaître, 75020 Paris.
Edito du Monde libertaire # 1523 du 4 au 10 septembre 2008
On peut pas dire que ces semaines d’été passées aient été particulièrement ensoleillées, en tout cas pour nos coeurs libertaires : ce fut comme d’hab’ la prévisible averse de chasse aux sorcières – pardon – aux émigrés, d’augmentations tous azimuts, gaz, électricité, transports et une dégelée de décisions impopulaires par nature comme la privatisation de La Poste pour 2011 ou l’insupportable projet Edvige de fichage généralisé… Moindre service et plus-coûtant, remaniements de personnel, suppressions de postes, gel des salaires, foutage de gueule quant au pouvoir d’achat ! Ce furent comme d’hab’ les tartarinades du Bienfaiteur déhanché qui, pour plaire à son gourou «US» et poser – à ses pieds – en sauveur de la Civilisation, envoie la glorieuse armée française (ses godasses de cinq kilos et ses beaux treillis kaki bien visibles dans le désert) se faire ratatiner au bourbier afghan. Ce fut comme prévu la poursuite fastidieuse du Barnum électoral américain dont on n’a rien à cirer, noir démocrate ou blanc républicain, même libéralisme, mêmes guerres, même foi ridicule et meurtrière en la divine Croissance. Ce fut la poursuite encore plus fastidieuse du fastidieux feuilleton de l’université d’été du gentil PS, ses jeunes loups, ses vieux loups, ses promesses, son impuissance, son inutilité. Ce fut un jeu de massacre des populations du Caucase. Ce fut tout récemment l’annonce flamboyante du RSA financé par 1 % des éconocroques des bobos et des employés. Mais pas des vrais richards frileusement abrités sous le bouclier fiscal ou audacieusement planqués aux îles Caïman. Pour nous faire avaler ce sinistre brouet ambiant et son nauséeux condiment néolibéral, il nous en a fallu, cet été, avaler des titatas et sniffer des poudres aux yeux! Ainsi pas plus tard qu’il y a quelques jours, sur Radio-Paris (ou Radio-Banane ou Radio-Goulag), la présentatrice aux actualités, avec un inimitable ton de fausse big-sister et de vraie lèche-train, n’a pas eu scrupule à chevroter la perle que je vous livre : « Puisque les actualités, c’est aussi du sourire et du bonheur… » et à réentonner sans rougir le couplet éculé de l’équipe de hand-ball et des merdailles olympiques dont on nous gave depuis des lunes. Au milieu de tout ce glauque, enfin, Besancenot fut, et son Parti anticapitaliste. Mains tendues aux déçus des PS et PC, aux trotskards bien sûr et même aux libertaires… Y’a pas que du pipeau dans tout cela, précise dans nos pages Philippe Pelletier ; mais nous n’oublions pas Kronstadt, les méthodes de Lénine et de Trotski. Faire la révolution, certes, mais sans délégation, sans confiance dans aucun meneur, bref en ne laissant personne gérer nos affaires à notre place
Sommaire du du Monde libertaire # 1523 du 4 au 10 septembre 2008
Chômeur forcémment feignants, par Patrick, page 3 À votre santé, par Moriel, page5 Brèves de combat, page 6 Chair à canon, par J.-P. Cottel, page 7 Rroms = parias, par B. Bilderberg, page 8 Un nouveau parti ? par P. Pelletier, page 9 Olivier reclus, par D’jo, page 10 Archéologie, par N. Potkine, page 12 Anticléricalisme et contrepets, par O. Tarda, page 11 Quand les paras chutent, par S. Chemin, page 14 Georgia in my mind, par C. Danis, page 15 Un ami perdu, par A. Bernard, page16 Lettre antimilitariste d’un ami, par J.-P. Bertrand, page 17 Colloque à Carrare, par Hugues, page 18 Art et colonialisme, par G. Bounoure, page 19 Haro sur la psy, par J. Lesage De La Haye, page 20 La vie du mouvement, page 21 La radio qui tue, page 22 L’agenda des bons, page 23
Solidarité financière avec les anarchistes contre le mur
jeudi 31 juillet 2008
Chers ami-es
Au vu des frais judiciaires grandissants de la lutte contre l’occupation menée conjointement par les Israéliens et les Palestiniens et au vu des poursuites judiciaire toujours plus importantes contre les militant-e-s palestiniens, nous nous voyons dans l’obligation d’envoyer cet appel urgent à nous soutenir financièrement. Nous demandons votre soutien pour que le groupe israélien des Anarchistes contre le mur (AATW) puisse continuer son travail et, ce qui est encore plus important, pour que nos fonds puissent aussi couvrir les frais judiciaires de nos 4 camarades palestiniens arrêtés lors de manifestations.
Depuis 2003, le groupe a soutenu la lutte palestinienne contre l’occupation israélienne et tout spécialement contre le mur de séparation israélien. Semaine après semaine, AATW a rejoint la résistance populaire palestinienne contre le mur, à divers points de la bande de Gaza : dans les villages de al-Ma’asara au sud de Bethléhem, de Beit Ummar au nord d’Hébron, à Bil’in et plus récemment tous les jours au village de Ni’ilin à l’ouest de Ramallah. Là, l’armée utilise des mesures extrêmes pour réprimer les manifestations, comme tirer à balles réelles ou mettre en place des sièges ou des couvre-feux.
Des centaines, voire des milliers de militants et militantes ont été arrêté-es et des dizaines ont été condamné-es pour avoir participé à cette lutte. Heureusement, notre groupe est défendu par une avocate dévoué, maître Gaby Lasky. Maître Lasky a travaillé sans relâche pour défendre les militants et militantes arrêté-es lors de manifestations ou d’actions directes dans la bande de Gaza ou en Israel. Bien que la défense judiciaire dont elle fait profiter AATW soit presque un travail à temps complet, elle accepte d’être payée de manière plutôt symbolique. Toutefois, malgré notre campagne de l’an dernier qui nous permis de récolter des fonds, AATW doit toujours 15 000 dollars à Maître Lasky.
Récemment, nous avons observé une augmentation des poursuites judiciaires contre nos camarades palestiniens. Par solidarité, nous cherchons des soutiens financiers pour renforcer les fonds d’AATW dédiés aux procédures légales mais aussi pour couvrir les frais judiciaires de défense des Palestinien-nes arrêtés. Tout cela vient s’ajouter à notre dette existante et à nos frais de communication, de transport et de logistique.
Nous vous encourageons à contribuer financièrement de façon à ce que puissions continuer à lutter.
Anarchistes contre le mur
Infos complémentaires sur le site des Anarchistes contre le mur : http://www.awalls.org/
Défendons la liberté de conscience contre tous les obscurantismes. Désormais, le programme de la venue de Benoît XVI est connu dans ses moindres détails, et le moins qu’on puisse dire, c’est que sa visite ne peut être qualifiée de pastorale. A preuve, sa rencontre avec Sarkozy et les plus hautes autorités de l’État, ainsi que celle qu’il tiendra avec le milieu de la culture. Nul doute que les intellectuels à gages se presseront au rendez-vous, quant à la teneur des discussions entre le Président de la République et celui qui amalgame allègrement son statut de chef d’État et de chef spirituel des catholiques, on peut en avoir une idée assez précise si on se réfère à ce que déclarait le 29 mai 2008 le pontifiant pontife.
Le pape Benoît XVI a fait feu de tout bois en estimant que l'Italie avait un "besoin urgent" d'une politique en faveur de la famille et que l'État devait apporter son soutien financier aux écoles d'enseignement catholique. "Dans un État démocratique, déclare-t-il, qui s'enorgueillit de promouvoir les libres initiatives dans tous les secteurs, on ne peut justifier l'exclusion d'un soutien approprié à l'engagement des institutions ecclésiastiques dans le domaine scolaire", le locataire de l’Elysée ne pourra demeurer insensible à une demande similaire… En matière d’avortement, la ligne catholique n’a pas varié, et la France devrait recevoir un message clair en ce sens. Mais Benoît XVI a aussi des compétences en matière économique : évoquant la panne de croissance de l'Italie, il a estimé que le pays "devait sortir d'une période difficile, durant laquelle son dynamisme économique et social a semblé s'affaiblir » ce qui constitue un blanc-seing à la politique ultralibérale que Berlusconi s’apprête à envoyer comme autant de bombes à fragmentation sur les travailleurs italiens ; il félicitera immanquablement le « Cavaliere » français pour le travail déjà mené dans ce domaine.
Sur la question des immigrés, le pape a souligné que quiconque leur apportait son aide devait le faire "dans le respect de la loi faite pour assurer le bon déroulement de la vie sociale", Brice Hortefeux peut dormir sur ses deux oreilles, il ne sera pas déjugé non plus…
Ce n’est donc pas uniquement pour visiter la communauté religieuse dont il a la charge spirituelle que le successeur du déjà très réactionnaire Jean-Paul II vient en France, c’est pour affirmer sa revendication de pouvoir peser toujours plus sur le déroulement de nos vies individuelles ! c’est pour conforter son emprise sur la vie sociale ! c’est pour nous inculquer la soumission à Dieu, à l’État et aux patrons !
Ne le laissons pas faire ! Le 13 septembre, alors qu’il doit célébrer une messe sur le parvis des Invalides, manifestons pour signifier au pape qu’il n’est pas le bienvenu !
- Ni pour les laïques, qui pensent à juste titre que la croyance est du domaine de l’intime et doit rester dans la sphère privée !
- Ni pour les anti-cléricaux, qui pensent à juste titre que les clergés jouent un rôle de contrôle social aux côtés de l’État et du capital !
- Ni pour les athées, qui pensent à juste titre que l’émancipation intégrale du genre humain ne peut se faire tant que restent vivantes les superstitions et la croyance en une transcendance !
- Ni pour les militants et militantes de la cause des femmes, des gays, lesbiennes, bis et transgenres qui vivent au quotidien l’intolérance religieuse !
Ni Dieu, ni maître, ni Etat, ni patron !
Souhaitons la malvenue au pape
Manifestation samedi 13 septembre à l'initiative de la Fédération anarchiste
L'enjeu des dernières années était de rallumer la flamme de la révolte,
de créer des situations de lutte. Mais aujourd'hui, nous savons qu'il y
aura des mouvements. On voit déjà réapparaître plus fréquemment des
pratiques radicales (émeutes, séquestrations de patrons, sabotage...).
Du fait que nous sommes tous de plus en plus mis à la marge de
l'existence, le conflit et les troubles insurrectionnels auront de
toute façon lieu -de plus en plus radicaux, de plus en plus souvent?.
Ainsi, l'enjeu n'est plus de faire vivre la question
révolutionnaire, mais d'expérimenter de nouvelles pratiques de lutte.
Les questions de la durabilité et de la non-récupération vont être les
enjeux à venir. Comment créer des espaces-temps libérés durables,
décoloniser nos vies du système durablement, tout cela sans être
récupéré, inscrit dans le système ? Sommes-nous condamnés à rester dans
l'éphémère, à constituer des lieux libérés voués à disparaître
rapidement, à ouvrir des brèches dans le mur de l'Empire puis fuir à
toute zingue ?
La question de la visibilité sera également prépondérante. Comment
s'exiler volontairement du système tout en y restant quelque peu
"connecté" pour le combattre ? Tout révolutionnaire, et cela a toujours
été le cas, devra développer l'art de la discrétion, une certaine
aptitude à l'invisibilité, tout en envahissant l'espace public. Mais
attention, cette discrétion nécessaire, tant pour échapper à la
répression qu'à la récupération par cette méga-machine dévoratrice
toujours à la recherche de nouveaux ajustements qu'est le capitalisme,
n'est pas la clandestinité : celle-ci n'est qu'une cage de plus dans
laquelle nous refusons de nous enfermer (aujourd'hui).
Donc l'enjeu d'aujourd'hui, c'est comment s'organiser. D'imaginer
et de créer. Cependant, ce ne sera pas à la théorie de répondre, mais à
l'expérimentation, à la multiplication de moments propices à celle-ci.
C'est ce qui est déjà en train de se passer...
SOMMAIRE
Courrier d'électeurs
Communiqué de la LCR
Brèves Générales Du monde civilisé
Quand le pavillon noir se déploie
C'est un peu de flibuste à l'horizon
Le mouvement squat
Retour sur avril 2008
La vélorution
Contre la véolrution
Derrière les fumigènes
La répression et le contrôle social
La "gratification"
Des travailleurs sociaux
DOSSIER sur les EPM
La logique d'enfermement comme réponse aux mineurs délinquants
Mai 68 dans la presse libertaire
Chroniques
Interview
Crimethinc
Ailleurs
Solidarité avec les anars vénézuéliens
on peut aussi en commander (prix libre) à
APACHE
35 bd Poincaré
14000 CAEN
ou mieux, passer l'acheter, au squat : "le Pavillon Noir", 10 Bd poincaré 14000 Caen par exemple!!!
Pour télécharger le n°2 de l'Encre Noire, cliquez sur l'image.
le site: http://www.anartoka.com/encre_noire/portal.php
Le 12 mai 2008, dans le centre de Omsk (sud-ouest de la Sibérie), des néonazis ont attaqué un groupe d’antifascistes. L’un d’entre eux est resté sur le carreau au terme de l’attaque. Il a reçu une brique sur la tête, et après cela, alors qu’il gisait sans connaissance, les fachos ont commencé à l’attaquer à coups de pieds. Maintenant, il est à l’hôpital, dans un état critique ; il est dans le coma, et il ne peut pas respirer sans l’aide d’un appareil (assistance respiratoire). Les médecins ont dit que si son état ne s’améliorait pas, il serait débranché de l’appareil. La seule solution serait qu’il soit transféré dans un hôpital payant, mais pour cela, nous avons besoin d’une aide matérielle, car les médicaments et l’appareil coûtent 1000 roubles par jour (soit 27 euros par jour).
D’après ses proches, son état se détériore de jour en jour. Pour envoyer de l’argent en Russie, le mieux est de passer par webmoney : Z284571113963, R397402125176
ou alors Western Union, mais alors, il faut contacter (en anglais) l’Anarchist Black Cross de Moscou
La Fédération anarchiste, regroupée lors de son 65e congrès à Le Villart (Creuse), adopte la motion suivante :
Nous constatons aujourd’hui la résurgence du religieux, compagnon et
outil du capitalisme/néo-libéralisme, dans la vie sociale, politique et
économique. Le développement du prosélytisme religieux, se manifestant
en particulier dans le repli communautaire de fractions de plus en plus
importantes de la population, donne un regain de vigueur à
l’obscurantisme. L’érection d’une statue représentant l’ancien pape à
Ploërmel, le retour prononcé du créationnisme comme matière
universitaire, le développement des églises évangélistes, etc. sont des
symptômes parmi tant d’autres de ce renforcement et de l’invasion du
religieux dans la sphère publique. Au niveau international, les
oppositions religieuses engendrent de plus en plus de conflits, jetant
quotidiennement des centaines d’individus dans des guerres de
fanatisme. Les attaques contre la liberté des femmes à disposer de leur
corps et les actes homophobes se font plus virulents. La réaction des
Etats est une complicité active. Le récent discours du président
français, au Latran, a réaffirmé la supériorité du curé sur
l’instituteur ; l’Union européenne continue de se construire sous les
auspices de la chrétienté et des autres religions, et, en plus du
développement des institutions privées confessionnelles, les intrusions
des références religieuses dans les écoles et l’éducation se font de
plus en plus fréquentes ; des maires PCF posent les premières des
mosquées...
Cette offensive de la religion, assurant son rôle traditionnel de
contrôle social de la soumission, rencontre une opposition qui n’est
pas à la hauteur du danger. Cette quasi-indifférence permettra, si rien
n’est fait, aux religions et aux sectes de tous poils d’imprégner
pernicieusement les esprits et de retrouver une influence que nous
pensions disparue.
Il nous semble impératif de réagir de façon énergique. La venue en
France du pape, dans ce contexte, constitue une occasion pour nous
d’affirmer notre volonté de s’émanciper et de s’épanouir hors du joug
aliénant et oppressant des religions.
A bas l’obscurantisme ! A bas toutes les religions ! Vive l’anarchie !
Fédération anarchiste
Motion sur la décroissance
10 au 12 mai 2008 au Villard (Creuse)
mercredi 14 mai 2008
En 2008, le constat d’une crise environnementale globale
(épuisement des ressources, effet de serre, déforestation, dégradation
de la biodiversité...) est désormais largement partagé.
Partout, la réponse des tenants du système capitaliste consiste à
désamorcer la contestation en organisant le consensus autour de fausses
solutions. En France, cette stratégie s’est traduite par l’organisation
d’un Grenelle de l’Environnement. Les solutions proposées visent avant
tout à offrir de nouveaux débouchés au complexe industriel. La fuite en
avant technologique aboutit à des aberrations, comme les
agrocarburants, dont le développement entre directement en concurrence
avec la production alimentaire et accélère la déforestation.
Face aux ravages causés par le développement durable... du système
capitaliste, les populations en sont réduites en France à contester la
baisse de leur pouvoir d’achat tandis que dans plusieurs pays éclatent
des émeutes de la faim.
Le système connaît aujourd’hui un basculement. Si aucun
gouvernement ne le reconnaît encore, ce sont bien les limites physiques
de la planète qui sont largement dépassées : nous savons que,
désormais, le coût du pétrole ne baissera plus.
Le discours dominant s’enferre dans une attitude schizophrène :
poursuivre la logique productiviste en accélérant la croissance
(rapport Attali) tout en culpabilisant les individus par rapport à leur
consommation (discours de Nicolas Hulot). Le démantèlement des services
publics participe en ce sens à la disparition de toute gestion
collective en limitant ses prestations aux seuls individus solvables.
Insister sur les solutions technologiques et entretenir l’illusion
d’une croissance propre permet à la classe dirigeante d’éviter le
niveau politique, notamment les questions explosives de la répartition
et de la redéfinition des richesses. En effet, le capitalisme, qui tire
profit du gaspillage des ressources, est condamné à la croissance.
Sur une planète peuplée de neuf milliards d’individus en 2050, il
n’y aura pas d’avenir durable, sans un ralentissement du cycle
production-consommation. La seule perspective est une forte réduction
de la sphère marchande et donc une diminution du temps de travail
(travailler moins pour vivre mieux), bénéfique tant pour l’individu que
pour la société : développement du relationnel, usage optimal, social
et économe des biens et des services produits.
La relocalisation de l’activité économique doit permettre de
renforcer l’autonomie des individus. Toutefois, il faut se garder de
toute tentation autarcique de repli sur soi : aucun îlot écologiste ne
pouvant survivre dans un océan capitaliste, l’objectif reste
l’élimination du système capitaliste.
Contrairement au projet réformiste de décroissance soutenable, nous
réaffirmons qu’il est parfaitement illusoire de s’en remettre à l’Etat,
alors que celui-ci depuis toujours concentre les moyens et oriente la
production au service des multinationales (subventions,
infrastructures, recherche et développement, crédits de formation,
privatisations, externalisation des coûts, prise en charge des pertes
financières, etc.).
La participation d’écologistes dans les institutions montre que les
étapes vers l’accession au pouvoir sont jalonnées de tous les
renoncements et de toutes les trahisons.
L’autolimitation de l’activité humaine tenant compte des capacités
de la planète ne peut résulter que des individus eux-mêmes,
s’autogérant et se fédérant entre eux : c’est justement le projet de
société libertaire !
La croissance est vitale pour le capitalisme, la décroissance lui est mortelle.
Un certain nombre de pratiques alternatives existent dans la
société actuelle, préfigurant un autre futur. Mais aucune autre société
ne sera possible tant que ne sera pas mis fin à l’exploitation
capitaliste.
Aujourd’hui, les pays riches se satisfont de pseudo-progrès en
matière d’environnement alors qu’ils tirent leur niveau de consommation
insoutenable de l’exploitation des pays du Sud.
Désormais, nous savons que la décroissance est inévitable, et
l’humanité se trouve face à un choix décisif, l’organiser ou la subir :
écologie sociale ou barbarie !
Ne pas rompre définitivement avec la croissance, c’est condamner
les populations à un avenir proche dans lequel les classes dirigeantes
imposeront des restrictions toujours plus sévères au prix d’un contrôle
social toujours plus fort et de populations livrées à toutes les
guerres et à toutes les pénuries.
A l’opposé, la Fédération anarchiste est porteuse d’un projet qui
permet aux individus de gérer la société eux-mêmes : une révolution
sociale, écologique et libertaire !
Fédération anarchiste
Motion politique et sociale : Les arrêter, et prendre l’offensive !
10 au 12 mai 2008 au Villard (Creuse)
mardi 13 mai 2008
Le 65e congrès de la Fédération anarchiste constate que l’analyse
faite lors de son congrès de 2007, dans la motion « Urgence sociale »
se retrouve totalement confirmée par les faits : « Le programme de
casse sociale et de répression mis en place par le capital, déjà bien
initié par les gouvernements précédents, de droite comme de gauche, se
retrouve encore plus en position de force »... « Les plus précaires,
les immigrés avec ou sans papiers, les sans-domicile vont être
particulièrement touchés par la radicalisation de la répression. »
« Les centrales syndicales, loin de construire la mobilisation
sociale se résignent, en échange de leur survie, à négocier la remise
en cause du droit de grève, du Code du travail, du contrat de travail ;
à faire passer pour de nouveaux droits la fléxisécurité qui n’est que
la perte des acquis collectifs de la classe ouvrière »... «
L’application de l’accord majoritaire dans les entreprises s’assortit
de la dérogation à la hiérarchie des normes. »
Il faut d’abord arrêter de toute urgence ce rouleau compresseur.
Sinon, il ne restera rien, avec les franchises médicales, de l’esprit
de la Sécurité Sociale, il ne restera rien des services publics et des
statuts des personnels avec la « Révision générale des politiques
publiques » et les propositions Attali (ancien conseiller de
Miterrand). Il ne restera rien du système des retraites par
répartition. Il ne restera rien de la laïcité, alors même que Sarkozy
déclare que la « question sociale est subsidiaire » mais que celle de
Dieu est fondamentale.
L’issue ne peut relever des élections. L’évidence devrait s’imposer
: la raclée prise par l’UMP aux élections municipales n’a pas changé
d’un iota les orientations pour lesquelles Sarkozy a été missionné par
les marchés. Pas plus qu’en 2004 après la débâcle de la droite aux
régionales ou qu’en 2005 après le non au référendum sur le Traité
constitutionnel européen.
La solution ne viendra pas non plus des combinaisons politiciennes
: qu’attendre du PS alors même que son secrétaire général déclare, au
lendemain des municipales : « Nous ne sommes pas là pour contredire ou
rendre illisible la politique du gouvernement » ? Qu’attendre d’une
énième mouture d’un parti pseudo anticapitaliste, mais qui se situe
déjà clairement dans une logique électoraliste, sinon confusion
politique, opportunisme et perte de temps ?
Comment compter sur les directions des confédérations syndicales
alors même que la bagarre des cheminots (régimes spéciaux) d’octobre
2007 a été sabotée, que l’accord sur la « modernisation du marché du
travail » a été signé par quatre confédérations et que la position
commune sur la représentativité syndicale constitue une étape décisive
pour l’intégration, au détriment de sa combativité, du syndicalisme
dans l’appareil d’Etat.
Face à ce plan politico-syndical bien huilé qui s’organise un peu
partout, et jusque dans les Centres de rétention administrative, il
existe tout de même des grains de sable : les luttes des sans-papiers
(salariés ou non) qui s’organisent partout, les bagarres contre les
plans de licenciements, contre les suppressions de postes dans les
écoles, dans les hôpitaux, pour la hausse des salaires, pour le retour
aux 37,5 annuités...
Dans le monde, le capitalisme, pour maintenir son taux de profit,
doit sans cesse augmenter le taux d’exploitation des ressources
humaines et naturelles. Les récentes émeutes de la faim attestent du
caractère explosif de la situation, même si les résistances sociales
restent globalement aujourd’hui dans le cadre du système.
La croissance économique utilisée comme fuite en avant par le
capitalisme pour masquer les inégalités sociales et la pauvreté a
accéléré l’épuisement des ressources et fait atteindre les limites
physiques de la planète. Renforcée par la spéculation, c’est bien
l’augmentation du prix du pétrole devenu rare - et donc aussi de
l’ensemble des produits manufacturés - qui rogne sérieusement le
pouvoir d’achat au Nord et déclenche des famines au Sud.
Face à ces attaques concertées du patronat et de l’Etat, qui ne
visent qu’à enrichir les actionnaires au détriment des travailleurs, il
faut une réponse commune des exploités. Il reste donc à fédérer ces
mouvements sociaux épars dans un mouvement d’ensemble qui s’appelle la
grève générale autogestionnaire.
Le 65e congrès de la Fédération anarchiste appelle à la tenue dans
les ateliers, les services, les bureaux, d’assemblées générales
décisionnaires avec des mandatés révocables, pour préparer la lutte,
d’une part contre chacune des mesures régressives prises par leur
patron ou le gouvernement, et d’autre part plus globalement contre la
politique d’appauvrissement généralisé des populations. Face à l’Etat
et au patronat, les travailleurs du secteur public et du privé doivent
pouvoir conduire et contrôler leurs propres luttes sans se préoccuper
de ceux qui n’aspirent qu’à les diriger.
Le congrès appelle les jeunes, les chômeurs, les retraités à se
joindre aux luttes interprofessionnelles, professionnelles et
spécifiques.
Alors, de ces résistances et de ces pratiques pourra naître la
perspective d’une grève expropriatrice et gestionnaire : gérons
nous-mêmes nos entreprises puisque c’est nous qui y créons les
richesses, gérons nous-mêmes la sécurité sociale, les écoles, les
hôpitaux et les caisses de retraites, solidairement, avec de vrais
moyens gérés collectivement, puisque nous sommes les premiers
concernés, gérons nous-mêmes nos quartiers, nos villes, nos zones
rurales puisque c’est nous qui y vivons.
C’est la seule issue à l’impasse suicidaire du capitalisme.
Fédération anarchiste
Motion de campagne contre les centres de rétention
65e Congrès de la Fédération anarchiste - 10, 11 et 12 mai 2008 Le Villard (Creuse)
mardi 13 mai 2008
Motion de campagne contre les centres de rétention
Les politiques migratoires continuent de se durcir, en France comme
dans la plupart des autres pays riches (et de manière coordonnée pour
l’Union européenne) : le nouveau gouvernement met en place un ministère
de l’Immigration et de l’Identité nationale, promulgue de nouvelles
lois rendant encore plus difficiles le regroupement familial et la
régularisation des sans-papiers, crée des brigades entièrement dédiées
à la chasse aux sans-papiers, annonce des objectifs chiffrés en termes
d’expulsion... L’Etat réduit ainsi les personnes à des chiffres, à la
manière d’un stock de marchandise. Interviennent d’ailleurs aussi des
enjeux économiques : côté pile, « immigration choisie »... par les (et
au profit des) patrons ; côté face, l’Etat place les travailleurs sans
papiers dans une situation de fragilité administrative qui les met à la
merci des exploiteurs. Cette politique a des accents xénophobes et
racistes, flagrants lors des contrôles au faciès.
Suite à ces contrôles - et rafles - les migrants sans papiers,
majeurs comme mineurs, sont souvent placés en rétention. Les centres de
rétention sont des lieux d’enfermement administratif réservés aux
sans-papiers. En 2007, plus de 35 000 personnes ont été enfermées dans
les centres de rétention français, ceux des DOM-TOM étant
particulièrement abjects. Dans ces centres, pour la plupart saturés,
les détenus peuvent être fortement réprimés, leurs droits sont bafoués.
La nourriture parfois périmée, les conditions d’hygiène parfois
douteuses, notamment à Nanterre et à Marseille, la chaleur étouffante
en été, le froid glacial en hiver, l’absence d’espaces de promenades,
aucun cadre médical ni psychologique et l’inexistence de recours de
manière générale engendrent chez certains retenus un désespoir les
poussant à l’automutilation, à la grève de la faim et parfois même au
suicide. Suite à la vague de révoltes de début 2008, les mesures de
répression ont été durcies : humiliations quotidiennes, fouilles
permanentes, tabassage et gazage. A l’échelle européenne, le prétexte
de l’harmonisation est avancé dans le but de porter la durée légale de
rétention à 18 mois. Il existe également le problème des zones
d’attente internationales dans les aéroports, où les retenus sont
soumis aux seules lois de la police de l’air et des frontières. En cas
d’expulsion, quasi systématique, elle se fait vers le dernier pays de
transit, parfois inconnu du migrant.
En tant qu’anarchistes, nous sommes opposés à toute forme
d’enfermement (prisons, hôpitaux psychiatriques, centres de
rétention...). Priver un être de liberté est un acte barbare,
avilissant et constitue une torture physique et psychologique.
L’enfermement à long terme conduit à une mort lente, et même à court
terme les dégâts sont considérables, voire irréversibles. Il prive
l’individu et ses proches de droits fondamentaux comme le droit à une
vie sociale et familiale, le droit à l’intimité, le droit à la
sexualité. Il s’accompagne, en plus, généralement de brimades, coups et
humiliations. L’enfermement est à ce point insupportable qu’il pousse
nombre de détenus à attenter à leur vie, la mort représentant une
échappatoire à une vie inhumaine. C’est une des pires formes
d’oppression.
Ni patries ni frontières ! Liberté de circulation et d’installation
pour tous ! Stop au pillage des pays pauvres ! Arrêt des rafles ! Arrêt
des expulsions ! Fermeture des centres de rétention ! A bas les
prisons, toutes les prisons !
Espace d’animations des Blancs Manteaux 48, rue Vieille-du-Temple 75004 - Paris Métro lignes 1 ou 11 : station Hôtel de Ville Entrée à prix libre
Organisation : Librairie Publico et Radio libertaire Contact : salon-livre-libertaire@wanadoo.fr Téléphone : 01 48 05 34 08 Adresse postale : Salon du livre libertaire 145, rue Amelot 75011 - Paris
Pas plus qu’à la suite des scrutins de 2004 et du référendum du 29 mai
2005, cet après-municipales 2008 ne verra d’inflexion de la politique
gouvernementale en faveur des intérêts de la classe ouvrière, loin s’en
faut. Aux naïfs qui pensaient avoir délivré un message clair, qui
espéraient voir Sarko et Parisot, défaits, faire profil bas, la réalité
des faits vient infliger un cinglant démenti.
Il faut d’abord régler son sort à
l’incroyable entreprise de désinformation à laquelle se sont livrés
sans état d’âme les grands médias qui animent les messes électorales et
télévisuelles du dimanche soir. A vingt heures, ô joie, la France avait
retrouvé le chemin du civisme, la participation était en
hausse...L’abstention était en réalité 7% au-dessus des chiffres
claironnés par les instituts de bourrage de crâne complices des
bourreurs d’urnes ! Pas étonnant dans ces conditions que la ministre de
la police n’ait pas donné les résultats à la télévision dimanche soir,
comme la plupart de ses prédécesseurs, mais ait dû se fendre d’un
communiqué rendu public à 23h13, en catimini !
Et puisque les faits ont la vie dure,
il faut les établir. Les dimanches 9 et 16 mars n’ont eu dans les urnes
que des vaincus. Le PS, qui voit son candidat de Paris élu alors que le
taux de participation est de 56,25%, celui de Metz se qualifier pour le
fauteuil rembourré avec une abstention de 47,64 % , emporte une
victoire à la Pyrrhus sur les ruines du champ de bataille sociale.
L’UMP, avec la mauvaise foi qui lui est coutumière, interprète le refus
de voter comme un encouragement à accélérer la casse entreprise par les
gouvernements successifs, droite et gauche confondues. Car la confusion
a été savamment entretenue lors d’une campagne où l’on a pu voir des
socialistes soutenir la droite et réciproquement, tant compte une seule
chose : le confort des lieux de pouvoir. La LCR, dopée à
l’électoralisme qui lui fait oublier la lutte, gaspillera son énergie
militante à la création d’ un nouveau parti fourre-tout, puis repartira
en campagne pour les régionales, les européennes, jusqu’à ce que mort
s’ensuive...Vaincue dans les urnes, la classe politique, que 60% des
français estime corrompue, va tout faire, soyons-en sûrs, pour ne pas
l’être dans la rue. Ce qui la rassure encore, c’est l’inorganisation
des 42 millions de personnes qui, pour une raison ou pour une autre ne
votent pas dans ce pays...
C’est cette inorganisation qui fait que
le patronat continue à licencier, à piocher là où bon lui semble sur la
planète les mains d’œuvre les plus dociles, les moins gourmandes, c’est
pourquoi les OGM envahissent nos assiettes et contaminent les espaces
naturels, c’est pourquoi Total est une nouvelle fois responsable d’une
pollution aux hydrocarbures, c’est pourquoi les sans-logement et les
mal-logés sont de plus en plus nombreux, c’est pourquoi le coût de la
vie enchérit de jour en jour, c’est pourquoi les religieux de tout poil
s’arrogent à nouveau le droit de diriger les consciences, de faire
perdurer les inégalités entre hommes et femmes. La Fédération
Anarchiste sera présente sur tous les fronts, sera de toutes les
luttes, elle affirme que, désormais, il n’est plus d’autre moyen que de
recourir à la grève générale pour se débarrasser des parasites qui
viennent de faire appel au vote pour légitimer leurs rapines.