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Venezuela...

Par facaen :: 21/09/2007 à 18:23
Les Secrétariats aux Relations Internationales et aux Relations avec l’IFA de la
Fédération Anarchiste, solidaires des compagnes et compagnons du Comité de
Relations Anarchistes du Venezuela, diffusent le texte ci-dessous. C'est le fruit
d'un travail collectif et réfléchi, qui nous offre une analyse de la situation
vénézuélienne d'un point de vue progressiste et révolutionnaire. Notre geste a pour
objet d'enrichir les discussions à partir de points de vue que l'on ne peut
qualifier de "réactionnaire" et pour sortir de la bipolarisation des débats qui se
résumeraient entre "pro" et "anti" Chavez.

Merci de circuler ce texte largement dans vos réseaux.
Solidarité internationale,

Le Secrétariat aux relations internationales de la FA
Le Secrétariat aux relations avec l’IFA de la FA


Venezuela: la gauche non chaviste dialogue et réaffirme ses engagements

Le 5 août dernier, des activistes et militants de différents courants et villes du
pays participèrent à un "Dialogue ouvert: Gauche non chaviste et révolution",
réalisé à Caracas au siège de l'Organisation Nelson Garridos (ONG) et appelé par le
journal El libertario dans le cadre de son numéro 50. Parmi les organisations
présentes se trouvèrent: le Groupe de travail "Peuple et Conscience" (Maracay),
Groupe Troisième Chemin, Croix noire anarchiste du Venezuela, le Centre de
formation idéologique (Barquisimeto), Groupe Défenseurs du Bolivar (Barcelona),
Fondation Jorge Rodriguez (Barquisimeto), Assemblée d'éducation, Connexion
socialiste, Centre d'études sociales libertaires et le Vice rectorat académique de
l'Université Centrale du Venezuela (UCV); ainsi qu'une série d'individualités
impliqués politiquement dans différentes domaines du pays.

L'objectif de l'évènement fut d'ouvrir un des espaces tant nécessaires pour la
reconstruction et la récupération d'un tissu social autonome de base entre les
différents mouvements sociaux et populaires, fragmentés par la polarisation
politique et coopté et immobilisé par l'actuel Etat vénézuélien. Un espace divers
et hétérogène des différentes perspectives qui aspirent à la liberté et à la
justice sociale et qui s'affrontent à l'autoritarisme. L'agenda de la rencontre fut
composée de deux grandes sessions: le matin, destiné à réaliser un diagnostic
collectif de la situation du pays et la suivante, réalisée dans l'après midi, pour
connaitre les différentes opinions sur la façon de configurer une réponse
progressiste et révolutionnaire au phénomène chaviste. La méthodologie a exclu les
exposés magistraux, permettant la possibilité d'un dialogue fraternel dans des
conditions d'égalité des intéressés à travers l'usage de la parole.

Le Venezuela d'aujourd'hui

Le diagnostic collectif sur la situation du pays caribéen converge sur les points
de départ. Au niveau politique, le triomphe électoral du président Chavez par
l'intermédiaire de l'échec du système d'alternance connu sous le nom de
"puntofijismo", inauguré en 1958, a rendu possible la réalisation d'une
Constituante sans changements structurels de l'Etat. En échange, celui-ci fut
réorganisé en fonction de la nouvelle ère du capitalisme connue sous le nom de
"globalisation économique", trouvant son origine dans la symbiose entre la
démocratie parlementaire et la dictature militaire. Malgré de grandes ressources,
l'Etat a été incapable de donner des réponses satisfaisantes aux besoins de la
population, imposant une "paix sociale" à travers les subsides pétroliers. A
rebrousse poil de la diffusion d'une inexistante "démocratie participative
protagoniste", les politiques sociales ont été décrétées d'en haut, dans le cadre
d'une des plus grandes concentrations de pouvoir vues ces dernières décennies et où
toute initiative est du ressort exclusif du Premier Mandataire. Il fut reconnu la
capacité de mobilisation du président et son charisme, ainsi que l'incarnation à
travers sa figure des traditions caudillistes et militaristes présentes dans
l'histoire vénézuélienne. De même que la formation d'un système d'information et de
propagande gouvernemental et efficace au niveau national et international. La
création de différents processus de nature répressive contre les démonstrations de
mécontentement populaire et l'acculement des espaces d'indépendance comme
l'autonomie universitaire et la liberté syndicale furent évoqués. Différentes
interventions réitérèrent leur accord sur la présence d'un "gouvernement
militariste, autocratique, immoral et pétrolier".

En matière économique, un accord se dégagea sur le fait que le Venezuela se trouve
dans le contexte d'une troisième globalisation, marquée par le flux de capitaux
sans territoires et avec des activités qui ne correspondent pas à la production
traditionnelle des biens et services. Ce processus se développe dans le cadre d'une
crise pétrolière qui se décline à travers trois dimensions: climatique planétaire,
de l'être humain et de la crise énergétique. Le pays approfondit son rôle dans la
globalisation capitaliste, il a compté avec des ressources énormes produit des
cours élevés du pétrole, permettant l'apparition d'une nouvelle élite économique,
la "boliburguesia" (mot associant "bolivar" et "bourgeoisie"). Sous la
revendication de "souveraineté énergétique" on rencontre un contrôle du pétrole
brut par les mafias russes, cubaines et vénézuéliennes, en étroite relation avec le
marché global, entrepreneurial et multinational avec une influence des Etats Unis.
Pour cela, on forma les entreprises dites "entreprises mixtes" qui recouvrent des
politiques de rémission. Malgré la manne pétrolière, l'exécutif national maintient
la dévaluation de la monnaie, l'endettement du pays motivé par le coût élevé des
dépenses publiques, et une politique d'imposition régressive, parmi laquelle l'IVA
(1) est un des aspects. Ainsi, les hauts cours pétroliers ont permis une politique
clientéliste basée sur des subsides à différentes initiatives sociales, pour
renforcer ainsi la légitimité de l'Etat et son modèle de développement, auquel il
faut ajouter l'extraction minière.

Sur le terrain social, on a déterminé que ce que l'on appelle le processus
"bolivarien", au lieu d'être un point de rupture, a renforcé les dispositifs de
domination globale: l'individualisme, la dépréciation de "l'autre" et de ce qui
est différent, la mercantilisation du corps, le machisme, la criminalisation des
minorités, le fétichisme de la marchandise et le consumérisme. Depuis 1999, on en
est venu à solidifier un système juridique, administratif et militaire, qui a lié
les mains au mouvement populaire et invisibilisé la gauche révolutionnaire non
alignée avec le gouvernement. Il fut souligné le changement de la signification du
langage par le pouvoir et le vide de sens du mot "révolution". Le tissu social,
comme c'est arrivé dans des périodes antérieures de manne pétrolière, a été
pénétré par le clientélisme, à laquelle on soumet l'électoralisation et la
militarisation, l'action et la participation populaire en organisant un parti
politique (PSUV) à partir de la formation de "bataillons". On questionna de façon
réitérée les politiques traditionnelles qui, médiatiquement, se présentent comme
des porte-paroles de "l'opposition" et on constata l'absence d'un discours
d'antagonisme au chavisme compréhensible pour le citoyen commun. Malgré ce que la
manne pétrolière a permis à la société, les résultats de ce que l'on a appelé les
"missions" sont marginales et insatisfaisantes, et n'ont pas contribuées à élever
la qualité de vie de la population à faibles ressources. Ceci est perçu par les
bases du chavisme, qui a montré des signes croissants de mécontentements. Il en
est de même pour l'augmentation de l'insécurité, perçue par la population comme un
des principaux problèmes de son quotidien.

Une alternative révolutionnaire à édifier

L'architecture d'un antagonisme de gauche au chavisme fut profilée par abondance
d'idées et de propositions, réitérant la nécessité d'accompagner et de renforcer
les luttes concrètes et de continuer le travail que chaque initiative développe. On
coïncida avec des réponses à caractère collectif, plurielles et diverses. La
construction d'un discours et les canaux pour le communiquer, un programme minimum
et maximum. La nécessité de reconnaître et de dépasser les erreurs des différentes
traditions de gauche et ses mythes (Bolivar, ce que l'on appelle "la révolution
cubaine", entre autres), dont le chavisme est un reflet. Complexifier et créer un
troisième pôle sur la scène politique, échanger des savoirs et des outils. Utiliser
différentes formes de communication. Réaliser une nouvelle rencontre en
approfondissant des thèmes et en renforçant des affinités à la mi-août, dans la
ville de Maracay. Un réseau digital se constitua et différentes publications et
films documentaires sur des luttes tant du Venezuela comme du reste du monde furent
distribués et s'échangèrent.

Si vous souhaitez plus d'informations sur cette initiative, vous pouvez communiquer
par email: periodicoellibertario(a)gmail.com ou consulter:
(www.nodo50.org/ellibertario).

Note
1 - IVA: Impuesto al valor agregado, taxe payée sur les achats.

«Le Monde libertaire » n°1486 du 20 au 26 septembre 2007

Par facaen :: 21/09/2007 à 18:03

                      


Sommaire & édito du « Monde libertaire » n°1486 du 20 au 26 septembre 2007


Le Monde libertaire est l’hebdomadaire de la Fédération anarchiste, adhérente de l’Internationale des fédérations anarchistes

« Salaires légers, chars lourds » (mai 1968)

Éditorial

Le ploutocrate de Naguy Bocsa veut insuffler dans notre système législatif une nouvelle valeur, typiquement anglo-saxonne, l’équité, la justice rendue en dehors du droit régulier, soit, en ploutocratie, l’égalité économique adaptée aux classes sociales. Omettant de mettre en avant les régimes spéciaux des ministres, députés, sénateurs ou autres agents de la paix sociale tel les soldats, gendarmes ou présidents de la République, il jette à la vindicte populaire les ouvriers et employés qui, par leurs luttes, ont réussi à conserver quelques acquis sociaux, issus de la reconnaissance de la pénibilité de leur travail. Nous comprenons qu’un sénateur, à 53 ans, soit usé par les discours lénifiants qu’il doit se taper à longueur de session (quand il est à son poste, ce qui est rare). C’est pourquoi il peut, dès cet âge-là, revendiquer ses droits à une retraite non méritée. Mais est-ce en nivelant les droits sociaux des classes populaires par le bas, tout en favorisant les patrons, les dirigeants et les forces de répression, que l’on arrivera à une société plus égalitaire ?

Les grandes centrales syndicales semblent peu se soucier du sort de leurs syndiqués qui vont subir cette attaque frontale. Si, pour la forme, ils annoncent qu’ils n’accepteront pas de réformes dont ils ne seront pas les co-auteurs, ils acquiescent à la pseudo-nécessité de la réforme, prélude à la casse générale du système de retraite prévue pour après les municipales.

Nul doute que ces apparatchiks soient prêts à trahir la confiance de leurs mandants pour conserver leurs petits privilèges personnels.

Quant à ceux qui se réclament de gauche, ont les a vus ensemble, sur la même tribune, le week-end dernier à la fête de l’Humanité. Le pseudo-libertaire Besancenot, et les autres représentants de la gauche soit disant anticapitaliste fricotant avec le premier secrétaire du parti qui n’a plus de socialiste que le nom.

Pour gagner quelques places de conseillers municipaux, ils sont prêts à se vendre à ceux qui à la place de Nicolas Sarközy auraient mené les mêmes réformes et tenus le même discours populiste, ayant les mêmes commanditaires.

Il faut dire qu’en bon plutocrate, le saigneur de Naguy Bocsa sait très bien distribuer les charges étatiques, flattant les points faibles de ses adversaires arrivistes pour en faire ses pantins. Il ne nous reste plus à nous, les laissés pour compte de ce changement social qui voit les riches et les puissants se partager le gâteau du fruit de notre labeur, à prendre nous mêmes nos affaires en main, et supplantant les capos qui cherchent à nous mettre au pas, à exprimer notre ras-le-bol dans la rue.

Sommaire

- Les raisons de la colère, par Sami Chemin, page 3
- Le sabotage au goût du jour, par un Peinard de la CNT, page 4
- L’autruche tacle les socialos, page 5
- Tout sur les horreurs feutrées, par Mato-Topé, page 5
- Nico et le panier de la ménagère, par Jipé, page 6
- La France au pas de lois, par J.-P. Levaray, page 7
- Septembre morne, par J.-P. Germain, page 8
- Communiqué de la Fédération anarchiste sur les retraites, page 8
- Cochons de payants, par J. Langlois, page 9
- Le centre Flores-Magon, interview par T. Libertad, page 11
- Le petit cauchemar du jour, par Nestor Potkine, page 14
- Le prix « Ni dieu ni maître » à Jean Le Gal, par Paco, page 15
- « L’Endormeuse », de Jacques Vallet, page 17
- Les ondes et nous, par P. Sommermeyer, page 18
- José Salamé, une vie pour l’anarchisme, par D. Guerrier, page 19
- Radio libertaire, page 22
- L’agenda, page 23

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