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Blog du groupe de Caen de la fédération anarchiste.
FA Caen.
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Le Monde Libertaire HS n° 34 du 1er mai au 11 juin 2008 « La forme même des pyramides d'Égypte montre que les ouvriers avaient tendance à en faire de moins en moins. » Miss P.
Sommaire
Soixante-huit au jour le jour, page4
Du 22-Mars à aujourd'hui, J.-P. Duteuil bon pied bon oeil, page 5
Flicaille : la chiasse reste ouverte, par M. Rajsfus, page 7
Les lycéens ne calent pas, par M. Tomsin, page 9
Un étudiant de notre temps, par Raffael, page 12
Gauchistes, gauchos, totos, par M. Mouse, page 13
Occupons notre temps, libérons les usines, par É. Noir, page 15
Les femmes s'en mêlent, par LN, page 17
Touche pas la coco, par F. Olivet, page 20
Les Hollandais volants, par Y. Fremion, page 23
Incendies dans le monde, par J. Montjot, page 26
Populaire Amérique, par A. Ivol, page 27
Pour le plaisir, par R. Schérer, page 29
Les footeux se révoltent, par Zine et Dine, page 32
Projection-débat Vendredi 2 mai à 20H30 "Le clitoris, ce cher inconnu"
Cette soirée sera ouverte par une introduction sur les inégalités sociales. Ensuite sera projeté le documentaire "Le clitoris, ce cher inconnu", puis s'ensuivra une analyse sur l'éducation sexuelle en France. Enfin, un débat suivra, tentant de déconstruire les catégories sexuelles dominantes. Cette soirée est organisée par le collectif féministe "La toison rouge" et soutenue par la revue "La vulve". AU SQUAT LE PAVILLON NOIR (CAEN) 10 boulevard Poincaré (Arrêt de tram aviation)

Programme du 1er Mai au Pavillon Noir
Le 1er mai 1886, 200000 travailleurs américains obtiennent la journée
de 8 heures. Mais nombreux sont ceux et celles qui continuent de subir
des journées de travail plus longues. Une grève générale est lancée. Le
3 mai, lors d’une manifestation ouvrière à Chicago, 3 manifestants
meurent. Le soir même à la fin d’une manifestation, 200 manifestants se
retrouvent opposés à la police. Une bombe éclate devant les forces de
l’ordre.
5 syndicalistes anarchistes sont condamnés à mort sans preuves.
L'un d'entre eux se suicide, les quatre autres sont pendus. En 1889, la
seconde internationale décide de faire du 1er mai, une journée de
revendication pour la journée de huit heures. En 1891, à Fourmies les
forces de l’ordre tirent. C’est en souvenir de toutes ces
manifestations ouvrières que nous continuons aujourd’hui de manifester.
C’est en souvenir de toutes ces manifestations ouvrières que nous
continuons aujourd’hui de manifester. C’est pour soutenir les luttes
sociales contre l’exploitation capitaliste, les émeutiers, les révoltés
du monde entier que nous nous organisons une journée autour du premier
mai. C’est aussi l’occasion de faire découvrir notre squat, ses
activités, nos formes de résistance, de lutte et d’entraide.
PROGRAMME DU 1er MAI
12h : pique nique collectif (amènes de quoi partager à manger, une buvette prix libre sera installée)
14h30 : Débat : Squat, mal logement, comment résister à la spéculation immobilière?
Fin d’après-midi : Graf et slam avec le Milieu.
Squat le Pavillon noir -10 boulevard Poincaré (Arrêt de tram aviation)
http://caen.squat.net - 06 31 02 41 18 - la_mauvaise_herbe@no-log.org

PROJECTION/DÉBAT
« CECI EST UNE SIMULATION »
Les simulations d’accident nucléaire passent relativement inaperçues,
même si autour des centres nucléaires, elles participent à rassurer les
populations.
Au-delà de leur caractère dérisoire et inopérant et de la
propagande qu’elles génèrent, elles ont le don de nous habituer à vivre
au milieu du risque nucléaire.
Dès lors le monde nucléaire devient inéluctable, une sorte de seconde nature.
Ce film de compagnon-ne-s antinucléaires radicaux suit une de ces
journées simulées. A travers un débat présenté par des ami-e-s du CRAN
(Collectif Radicalement Anti-Nucléaire), nous rediscuterons de ces
simulations, du risque nucléaire et de sa gestion autoritaire, à
quelques dérisoires centaines de kilomètres de La Hague et de
Flamanville, à proximité d’une ligne ferroviaire où circulent des
transports nucléaires. Ce sera également l’occasion de faire le point
sur les luttes antinucléaires.
MARDI 29 AVRIL—20H30
AU SQUAT LE PAVILLON NOIR (CAEN)
10 boulevard Poincaré (Arrêt de tram aviation)
http://www.anartoka.com/squat — 06 31 02 41 18
La_mauvaise_herbe(a)no-log.org
Projection organisée par le CRAN:
CRAN(a)no-log.org — http://www.anartoka.com/cran
Le Monde Libertaire n° 1512 du 10 au 16 avril 2008 où l'acheter? www.trouverlapresse.fr « Le Capital mourrait si, tous les matins, on ne graissait les rouages de ses machines avec de l'huile d'homme. » Jules Vallès Sommaire Sur le front des luttes par H. Lenoir, page 5 Les combats en brèves, page 6 Le billet du Peinard et une Autruche, une ! page 7 Le double mauvais sort fait aux Comoriens sans papiers, page 8 Interview de B.-P. Chevalier gréviste des soins contre les franchises médicales, page 9 Le fiasco de l'apprentissage du vivre ensemble à l'école, par B. Defrance, page 12 General Motors spécule, les métallos européens trinquent, page 15 Répression d'anarchistes en Pologne, page 17 Tous propriétaires! de Jean-Luc Debry, présenté par J.-M. Raynaud, page 18 C. Kottelane nous fait l'article du dernier ouvrage de Jean L'Anselme, page 19 Kijû Yoshida, cinéaste politique évoqué par H. Hurst, page 20 Courte narration de l'action NATO Game over, page 21 Bientôt le 1er mai et son Monde libertaire spécial Mai 68, page 21 Anars fédérés dans le Cantal et le Val-de-Marne, Radio libertaire, page 22 Agenda, page 23
n°1, avril 2008, en téléchargement ici:
http://www.anartoka.com/encre_noire/portal.php
au sommaire:
actualités locales:
retour sur La Mauvaise Herbe
Le Pavillon Noir
La Vélorution à Caen
actualités "nationales":
Haro sur les totos
Centres de rétention: le retour des camps
Dossiers:
retour sur le mouvement anti-LRU à Caen
Le Mouvement Anarchiste en 68
zic':
itw de Strong as Ten, hardcore anar de Metz
chronique: Nyark nyark
antisexisme:
Pink gang, des femmes indiennes qui résistent
chronique: OLS n°16
informatique:
internet et militantisme
et pleins de brèves...
on peut aussi en commander (prix libre) à
APACHE
35 bd Poincaré14000 CAEN
 Samedi 31 mai et dimanche 1er juin 2008 Espace d’animations des Blancs Manteaux 48, rue Vieille-du-Temple 75004 - Paris Métro lignes 1 ou 11 : station Hôtel de Ville Entrée à prix libre Organisation : Librairie Publico et Radio libertaire Contact : salon-livre-libertaire@wanadoo.frTéléphone : 01 48 05 34 08 Adresse postale : Salon du livre libertaire 145, rue Amelot 75011 - Paris site : http://salonlivrelibertaire.radio-libertaire.org/

jeudi 27 mars 2008
Pas plus qu’à la suite des scrutins de 2004 et du référendum du 29 mai
2005, cet après-municipales 2008 ne verra d’inflexion de la politique
gouvernementale en faveur des intérêts de la classe ouvrière, loin s’en
faut. Aux naïfs qui pensaient avoir délivré un message clair, qui
espéraient voir Sarko et Parisot, défaits, faire profil bas, la réalité
des faits vient infliger un cinglant démenti.
Il faut d’abord régler son sort à
l’incroyable entreprise de désinformation à laquelle se sont livrés
sans état d’âme les grands médias qui animent les messes électorales et
télévisuelles du dimanche soir. A vingt heures, ô joie, la France avait
retrouvé le chemin du civisme, la participation était en
hausse...L’abstention était en réalité 7% au-dessus des chiffres
claironnés par les instituts de bourrage de crâne complices des
bourreurs d’urnes ! Pas étonnant dans ces conditions que la ministre de
la police n’ait pas donné les résultats à la télévision dimanche soir,
comme la plupart de ses prédécesseurs, mais ait dû se fendre d’un
communiqué rendu public à 23h13, en catimini !
Et puisque les faits ont la vie dure,
il faut les établir. Les dimanches 9 et 16 mars n’ont eu dans les urnes
que des vaincus. Le PS, qui voit son candidat de Paris élu alors que le
taux de participation est de 56,25%, celui de Metz se qualifier pour le
fauteuil rembourré avec une abstention de 47,64 % , emporte une
victoire à la Pyrrhus sur les ruines du champ de bataille sociale.
L’UMP, avec la mauvaise foi qui lui est coutumière, interprète le refus
de voter comme un encouragement à accélérer la casse entreprise par les
gouvernements successifs, droite et gauche confondues. Car la confusion
a été savamment entretenue lors d’une campagne où l’on a pu voir des
socialistes soutenir la droite et réciproquement, tant compte une seule
chose : le confort des lieux de pouvoir. La LCR, dopée à
l’électoralisme qui lui fait oublier la lutte, gaspillera son énergie
militante à la création d’ un nouveau parti fourre-tout, puis repartira
en campagne pour les régionales, les européennes, jusqu’à ce que mort
s’ensuive...Vaincue dans les urnes, la classe politique, que 60% des
français estime corrompue, va tout faire, soyons-en sûrs, pour ne pas
l’être dans la rue. Ce qui la rassure encore, c’est l’inorganisation
des 42 millions de personnes qui, pour une raison ou pour une autre ne
votent pas dans ce pays...
C’est cette inorganisation qui fait que
le patronat continue à licencier, à piocher là où bon lui semble sur la
planète les mains d’œuvre les plus dociles, les moins gourmandes, c’est
pourquoi les OGM envahissent nos assiettes et contaminent les espaces
naturels, c’est pourquoi Total est une nouvelle fois responsable d’une
pollution aux hydrocarbures, c’est pourquoi les sans-logement et les
mal-logés sont de plus en plus nombreux, c’est pourquoi le coût de la
vie enchérit de jour en jour, c’est pourquoi les religieux de tout poil
s’arrogent à nouveau le droit de diriger les consciences, de faire
perdurer les inégalités entre hommes et femmes. La Fédération
Anarchiste sera présente sur tous les fronts, sera de toutes les
luttes, elle affirme que, désormais, il n’est plus d’autre moyen que de
recourir à la grève générale pour se débarrasser des parasites qui
viennent de faire appel au vote pour légitimer leurs rapines.
Fédération anarchiste
Mars 2008
 Quand le Pavillon noir se déploie,
La Mauvaise Herbe repousse (toujours) !
C'est avec plaisir, que le collectif « Le Pavillon Noir », composé
d'étudiants, de chômeurs, de sans-logis et de salariés vous annonce
l'ouverture d'un nouveau centre social autogéré à Caen. En effet, nous
occupons depuis le Mercredi 12 Mars 2008, un bâtiment vide, inoccupé
depuis longtemps, ouvert et laissé à l'abandon. Il est grand et en
parfait état. C’est ce vendredi que nous avons décidé de rendre son
occupation officielle.
Rappelons, que nous n’en sommes pas expulsables sans procédure légale devant le Tribunal de Grande Instance de Caen.
Nous occupons ce lieu pour plusieurs raisons. Premièrement,
parcequ'un certain nombre d'entre nous n'a plus les moyens financiers
de se loger sur l'agglomération Caennaise. Deuxièmement, parcequ’on n’a
pas de lieux pour nos projets et nos diverses activités : ateliers
vélos, ateliers informatiques, ateliers peintures, chorales, projection
de films et documentaires, débats, salle de réunion, cuisine
collective, théâtre, zone de gratuité, bibliothèque militante
–infokiosque-, etc. Troisièmement, parce que face au capitalisme qui
pourrit nos vies et notre environnement, il faut se rencontrer, se
rassembler, s’organiser. Nos squats se veulent des carrefours où l’on
peut mettre en commun nos expériences, nos savoirs, nos moyens, nos
envies pour résister, créer et saboter ce vieux monde inégalitaire et
répressif. Quatrièmement, parce que « La Mauvaise Herbe » repousse
toujours et à cela, personne n’y peut rien.
Nous sommes peut-être en situation de précarité mais nous avons une
vie riche et nous voulons continuer à l’enrichir. Ces projets, en
partie énumérés, sont la continuité de ceux mis en place à « La
Mauvaise Herbe », un ancien centre social autogéré, illégalement
expulsé et rasé.
« Le Pavillon noir » est, pour une partie d’entre nous, notre
domicile principal. De ce fait, nous nous attacherons particulièrement
à le rendre vivable et accueillant. En cela, il est idiot de croire que
nous allons le dégrader, bien au contraire, chaque lieu occupés depuis
ces 3 dernières années ont été rendu en parfait état ou plutôt en
meilleurs états. Cependant, le pavillon noir n’est pas né pour faire
chier ses contemporains - lorsqu’ils ne sont pas ses ennemis. Nous
entendons entretenir avec nos voisins de bonnes relations (les
nuisances seront limitées par les occupants eux-mêmes).
« Le Pavillon noir » n'est pas un centre d'hébergement, ni une MJC,
il est un lieu où s'élabore une expérience d'autogestion, un squat qui
attaque les fondements même du monde marchand qui nous entoure. Le
collectif ne réclame aucune citoyenneté ou reconnaissance des
institutions politiques, ni subventions. Nous n’appartenons pas au même
monde et cherchons avec obstination à détruire ce vieux monde marchand
qu’est le capitalisme et qu’Etats et politiques continuent de protéger.
« Le pavillon noir » est situé au n°10 Boulevard Poincaré 14000
CAEN, juste à coté de l'arrêt Tram "Aviation". Vous pouvez nous
contacter en nous écrivant un e-mail : la_mauvaise_herbe@no-log.org, en consultant notre site internet : http://caen.squat.net, en nous téléphonant : 0631024118 ou plus simplement en venant nous rendre visite durant les portes ouvertes du lieu.
Faites tourner l’info et venez nombreux nous rendre visite…
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TRACTS
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Le capitalisme nous fait gerber. Le fric est au centre de tout ce que
l’on nous présente pour vivre, payer NOTRE logement, payer NOTRE
nourriture, payer NOTRE eau, payer NOTRE passage à l’hôpital, payer
NOTRE expulsion, NOTRE passage en procès, payer NOTRE air, (ha non,
pour le moment on ne paye que le droit de le polluer...) Depuis
quelques jours, un lieu désaffecté est occupé par de la graine de
Mauvaise Herbe qui n’a pas envie de vivre à travers les rapports
marchands et la compétition. « Et ils n’ont pas encore été enferméEs? »
me direz vous… Non, leur soif de liberté a encore de beaux jours devant
elle…
De tels lieux, comme La Mauvaise Herbe, ont déjà existé à Caen,
durant un an et demi… Cette dernière a été évacuée brutalement puis
détruite sous la protection des forces de l’ordre de manière illégale
le 4 juillet 2007. Nous ne nous laisserons pas intimider par la milice
du capital. Nous ne faisons qu’occuper des lieux désertés et laissés à
l‘abandon, auxquels personne d’autre que nous ne semble s’intéresser.
Cela n’a rien de criminel et ne légitime pas une telle répression.
Nous squattons pour nous offrir un espace de liberté, un temps mort
au sein d’une vie bien moribonde. Pour pouvoir nous réunir, nous
organiser, essayer de reprendre en main ce que l’on peut de notre vie,
sortir des schémas sociaux malsains qui nous entourent depuis notre
naissance. Nous voulons remettre l’humain au centre des choses.
Supprimer les rapports de domination en vivant l’autogestion,
l’entraide, et l‘insoumission. Pour comprendre ce qu’est la liberté, il
faut l’expérimenter et pour l’expérimenter il faut du temps et de
l’espace. Ce lieu est également le logement de quelques un-es.
Au Pavillon Noir, nous mettons en place toutes sortes d’activités
politiques et culturelles (projections de films, de documentaires,
débats, zone de gratuité, échanges de savoirs, infokiosk ….) Nous
voulons faire de ce lieu un endroit ouvert et libre, ou toutes et tous
peuvent participer, que chacunE puisse faire vivre. Passez -y, ne
serait-ce que pour boire un café ou pousser au milieu d’autres
mauvaises herbes…
Qu’elles grandissent nombreuses et que fleurissent les squats!
Un nouveau squat autogéré à Caen au n°10 Boulevard Poincaré 14000 CAEN, juste à coté de l'arrêt Tram "Aviation"
Contacts : la_mauvaise_herbe@no-log.org , portable : 0631024118 et http://caen.squat.net
 Rassemblement contre SOS Tout-petits à Strasbourg: Un militant de la Fédération Anarchiste blessé
Le samedi 8 mars, journée internationale de la lutte des femmes, les
catholiques intégristes ont poussée la provocation jusqu’à organiser
une prière publique contre l’avortement place Broglie.
Face à cette "prière publique de réparation" environs 40 militants
antifascistes de diverses organisations ont scandé des slogans
féministes et pro-choix.La police présente en nombre ne s’est pas
contentée de protéger les militants d’extrême-droite. A la suite d’une
provocation d’un militant fasciste, elle est intervenue violemment à
coups de matraques contre les antifascistes...
Police partout, justice nulle part !
Les suites des coups de matraques : un traumatisme crânien pour l’un de nos militants. Voir notre communiqué:
Les coups de matraques ne nous feront pas taire !
Un militant de la Fédération Anarchiste - Strasbourg a un
traumatisme crânien suite aux violences policières du samedi 8 mars
place Broglie.
Face aux anti-IVG, un contre-rassemblement avait eu lieu rassemblant militants antifascistes et féministes.
Suite à une provocation d’un militant d’extrême-droite un "petit
accrochage" (DNA du 9 mars) avait eu lieu entraînant une intervention
démesurée de la police, à coup de matraques.
Outre les nombreuses contusions sur les jambes, suite à un coup de
matraque sur la tête, notre compagnon a un traumatisme crânien constaté
aujourd’hui par un médecin.
Il est évident que de tels agissements sont inacceptables et
doivent cesser. On peut se demander quelles étaient les motivations des
"forces de l’ordre" ce jour-là... La Fédération Anarchiste - Strasbourg
continuera sans relâche à défendre les droits des femmes, notamment
face à l’extrême droite, ainsi que l’intégrité de ses militants.
Sommaire & édito du "Monde libertaire" n°1508 du 13 au 19/3/2008
ou l'acheter? http://www.trouverlapresse.fr
« Les
travailleurs sont plus puissants avec leurs mains dans leurs poches que
tout l’argent des capitalistes. » Joseph Ettor, (Industrial Workers of
the World, 1911)
Sommaire
La retraite en chantant ? par S. Bull, page 4
Parisot and Co par S. Chemin, page 5
Brèves plein gaz, page 6
Haribo, pas beau par Tristan, page 7
L’autruche n’aime pas les urnes page 7
La saga de Smoby par C. Danis, page 8
Syndrome du Titanic par J.-P. Tertrais, page 9
Le boycott décortiqué par R. Dadoun, page 11
Gaza, le piège, par P. Sommermeyer, page 15
L’Allemagne et son passé nazi, par Chaolynx, page 16
Turquie et CIA, par M. Ronayne, page 17
Maternité et handicap, par Hélène, page 18
Société numérique, par N. Potkine, page 19
Marseille, par J.-M. Raynaud, page 20
Vie du mouvement, page 21
Radio libertaire, tous les programmes, page 22
L’agenda, page 23
Édito
Au jour du bouclage c’est la journée des femmes, et
internationale la journée ! Heureusement il va rester à l’autre moitié
de la population terrienne 364 jours pour s’en remettre. N’empêche
c’est sympa cette journée. Ça va faire plaisir aux femmes de Gaza qui
se prennent des rockets dans la tronche avec leurs lardons, aux
centaines d’épouses violentées et battues par leurs gentils conjoints
ou à toutes les salariées sous-payées parce qu’elles ont pas de zizi.
Cette journée c’est creux comme si Marie-Chantal singeant les
militants, montait sur la table et braillait à l’encan : « et pour les
femmes, hip, hip, hip
hourrah… ». J’arrête je suis méchant rien que méchant.
Pourtant on a tout lieu d’exulter me direz vous : Tête
de Fillon nous assène que les chiffres du chômage n’ont jamais été
aussi bas depuis la nuit des temps. Fabienne Brutus - mauvais élément
de sainte ANPE - va en avoir une attaque. Cette admirable nouvelle-là
tombe pile poil avant le premier tour des
cipales, dont tout un chacun se contrefout par ailleurs. À part ça, les
fumeurs n’en finissent plus de crever d’un cancer bien mérité et
continuent de nous emmerder : chassés des beuglants et des troquets,
ils s’agglutinent sur les trottoirs de nos villes et empêchent nos
bourgeois de dormir : qu’on leur cloue la langue une bonne fois, qu’on
les fiche à l’ADN ! À part ça (bis), on délocalise, on bastonne, on
ferme, on licencie dans nos chères entreprises de droit divin
pourvoyeuses de jouets comme Smoby ou de bonbons comme Haribo.
Les dollars yankees exportent à coup de bottes et de
blindés leur démocratie qui sent la Bourse chez les sioux irakiens et
les comanches sud-américains. Notre glorieuse et vaillante police
continue à chasser le jeune et l’émigré. C’est la valse des
dénonciations, des tasers et des gardes à vue, sur fond de gospel en
centres de rétention. L’éthique règne dans le monde des entreprises, on
vous dit, telle la main invisible du Marché dans la culotte de
Devedjian… Devant tant de cynisme et de félonie, plus que jamais les
luttes et la Résistance s’imposent : comme Roger Dadoun la fringale
nous prend d’un général boycott, cet autre nom de la Révolution.
| | « Si tu ne veux pas participer à la lutte, tu participeras obligatoirement à la défaite. » Bertolt Brecht
_________________________________________ |
|  Sommaire du monde libertaire | Sommaire du Monde libertaire n° 1506 du 28 février au 5 mars 2008
Force Ouvrière, bigre ! par Fabrice, page 4
Fonction publique, triste ! par S. Chemin, page 5
Incontournables brèves, page 6
Peinard sans accent, page 7
L'Autruche râle com'dab'page 7
Justhom, l'interviou-confession, page 8
IVG en danger, par P. Schindler, page 9
Le marché des médicaments, par Moriel, page 10
Nouveau parti? par Daniel, François, Guy et Pierre, page 12
Afghanistan, la « bonne guerre », par F. Dupuis-Déri, page 14
Un roman blême par J.-P. Levaray, page 16
Gaïa, dernière par S. Chemin, page 16
Une autre Résistance par F. Roux, page 17
Cinéma à Berlin par H. Hurst, page 19
Rennes en résistance par Marjolaine, page 21
Radio libertaire, page 22
L'agenda, page 23
_________________________________________
|
|  Edito du ML | Edito du Monde Libertaire n° 1506 du 28 février au 5 mars 2008
Bon
alors, dans cet édito on dirait qu'on parle pas du petit
prince-des-cauchemards! C'est vrai, même sans lui, ça rouspète un peu
partout dans le monde et en Franchouillie et malgré l'amoncellement
d'injustices et de cynisme, Heike Hurst réussit tout de même à nous
rapporter une brise rafraîchissante du festival de cinéma de Berlin et
des films de jeunes qui défrichent en beauté une abominable réalité.
Au Sud, les faibles et les pauvres continuent à se faire affamer,
torturer, spolier, torturer, massacrer dans ce que nos descendants de
colons appellent le tiers ou le quart monde selon leur échelle de
Richter du pillage. Au Nord, les employés, les ouvriers, les cadres,
trop naïfs, continuent à être licenciés, délocalisés ou priés d'aller
se faire voir dans une autre ANPE édénique… Les enseignants et les
étudiants s'échinent à manifester oppositions et analyses lucides au
décimage organisé de l'éducation… Les gens de cinéma et les artistes
intermittents ou indépendants continuent à dénoncer l'emprise des gros
marchands de soupe de spectacles… Tout un petit monde de gueux renaude
face au démantèlement des services publics de tous les jours, postes,
transports, justice prud'homale etc. Tout cela n'empêche pas leurs
gouvernants, parachutés par les puissances de fric et à la tête des
démocraties-représentativemon- cul, de s'envoyer par média interposés
des congratulations auto-satisfaites. Bien sûr, ce ne sont pas les «
oppositions institutionnelles », comme dirait ton prof de Sciences Po,
qui veulent et peuvent y changer grand-chose: Le mou et gras
saint-parti-socialiste empêtré à justifier les mêmes réformes mais sans
en avoir l'air; les veules et calculatrices grosses centrales
syndicales coincées entre une représentativité à 7 % et un cupide désir
de garder les bonnes places de leurs permanents et qui pour cela
s'écrasent mollement face à un Médef déchaîné qui promène en laisse nos
fringants politiques. Quant aux municipales…sans commentaires. Gardons
un peu de bon sens: tous ces pépiements de salons, de Chambres, de
symposiums entre gens-bien lavés n'arrivent pas à couvrir les
hurlements désespérés et vains de tous les étrangers, enfants, femmes,
jeunes hommes, raflés et parqués tels des bêtes, comme au regretté
temps du maréchal, avant d'être renvoyés, avec un bon bâillon
démocratique, vers la terre de leurs ancêtres qui se trouve être aussi
celle de leurs bourreaux. Pour finir, on avait promis de ne pas en
parler, mais on résiste pas : À l'expo d'agriculture not'petit
président s'est encore colleté avec un quidam; sa cote baisse jusqu'au
trou noir, mais c'est pas grave pour France-inter car Fillon n'a jamais
été aussi haut chez les sondés! Vous connaissez la blague du bon et du
méchant flic? Vous en voulez encore?
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 compilation de soutien au journal libertaire Venezuelien "El Libertario" Salut à toi qui lit ces quelques lignes... CA Y EST ! la compilation de soutien au journal libertaire Venezuelien "El Libertario" sera très prochainement disponible ! http://www.folkloredelazonemondiale.fr/mailorder/product_info.php?products_id=1073Elle
a pour but de présenter ce collectif Vénézuelien, la situation
politique du pays et surtout de leur apporter un soutien financier pour
les aider au développement de leurs activités sur Caracas
(local/librairie anarchiste et publication d'un journal du même nom).
Car nous pensons qu'il est important de montrer notre soutien à ceux
qui diffusent la pensée anarchiste, où qu'ils vivent et luttent,
proposant ainsi une tribune d'informations indépendantes, libertaires
et autonomes, avec un regard critique sur les médias traditionnels. Les
membres du collectif EL LIBERTARIO sont très actifs dans la scène punk
politisée internationaliste (de part leur implication dans les squatts,
les conférences, les manifestations, la distribution, le soutien aux
personnes incarcérés, le soutien aux sans papiers, la lutte féministe,
la défense des sexualités libres, des actions antifascistes, du relais
des luttes prolétaires ou des indigènes exploités, d'une conscience
écologique et du mode d'alimentation végétarienne ou végétalienne... La
liste est loin d'être exhaustive). Créer une solidarité avec des gens
positifs qui essayent de faire bouger les choses d'une manière
progressiste et cohérente pour le respect de toutes les formes de vie
nous parait alors primordial. Pour une solidarité de tout les
idéalistes, réveurs et utopistes mondiaux ! Cette compilation
apportera 2000 euros de soutien au collectif El Libertario (ainsi
qu'une partie des CDs qu'ils pourront revendre ou donner sur place, ne
serait ce pour que les gens puissent avoir accès à ce projet là bas à
un prix moindre car le niveau de vie n'est pas tout à fait le même
qu'ici). Tous les groupes présents sur la compilation ont
participé en offrant un titre (inédit et exclusif pour la plupart) et
sont généralement des groupes militants de la scène punk internationale
et de la scène indépendante du hip hop hexagonale. Nous pensons aussi
que ce CD est un moyen de briser les barrières entre deux styles
musicaux très proches dans la contestation sociale. Cette
compilation n'aurait pu voir le jour sans les labels : Deviance, Les
nains aussi..., FFYM, Etoile Renoi, D'ici à la réalité, Kawaii Records,
Ravachol qui ont répondu présent pour ce projet (chacun selon ses
moyens). Compilation de 79 minutes dans un beau digipack 4
volets, plus un gros livret de 56 pages contenant textes et graphismes
du collectif EL LIBERTARIO ainsi que les textes, contacts et montages
des groupes présents. * DONA MALDAD ( venezuela ) * MISERY ( usa ) * CALAVERA ( France ) * BAIT ( Angleterre ) * AUTONOMIA ( perou ) * DENTRO DE NADA ( chile ) * REMAINS OF THE DAY ( usa ) * ETHNOPAIRE ( France ) * ISKRA ( canada ) * AUKTION ( suède ) * AUDIO KOLLAPS ( allemagne ) * KRAP NEK ( France ) * VISIONS OF WAR ( Belgique ) * NUCLEAR DEATH TERROR ( Danemark ) * REIGN OF BOMBS ( Suede ) * HOLOCAUST IN YOUR HEAD ( Espagne ) * DESKARGA ETILIKA ( Portugal ) * NO CONFORME ( Espagne ) * DISRESPECT ( USA ) * APATIA NO ( Venezuela ) * TACHED OUT ( USA ) * TRAUMA ( France ) * CAMPUS STERMINI ( Italie ) * NO CONFORME ( Espagne ) * MON DRAGON ( France ) * DIOS HASTIO ( Pérou ) * PACK ( Suisse ) * OI J'AI MALE ( France ) * NON DESKRIPT ( France ) * RADIO BIKINI ( Hollande ) * GYARANDU ( Finlande ) * COCHE BOMBA ( France )
pour le trouver: http://www.trouverlapresse.comSommaire du monde libertaire | Sommaire du Monde libertaire n° 1505 du 21 au 27 février 2008
Hambburgers torrides par Nathan page 4
Pas d'élus des luttes par Christophe, page 5
Les brèves, page 6
Le billet du peinard, page 7
L'autruche en pétard, page 7
La prison tue par Nicole et Yasmine, page 8
Rabindralattali par D. Forest, page 9
Bling en toc par J. Langlois, page 11
Lois scélérates par P. Schindler, page 14
Humanitaires vous avez dit par J.-L. Debry, page 15
Kanaques syndicats par Momo, page 16
Université populaire par le gr. Henry Poulaille, page 17
Surréaliste anarchie par T. Holterman, page 18
Retour sur J.-M. Rouillan par Paco, page 19
Gosses d'alcoolo par J. Lesage De La Haye, page 20
Dans les choux berrichons par B. Rey, page 20
La vie et la mort du mouvement par R. Burget, page 21
La Radio, page 22
L'agenda, page 23
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|  Edito du ML | Edito du Monde libertaire n° 1505 du 21 au 27 février 2008 L'étalonnette a toujours accordé une grande importance aux sondages, étant entendu que ce miroir a pour obligation de lui renvoyer une image aussi belle que celle qu'il a de sa divine personne. Las, le bon peuple manifeste des signes de grande lassitude, du coup, l'homme qui n'aime que lui-même fait un peu moins le faraud. Que faire alors pour carlabruniser les coeurs et restaurer une confiance qui fond comme la banquise au pôle Nord? Ben pardi, réutiliser des recettes éprouvées pour limiter la casse lors des prochaines élections municipales ! D'abord il envoie Fillon, un mec très propre sur lui, mais seulement sur lui précisons-le tout de suite, répéter que la chasse aux étrangers sans papiers ne mollira pas, puisque, en 2008, 26000 humains qui ne sont pas des fils ou des filles de la chrétienne Europe (sic), devront être raflés puis expulsés par le colonel Hortefeux et ses sbires.Au cas où cet engagement ne suffirait pas pour flatter les plus basses pulsions des bouffeurs d'étrangers, l'ami des milliardaires prône un retour de la morale à l'école. Pour pousser droit, euh pardon à droite, les loupiots devront se lever à l'écoute de l'hymne national car cela leur fera un excellent entraînement pour entonner dans la foulée un vibrant « Nicolas nous voilà ! » Ces histoires de culte au drapeau et au petit Timonier restent muettes sur le pouvoir d'achat ? Qu'à cela ne tienne, l'impayable Éric Woerth, ministre du Budget, dit exclure la possibilité d'un plan de rigueur après les élections municipales de mars. Ni TVA, ni CSG ne seront rehaussées, clame le grand corbeau qui a du mal à cacher le subit allongement de son bec. Comme tout irait bien si gober de tels boniments sans moufter ou bien avaler des pilules de Prozac était obligatoire… Ainsi, le quart des salariés du privé qui affirment avoir été victimes de différentes discriminations à cause de leur sexe (21 %), leur nationalité (17 %), leur âge (8 %), leur physique (7 %), verraient la vie en rose ! Mais, décidément, les travailleurs sont des ingrats, nous vous en fournissons un exemple supplémentaire. Michelin annonce un bénéfice net de 35,3 % en 2007 tout en maintenant sa volonté de fermer l'usine Kléber de Toul. Aussitôt le titre perd 1,7 % à la Bourse de Paris car les actionnaires sont déçus de l'insuffisance de la marge (9,8 % au lieu des 10,2 % attendus). Les salariés qui vont bientôt être jetés comme des pneus usés sont furieux, ne seraient-ils pas un peu gonflés ?
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|  | Le Monde libertaire, hebdomadaire de la Fédération anarchiste, adhérente à l'Internationale des fédérations anarchistes
Chaque jeudi dans vos kiosques, 24 pages d'actualités en couleurs vues par les anarchistes pour deux euros |
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Ceux qui prétendent défendre la liberté et déprécient l'agitation sont des hommes qui veulent les récoltes sans labourer le sol." Frédérick Douglass (Sur les murs en 68)
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|  Sommaire du monde libertaire | Sommaire du Monde libertaire n° 1504 du 14 au 20 février 2008
Nouvelles des fronts, par Hugues, page 5
Les brèves, page 6
Bac hamburger, par Jimma, page 7
Soleil vert ferroviaire, par le Dr Martius, page 8
Échos de presse, par S. Bull, page 9
Interviou de J.-M. Rouillan, par Paco, page 11
La police se rapproche, par J.-P. Garnier, page 15
Le Gandhi masqué, par R. Dadoun, page 17
Les Universités populaires, par L. Mercier, page 19
Jean Grave à l'honneur, par Jimma, page 20
La vie du mouvement, page 21
La radio sans dieu ni maître, page 22
L'agenda, page 23
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|  Edito du Monde libertaire | Edito du Monde libertaire n° 1504 du 14 au 20 février 2008
La vue d'un kiosque à journaux ou d'un centre de presse rend, en ces jours, dubitatif, voire mélancolique, dans le sens premier du terme. D'un côté on voit le président de la République avec sa nouvelle épousée. De l'autre, des magazines plus sérieux (?) affichent la même bobine élyséenne, en solo, et parlent de « déceptio n, de « ce qui cloche », ça branlerait-il dans le manche ? Ça gamberge dur pour expliquer pourquoi nombre d'électrices et d'électeurs du propriétaire des rênes de l'État se mordent les doigts devant l'étendue du désastre. Il n'est pas besoin d'être anarchiste pour faire la liste des promesses non tenues. Et d'affirmer, encore une fois, que le miroir aux alouettes a fonctionné à merveille et même plus. Villepin et les autres, qui déclaraient urbi et orbi il y a quelque temps qu'ils ne céderaient jamais à la rue, doivent faire leurs choux gras des reculades médiatisées de leur successeur. Taxis, buralistes, fonctionnaires (ma non troppo!), le hamster de l'Élysée veut réparer une partie des bévues commises par son gouvernement. On se demande même pourquoi les syndicats représentatifs ne remettent pas le couvert. Il est vrai que, dernièrement, ils ont à la quasi-unanimité relu La Boëtie ! La baisse de popularité dans les sondages, une «branlée» annoncée pour l'UMP aux prochaines municipales, des dissensions internes, tout ça commence à faire beaucoup de pierres dans le jardin du pouvoir en place. Et, cerise sur le gâteau, le chef de l'État mettant dans l'Est français un masque de syndicaliste ! Qu'on se rassure, ils et elles n'ont pas lâché l'essentiel. Le Code du travail poursuit sa descente dans les oubliettes, la reconnaissance juridique du foetus menace directement le droit à l'avortement… et la ratification du traité de Lisbonne se fait à la nuit tombée.
Autant de raisons pour continuer tous nos combats sans attendre que l'espoir sorte des urnes.! |
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Christian S, un militant antifasciste berlinois est incarcéré depuis le
14 juin 2007 et a écopé d’une peine de prison ferme de 3 ans et dix
mois pour avoir tenté d’incendier une voiture destinée à faire une
barricade pour arrêter un défilé de militants néo-nazis le 1er mai 2004
à Berlin. Cet article retrace son parcours ainsi que l’acharnement
policier dont il fait l’objet.
Les démêlés de Christian avec la justice ne commencent pas en 2004.
En effet, en mars 2000, lors d’une contre-manifestation antifasciste à
Berlin Christian est arrêté et accusé d’avoir lancé une pierre en
direction du cortège nazi. Il est condamné à une peine de dix mois de
prison avec sursis, applicable à tout moment, s’il a de nouveau à faire
à la justice. Le 1er mai 2004, à Berlin, Christian est arrêté à la
suite d’une contre-manifestation antifasciste qui tentait d’empêcher
les nazis de défiler. Il est accusé d’avoir tenté d’incendier une
voiture destinée à faire une barricade. Pour cela il passera six mois
en préventive. Le 28 octobre, à la suite d’une erreur de procédure, le
procureur se voit obligé de libérer Christian. Pour autant il devra se
présenter devant la police deux fois par semaine. Cependant, le procès
relatif à cette affaire continue.
Le 16 décembre 2004 la justice rend son verdict ; Christian est
condamné à 3 ans et dix mois de prison ferme pour avoir endommagé une
voiture ! Le militant antifasciste fait appel de ce jugement et reste
en liberté à ce titre.
13 février 2005, 8000 nazis venus de toute l’Allemagne défilent à
Dresde pour commémorer ce qu’ils appellent « l’holocauste par les
bombes ». Il s’agit en fait du bombardement de la ville de Dresde par
les forces alliées le 13 février 1945. Face au négationnisme et au
révisionnisme des nazis, les antifascistes lancent une
contre-mobilisation. Christian et Leïla, sa compagne, se joignent à la
contre-manifestation antifasciste, mais sont violemment arrêtés par des
policiers berlinois en civil. Christian est accusé d’avoir lancé une
bouteille et Leïla l’aurait aidé à exécuter ce geste… Emmenée au poste
de police, Leïla est fouillée et les policiers trouvent sur elle une
matraque téléscopique. Elle reste un jour en garde à vue, sans être
autorisée à prévenir un avocat ou encore ses proches, ce qui est
pourtant la « règle » en cas d’arrestation en Allemagne.
Christian, quant à lui, est incarcéré à Dresde, avant qu’il ne soit
transféré a Moabit, une prison de Berlin où il passera onze mois en
détention préventive. Atteint d’une hépatite C, ses conditions de
détention sont particulièrement difficiles, d’autant plus qu’il ne
reçoit pas son traitement en prison ! Sa compagne, Leïla, ne peut lui
rendre visite en prison, car elle est soi- disant sa « complice ».
Durant la détention provisoire, le comité de solidarité, l’avocate de
Christian, ainsi que sa compagne ont dû se battre pour qu’il bénéficie
de son traitement. Grâce à leur efforts, ils ont réussi à alerter le «
Comité pour la démocratie et les droits fondamentaux » et la chambre
des médecins allemande, qui ont ouvert une enquête. Cela a même
déclenché un scandale, car fut mis à jour un trafic de médicaments, qui
impliquait le personnel dans les prisons !
Le procès : une mascarade
Les accusations contre les deux militants antifascistes reposaient
sur la déclaration de deux policiers. Le premier policier affirme avoir
vu Christian lancer une bouteille à 16h00 précise, quant au deuxième il
a déclaré avoir été informé par son collègue que Christian était un
élément violent. Il affirme également avoir filmé Christian pendant
quarante-cinq minutes, où on peut le voir lancer la bouteille. Manque
de bol, ce bon fonctionnaire assermenté a reçu l’ordre du procureur de
Dresde d’effacer la quasi-totalité de la vidéo et de ne proposer au
tribunal qu’une vingtaine de secondes durant lesquelles on peut
seulement voir les deux antifascistes regarder passer les nazillons.
Bizarrement, le film est coupé de 15h58 à 16h01, or le premier policier
affirmait justement que le délit avait été commis à 16h00 pile !
Autre chose étrange dans ce procès, le Ministère de l’Intérieur
stipulait qu’il fallait que les policiers gardent leur anonymat pour
des raisons de sécurité. Ils sont donc venus au procès avec perruques
et fausses barbes et pas de nom bien sûr, mais avec des numéros. Outre
le fait que leur témoignage était vaseux et qu’ils avaient des trous de
mémoire, le Ministère de l’Intérieur leur a octroyé le droit de ne pas
avoir à répondre aux questions des avocats de la défense ou même
d’aborder certains thèmes. Pourtant, à l’issue de cette justice
politique, les deux militants seront condamnés.
Une justice de classe Pour l’affaire de Dresde, Leïla est condamnée
à sept mois de prison avec sursis (applicable pendant deux ans). Cette
peine est particulièrement lourde pour quelqu’un qui n’a aucun
antécédent judiciaire ; la militante fait appel.
C’est le système qui est criminel, pas la résistance ! Pour
Christian, les choses se compliquent, il est condamné à un an de prison
ferme pour l’affaire de Dresde, mais c’est alors que la justice lui
propose un marché - si on peut appeler ça comme ça, tant cela
s’apparente à de la pression et a du cynisme. On lui propose alors de
sortir de taule le jour même s’il renonce à faire appel du jugement
relatif à l’affaire du 1er mai 2004. Cela présuppose que Christian doit
retourner à un moment donné en prison, car en suspendant son appel, la
peine de trois ans et dix mois ferme devient de nouveau effective à un
certain moment. Christian, dont la santé s’est beaucoup dégradée et qui
ne reçoit toujours pas ses médicament pour soigner son hépatite C,
accepte finalement ce « marché » et retire l’appel du jugement de mai
2004. Christian est enfin libre et peu commencer une thérapie. Mais
tout deux, Leïla et Christian, font appel du jugement concernant
l’affaire de Dresde de 2005, car le procès était une véritable farce.
LKA 64, une police politique Le 8 avril 2007, Christian est arrêté
en compagnie d’une camarade Andrea N. [1] pour collage d’affiche. Les
policiers dressent un procès verbal, mais relâchent immédiatement les
militants. Le procès verbal sera transmis aux différents services de
police berlinois, dont le LKA 64 (Landeskriminalamt 64, département des
délits politiques de la police criminelle). Lorsque le LKA a appris que
Christian s’était fait arrêter pour affichage, il a tout fait pour
inciter M. Glietsch, le président de la police ainsi que M. Körting, le
supérieur du président de la police (dont il y avait une photo sur
l’affiche) à porter plainte pour diffamation. Suite au zèle du LKA 64
une plainte est déposée et le procès est fixé au 20 décembre de la même
année.
Le 27 mai 2007, nouvelle arrestation : Christian est arrêté avec
d’autres personnes près du Köpi, un des grands squats berlinois. Il est
encore une fois arrêté par des policiers en civil du LKA 64 aux
alentours du Köpi. Ces derniers l’accusent d’avoir mis le feu à une
voiture deux heures plus tôt. L’accusation est tout bonnement ridicule.
Par contre, ce qui est intéressant de remarquer c’est que Christian
s’est fait arrêter à chaque fois par des policiers du LKA 64, le 1er
mai 2004, le 13 février 2005 et que c’est encore cette police politique
qui a fait des pieds et des mains pour que des plaintes soient déposées
pour l’affichage.
Retour en prison et menaces fascistes Le 14 juin 2007, Christian
retourne en prison à Hakenfeld pour purger sa peine de trois ans et dix
mois, relative à la condamnation du 1er mai 2004. En juillet, une
demande d’amnistie est adressée à la garde des Sceaux. Le 20 juillet,
Christian est transféré de Hakenfeld à Tegel sans que l’administration
pénitentiaire ne juge nécessaire d’en informer son avocate, ni sa
compagne qui est devenue son épouse.
A Tegel, Christian doit faire face aux menaces des militants nazis.
En effet, un nazi détenu à Hakenfeld a réussi à faire passer le message
vers ses camarades à l’extérieur que le militant antifasciste était
transféré à Tegel. Ces derniers ont du coup publié des messages sur le
site « Indymedia » où ils conseillent à Christian de se suicider pour
moins souffrir. En effet, d’autres nazis, détenus à Tegel, se feraient
un plaisir de l’agresser.
En décembre, Leïla rencontre des difficultés pour pouvoir rendre
visite à Christian à Tegel. Elle est même interdite de visite pour un
soi-disant refus d’obtempérer, pour une durée de trois mois.
Décidément, l’administration pénitentiaire fait tout pour casser
moralement les militants antifascistes.
Acquitté pour l’affaire de Dresde et pour l’affaire de l’affichage
Le 21 décembre 2007, Christian est acquitté lors du procès en appel
pour l’affaire de Dresde. Par contre, sa soi-disant « complice » Leïla
est condamnée à 90 jours d’emprisonnement, qu’elle évite finalement en
payant pour chaque jour d’emprisonnement 20€, soit la modique somme de
1800€. De plus, on peut se demander comment Leïla a pu être condamnée
pour avoir aidé Christian à lancer une bouteille, alors que ce dernier
est acquitté ! Mais bon, on n’est plus à ça près !
Avec l’acquittement pour l’affaire de Dresde, le « marché » proposé
à Christian (renoncer à son appel du jugement pour le 1er mai 2004)
apparaît de plus en plus scandaleux. Suite aux efforts de son avocate,
le juge et le procureur, qui avaient proposés ce « marché », se voient
obligés de rendre des comptes à leur hiérarchie, le « Landesgericht »
qui pour autant n’y retrouve rien à redire. En réaction, l’avocate de
Christian dépose une nouvelle plainte auprès du « Bundesgericht »
(instance supérieure du « Landgericht ») et lance une procédure auprès
de la Cour Européenne des Droits de l’Homme. Fin octobre, la demande
d’amnistie déposée auprès de la Garde des Sceaux est rejetée sans
explications...
Le 20 novembre 2007, Christian, ainsi que sa camarade Andrea N.
sont tous les deux acquittés lors du procès relatif à l’affichage.
Pourtant Christian est toujours derrière les barreau Récapitulons,
dans deux des trois procès qui ont suivis la condamnation du 1er mai
2004, Christian a été relaxé. A chaque fois, ces procès étaient le fait
d’accusations portées par les policiers du LKA 64, qui semblent être
très doués pour inventer des scénarios permettant de traîner les
antifascistes devant les tribunaux et de les foutre en taule. Pour
l’instant, il ne reste plus que l’affaire du Köpi, dont le dossier
traîne comme par hasard depuis 6 mois. En effet, Christian ne pourra
pas faire de demande de libération conditionnelle, tant qu’il y a une
autre affaire en cours.
Le 17 décembre, six mois après le début de son emprisonnement,
Christian reçoit enfin son plan d’incarcération, qui est une espèce
d’évaluation « psychologique » du détenu. Dans ce rapport sont
notamment évoquées les raisons qui empêchent toute libération
conditionnelle et une réduction de peine. Il y apparaît clairement que
les raison de son incarcération sont dues à ses opinions politiques et
à son engagement militant. Son entourage y est lui aussi criminalisé et
c’est en fait tout le mouvement antifasciste qui est montré du doigt
comme étant criminel.
Pour finir sur une note un peu positive : après trois mois
d’interdiction de visite, Leïla, la femme de Christian, a enfin été
autorisée à lui rendre visite le 19 décembre 2007 !
Liberté immédiate pour Christian !
Wir sind nicht alle, es fehlen die Gefangenen !
Olynx
(Fédération Anarchiste – groupe de Strasbourg)
[1] Andrea N. a été condamnée le 2 août 2007 à quatorze mois de
prison ferme pour différentes affaires insignifiantes. Ces affaires ont
été jugées ensemble, et la condamnation est extrêmement lourde. Andrea
ne s’est pas rendue à la prison le 4 août 2007 comme la justice
l’exigeait. Elle a finalement été arrêtée le 1er décembre 2007. Depuis
elle est toujours en prison à Berlin.
> le site de soutien à Christian (en français) : http://www.conf-free-christian.info/
> le site du groupe de Strasbourg de la F.A. : http://fastrasbg.lautre.net/
Sommaire & édito du "Monde libertaire" n°1503, du 7 au 13/2/2008
« En travaillant, on devient plus bossu que riche ! » (proverbe russe)
Sommaire
Et le printemps, ça vient ?, par J.-P. Germain, page 4
Les trimards bientôt tricards, par le Peinard, page 5
En bref, ça continue, page 6
Pendant le spectacle la casse continue, par J. P. Levaray, page 7
Pour notre autruche il faut mettre une laine, page 7
Leur liberté s’arrête… et la nôtre aussi, par L. Biberfeld, page 8
Vive la Commune, par J.-M. Raynaud , page 9
Le TGV au service du PRO, par le Dr Martius, page 11
Connards de chômeurs, par J. Langlois, page 14
Palestiniens à la dure, par S. Chemin, page 16
Au Canada, des jeux pas très limpides, par Jocelyne, page 17
De Dieudonné, par J. Lesage de La Haye, page 18
Facebook ou le fric caché, par N. Potkine, page 19
Commissaire de choc, par Paco, page 20
Vie du mouvement, page 21
Programmes de Radio libertaire, page 22
Agenda, page 23
Édito
Le jeune cadet de la phynance qui il n’y a que quelques semaines, fier comme un taliban, négociait la
multiplication de sa prime de fin d’année par cinq, suite aux
mirifiques résultats de ses spéculations, doit se sentir un peu las.
Après avoir été porté au nues de l’olympe de la Bourse par ses pairs
admiratifs, il s’est vu lâcher honteusement par son patron !
« Casse-toi ! Tu pues le bouc, émissaire de mauvais augure ! » lui a
craché à la gueule le prince des banquiers. Pas question pour lui de
marcher à l’ombre, au contraire, il fut stigmatisé au yeux du monde
entier, un fraudeur, un escroc, un tricheur, un fou ! Dans l’utopie
capitaliste que nous imposent les maîtres de la finance mondiale, il
n’était qu’un jeune loup parmi la meute des crapules spéculantes qui
hurlent autour de la corbeille.
Manipulant des sommes représentants plus de trois fois
ce que les habitants de la planète produisent, ces vermines de
l’économie sacrifient nos emplois, rasent nos maisons ou font plonger
un pays dans la misère, la famine ou la guerre d’un simple clic sur un
écran. Une seule motivation anime ces ploutocrates : magouiller plus
pour gagner plus ! Aucune éthique ne tourmente ces requins ramenés à
l’état grégaire par leur appât du gain. Délocalisations,
restructurations et autres tripatouillages servant à faire fluctuer le
cours des actions au bénéfice des financiers, ne sont pour ces derniers
que des événements passagers et pseudo-virtuels. Mais ces scénarios
tout droit sortis de leur cerveaux obtus ne sachant pas voir plus loin
que leurs profits, se traduisent par des milliers de vies brisées chez
les travailleurs qui font tourner les entreprises bien réelles avec
lesquels ils jouent comme dans un jeu vidéo. Quand Amer Sport supprime
plus de huit cents emplois en moins de deux ans chez Salomon, il ne se
soucie guère du devenir de ceux qui ont produit les richesses dont ils
se sont emparés, de même pour Flextronic ou pour Mittal.
Seul compte le « coup de Bourse », la spéculation. Si
au passage ils peuvent glaner quelques malheureux millions de fonds
publics qu’ils extorquent par le chantage à l’emploi, cela leur sert de
pourboire pour arroser les décideurs politiques, payer les campagnes de
leurs valets. Ils nous saignent, nous exploitent, puis nous jettent
comme des kleenex pour aller en exploiter de plus pauvres, de plus
malheureux. Et nous devrions nous laisser faire sans broncher ! Il est
plus que temps d’organiser la riposte !
Mai 68 a t il débuté à Caen au mois de janvier?
Article du journal de lutte de Caen Racailles
Mai 68 a t il débuté à Caen?
On entend, ici ou là, que mai 68 a débuté à Caen au
mois de janvier. Cette assertion est souvent répétée par de vieux
militants. Quand est-t-il vraiment? Racailles s’est penché sur le sujet
à l’occasion des 40 ans de la manifestation du 26 janvier 1968.
Qu’entend on par mai 68? Le mouvement étudiant? Le mouvement social des
9 millions de grévistes? La jonction des étudiants et des ouvriers? Les
événements parisiens? Dans tous les cas, des événements similaires à
ceux qui se déroulent au mois de mai se sont produits en janvier à Caen.
Premier acte. Alain Peyrefitte, alors ministre de
l’Education Nationale, est annoncé pour les 18 et 19 janvier à Caen
pour, notamment, inaugurer le bâtiment des Lettres qui vient d’être
ouvert. Dès l’annonce de sa venue, les étudiants s’organisent pour le
recevoir « à la mode de Caen ». L’AGEC-UNEF(1) appelle à manifester
car, selon elle, Peyrefitte « n’a pas jugé bon de rencontrer les
étudiants et lycéens qui ont pourtant de nombreux problèmes à lui
soumettre ». La corpo de sciences ainsi que celle de médecine (en
réaction à une réforme des études médicales) appellent aussi à la grève
le jour de la venue. Ce 18 janvier, le bâtiment Lettres est bien gardé
par la police ainsi que les accès de l’université. Les invités sont
triés sur le volet, les étudiants sont exclus. Ces derniers sont
environ 1 500 à se rassembler sous la pluie dans la cour d’honneur du
campus. Des banderoles sont déployées, des slogans hostiles au ministre
sont scandés : « «Peyrefitte démission », « des amphis, pas de canons
», « des profs, pas des flics » et « non à la sélection ». Des oeufs
sont lancés en direction des forces de l’ordre qui ne réagissent pas.
Une pierre blesse à l’oreille un policier. Les forces de l’ordre font
une « poussée » sur les manifestants. Ensuite, l’AGEC-UNEF décide
d’aller défiler en centre ville. Une partie des étudiants les suivent
mais une autre partie décide de rester sur les pelouses. Ces 150 à 200
personnes qui font face au service d’ordre profitent du passage d’un
camion de charbon pour se saisir de boulet. Ils les lancent ensuite sur
les policiers. Ces derniers répondent par des grenades lacrymogènes,
les étudiants se réfugient dans la cour d’honneur. Le recteur de
l’académie, Martin, sort pour essayer de calmer les esprits.
Finalement, une délégation du SNESUP et de l’AGEC est reçue par
l’équipe ministérielle. Dehors, le face à face entre les 300 étudiants
et les forces de l’ordre se terminent vers 22h, au moment où le
ministre quitte le bâtiment. Les étudiants ont été déçus par le
ministre qui a notamment refusé le droit de visite dans les pavillons
des filles des cités U.
En même temps que cette contestation estudiantine,
l’activité sociale caennaise se déplace vers les grandes usines de
l’agglomération. Tout débute à la SAVIEM (devenue RVI) à Blainville sur
Orne. Après avoir déposé une pétition de 3 000 signatures à leur
direction demandant une augmentation de salaires de 6%, la
reconnaissance des droits syndicaux et la création d’un fond de
garantie de ressources en cas de réduction d’horaire, et devant le
refus de celle-ci de négocier, les organisations syndicales organisent
un grand meeting le jeudi 18 janvier devant les portes de l’usine. Près
de 1 500 ouvriers prennent part au rassemblement et décident à une
large majorité une grève illimitée à partir du mardi suivant jusqu’à
satisfaction des revendications exprimées dans la pétition. Le vendredi
19 janvier, des débrayages ont lieu dans deux autres usines : Jaeger
(600 ouvriers) et à la Sonormel (400 ouvriers). Dans le cas de Jaeger,
il s’agit aussi d’une demande d’augmentation des salaires de 4%. A la
Sonormel, la direction n’accorde qu’une augmentation de 2% alors
qu’elle avait signé l’année précédente un accord qui donnait 3%
d’augmentation.
Le mardi 23 janvier, un meeting est organisé à 8h du
matin pour la mise en place effective de la grève votée le vendredi
précédent. Il est massif et les piquets de grève sont dressés aux
portes de l’usine. Il est évoqué pour la première fois une marche sur
Caen. Une manifestation rassemble 1 500 personnes qui vont porter les
revendications à la direction du travail. Le mercredi 24, aux alentours
de 3h45 du matin(2), le préfet de région fait intervenir les gendarmes
mobiles pour dégager les piquets de grève. Les ouvriers arrivent peu à
peu à partir de 7h, les nombreux grévistes apprennent ce qui s’est
passé quelques heures avant leur arrivée. Excédés, ils décident d’aller
demander des comptes au préfet et de marcher sur Caen. Les autorités
prennent peur et un escadron de gendarmes mobiles est placé au niveau
de l’hôpital Clémenceau sur la route de Ouistreham. Les plus jeunes
grévistes, souvent des OS (Ouvrier Spécialisé) venus des campagnes
environnantes ; Jean Lacouture utilisera d’ailleurs le terme de «
jacquerie ouvrière » pour décrire ces événements, sont en première
ligne. Ils sortent des boulons de leur poche et commencent à les lancer
sur les forces de l’ordre. Ces derniers répliquent violemment, il y a
une dizaine de blessés côté manifestant. Les grévistes sont très
énervés contre l’autoritarisme du préfet mais aussi contre la direction
de l’usine qui a fait la demande au préfet d’enlever les piquets de
grève. Il y a vraiment un sentiment d’injustice chez les ouvriers car,
quelques semaines auparavant, des agriculteurs avaient défilé
violemment dans Caen (des vitres de la préfecture avaient été brisé)
sans que la police soit envoyée. Du coup, les syndicats et des partis
de gauche appellent à une manifestation le vendredi 26 pour défendre la
liberté de manifester et protester contre la répression. Le jour venu,
plusieurs usines se mettent en grève (Jaeger et Sonormel), des
débrayages ont lieu dans des entreprises. A 18h30, près de 7 000
personnes se massent place Saint Pierre à l’appel de la CGT, de la CFDT
et de FO soutenues par la FEN et l’UNEF. Tout la journée, le préfet a
fait pression sur les organisateurs afin qu’aucun débordement n’ait
lieu. Des renforts de police sont arrivés sur Caen, la préfecture est
barricadée par une système de barrières. Après les prises de parole,
les manifestants défilent dans les rues de Caen au cri de « Oui au
respect des droits syndicaux, oui à l’augmentation des salaires ». Le
défilé se passe sans problème jusqu’aux abords de la préfecture. La
tête de cortège passe sans problème rue Lebret (entre la Poste et le
tribunal d’instance) mais cela se passe différemment pour la queue de
cortège. Elle est essentiellement composée d’OS et de quelques
étudiants. Malgré l’intervention, parfois énergique du service d’ordre
syndical, ces jeunes ont envie d’en découdre avec les forces de
l’ordre. Certains ont des barres de fer, la plupart ont les poches
remplies de projectiles. Les barrières qui barrent la rue Auber (qui
mène à la préfecture) sont enlevées par des manifestants. La réaction
préfectorale est immédiate : des grenades lacrymogènes sont envoyées en
grand nombre sur les manifestants. L’air devient irrespirable autour de
la préfecture, les spectateurs du théâtre municipal sont obligés de
sortir car le système d’aération a été contaminé! Les affrontements
sont violents entre jeunes grévistes et forces de l’ordre. Des renforts
de CRS arrivent vers 2h du matin, les affrontements reprennent du plus
bel. Des vitrines, des poteaux de signalisations sont détruits, la
chambre de commerce est attaquée. On signale un camion de pneus
enflammé. Les derniers affrontements se terminent vers 5h du matin. On
compte alors 36 hospitalisations côté manifestant (200 blessés au
total), 85 interpellations. 13 manifestants sont jugés en procédure de
flagrant délit et deux sont condamnés à deux mois de prison ferme.
Durant le week-end, la solidarité s’organise, de nombreuses quêtes sont
effectuées, les étudiants y participent activement.
Dans la nuit du dimanche 28 au lundi 29 janvier, des
CRS arrivent aux abordes de l’usine SAVIE Il y a encore des grévistes
qui tiennent les piquets de grève. Les voyant arriver, ils décident de
ne pas réagir. De plus, ils sont en infériorité numérique. Les CRS
démontent les piquets de grève pendant que certains grévistes jouent
aux cartes sur un poteau de signalisation. A 1h du matin, le directeur
de l’usine entre. A 1h40, 25 camions de CRS entrent à leur tour dans
l’usine. Des gendarmes mobiles prennent position autour de l’usine. Au
petit matin, les ouvriers qui arrivent devant les portes sont surpris
de ce déploiement de force(3). Les non-grévistes peuvent rentrer dans
l’usine sous la protection de la police, la reprise n’est que très
partielle. A 8h du matin, un meeting est organisé au stade de
Colombelles pour faire le point sur la situation. En solidarité avec
les ouvriers de la SAVIEM, une grève de 24h est déclenchée à la SMN
pour le mardi 30. Des négociations sont toujours en cours entre
direction et syndicat. Le mardi 30, ils sont encore plusieurs milliers
au meeting devant les portes de l’usine même si la tendance est quand
même à la reprise du travail. De nouvelles grèves sont déclenchées dans
l’agglomération : Radiotechnique, Moulinex (où aucune section syndicale
n’existe!). Après le meeting, une marche sur Caen est organisée, afin
de ne pas s’affronter directement avec les forces de l’ordre, les
organisateurs décident de passer par des petits chemins. Arrivés à la
demi-lune, les manifestants sont invités à prendre la route de Cabourg
pour rejoindre la SMN. Quelques uns veulent continuer en ville mais les
responsables syndicaux les dissuadent. Le mercredi 31 janvier, une
délégation de syndicalistes est reçue au siège de la SAVIEM à Suresnes
en banlieue parisienne puis au ministère du travail. Ces négociations
ne donnent rien. Celles engagées à Jaeger et la Sonormel sont un échec.
Le meeting du jeudi matin ne rassemble que 500 personnes devant la
SAVIE Le lendemain, ils sont guère plus d’un millier et votent la
continuation du mouvement par 502 pour contre 272. Mais les
organisations syndicales estiment que la participation est trop faible
au vu du nombre de salariés de l’usine. Ils décident de suspendre le
mouvement en appelant à utiliser d’autres formes pour faire aboutir les
revendications. Le samedi 2 février, les négociations échouent une
énième fois sur les salaires mais les syndicats obtiennent qu’aucune
sanction soit prise envers les grévistes. Par contre, à Jaeger, les
négociations aboutissent au 4% d’augmentation de salaires demandées. Le
6 février, un accord est trouvé entre syndicat et direction de la
Sonormel, le travail reprend.
Le combat sous d’autres formes?
Malgré la fin de la grève à la SAVIEM, des débrayages ont souvent lieu
dans l’usine. Ils sont souvent l’oeuvre d’inorganisés, soutenus le plus
souvent par la CFDT (les autres syndicats l’accusent d’en être
l’initiatrice). Des défilés sont aussi organisés dans les ateliers.
Après un nouvel échec des négociations, un piquet de grève est installé
le mardi 13 février à l’initiative de la CFDT. Les grévistes sont les
plus jeunes ouvriers. Ils s’opposent, parfois violemment, à l’entrée
des non grévistes. Cette action brise le front syndical et entraîne, de
fait, la fin du mouvement. D’autant plus que la semaine suivante, la
direction met à pied une vingtaines des grévistes les plus en vue (dont
5 de la CFDT).
L’avant mai
Après ce conflit caennais, d’autres conflits explosent dans le
département : les bennes Marrel à Blainville (11 jours de grève pour
des revendications salariales qui se terminent par un échec), plusieurs
entreprises à Honfleur en mars (Cédric Leroy parle de « la grève
générale de Honfleur »), une grève de 3 semaines dans les imprimeries
caennaises au mois d’avril. Au total, 61 365 heures de grève ont eu
lieu de janvier à mai 1968 dans le Calvados, soit autant que les deux
années précédentes.
1. Association Générale des Etudiants de Caen, affiliée à l’UNEF
2. Cedric Leroy, 1968-1979 La décennie des grèves ouvrières, mémoire de maîtrise, page 43
3. On estime à 2 000 le nombre de CRS et gendarmes mobiles présents dans et autour de l’usine ce jour là
 où l'acheter?: http://www.trouverlapresse.com« La presse française fait preuve d’une partialité révoltante et ne traite jamais que les mêmes sujets: les hommes politiques et les autres criminels. » Boris Vian L’edito Avant quand on disait « général » on pensait assez souvent (?) au mécano de ladite locomotive et à la bouille lunaire de Buster Keaton. Maintenant on pensera aussi au lampiste de la Société générale. Piratage informatique, complicités diverses et à tous niveaux, on peut se perdre en conjonctures. Penser aussi que ce n’est que le petit bout del’iceberg et qu’il s’en passe sûrement de bien belles sans que les médias s’en emparent ! Les politiques ont beau « s’irriter », évoquer, histoire de faire peur, le spectre du krach de 1929, les faits sont là : le gouvernement français n’a été prévenu que trois jours après la «forfaiture». Le temps, informatiquement parlant, de gommer des traces et de faire porter le chapeau à un pseudo-hacker ? Va savoir ! Il y a quelque temps il était de bon ton de se gausser de lItalie sous la botte pailletée de Berlusconi. Mais la saga people du chef de l’État français ne fait pas que le bonheur des caricaturistes de notre bel Hexagone. De par le monde ça se gondole aussi. «Nouveau Napoléon », «Président Duracell », ça cartonne dur sur l’image de la fille aînée de l’Eglise. Et notre pouvoir d’achat dans tout ça ? Il a du plomb dans l’aile. On en viendrait presque à se demander où va l’argent des contrats juteux annoncés ça et là. Par contre la société du spectacle, elle, fait recette à guichets fermés. Sinon, côté social ce n’est pas le quart d’échec de la grève des fonctionnaires du 24 janvier qui va beaucoup nous remonter le moral. Il faut bien convenir que les élections municipales prochaines enrayent sérieusement les rouages syndicaux encore existants. Demain on rasera gratis et un monde merveilleux sortira des urnes, tel est le refrain lancinant qui bourdonne constamment à nos oreilles. Au début des années 1970 le Programme commun avait remplacé la lutte des classes dans les statuts des syndicats. Plus de trente ans après, les mêmes illusions perdurent. Pourtant le miroir aux alouettes du libéralisme a fait beaucoup de dégâts dans la gauche parlementaire, pour ne parler que d’elle. Un certain bon sens pragmatique pourrait redonner la priorité à l’ «action syndicale ». Mais quand tordra-t-on le cou au léninisme et à la mise en laisse du monde du travail ? Il le faudra pourtant si l’on veut que se profile un autre futur ! Sommaire Imprimeurs en colère, par E. Vanhecke, page 4 Le billet du Peinard, page 5 L’autruche rouscaille, page 5 Les brèves de combat, page 6 Crise du nerf de la guerre, par J. Langlois, page 7 Huissiers belges, par J.-P. Garnier, page 10 Bac pro, la casse, par Sigrid, page 11 Kenya, dégât collatéral, par S. Rincon, page 14 Poubelles mafieuses, par B. Cibille, page 15 Des faits d’anarchie, par Paco, page 17 MurMure de paix, par Paco, page 18 Pauvre au pays de la richesse, par Moriel, page 19 La fesse heureuse, par M. Giraud, page 20 La vie du mouvement, page 21 RL, le choix de la rédaction, page 22 Agenda, page 23
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