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Blog du groupe de Caen de la fédération anarchiste.
FA Caen.
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Pérou : une communauté pratique la gestion directe
--> Cinq années d'autogestion : en semant des luttes, on récoltera des libertés
C'EST CE QU'ON POUVAIT LIRE sur la banderole accrochée dans la cantine populaire de la comunidad autogestionaria Volcân (communauté autogérée Volcàn), qui célébrait le 11 mars dernier son 5e anniversaire. Outre de nombreuses activités culturelles et sociales (danse, chant, théâtre et poésie...), cette journée a également été pour elle l'occasion d'inaugurer sa cantine populaire ainsi qu'une bibliothèque: la bibliothèque ABC de cultura. Des individus et collectifs libertaires venus tout exprès de différents endroits de la ville y ont fait de nombreuses donations de livres, de revues, de brochures et autre matériel de lecture, le tout mis à la disposition de tous dans la bibliothèque.
Qu'est-ce que Volcân ? Située au nord-est de Lima, au Pérou, au sein de la communauté paysanne Jicamarca (à 10 minutes du district San Juan de Lurigancho), la comunidad autogestionaria Volcân est un endroit oublié de l'État et loin des relations commerciales qui détruisent toute trace d'humanité, où vivent et résistent environ 100 familles.
Comment fonctionne Volcân ? Au sein de la Communauté, le mot autogestion est plus qu'un mot, c'est une réalité objective et viable. En effet, d'après les membres' eux-mêmes « la communauté n'a aucune relation avec un quelconque parti politique, ne le souhaite pas, et s'en porte mieux ainsi ». Ils souhaitent aussi clairement garder leur autonomie vis-à-vis des organismes publics étrangers à la communauté. De plus, la communauté possède une Coopérative d'épargne et de crédits' gérée par une Commission qui se charge de l'épargne des habitants et octroie des prêts pour la construction des maisons et des boutiques. Ce qui permet aux habitants de réduire leur dépendance vis-à-vis des entités bancaires capitalistes (et de leurs taux d'intérêts élevés). Enfin, a communauté se réunit tous les dimanches matin en assemblée générale pour discuter des évolutions et des problèmes rencontrés dans la zone, par les voisins. Ils y échangent leurs coups de gueule et leurs propositions. On y réalise les bilans économiques et le groupe des responsables (diri9entes) ou des délégués rendent des comptes publics à tous et à toutes. Ces responsables sont absolument révocables à tout moment, étant mandatés en assemblée pour leurs qualités ou réalisations. Ces délégués doivent obéir aux ordres du peuple et non pas agir sans consultation. La communauté applique donc la démocratie directe et l'horizontalité avec des charges tournantes et non rémunérées.
Programme de développement social
La programmation des activités sociales et culturelles proposées à court, moyen et long termes par le groupe Qhispikay Llaqta, jeune groupe anarcho-communiste liménien, se fait en coordination avec l'ensemble de la communauté, suivant les nécessités. Il s'agit en général de discussions hebdomadaires et de travaux collectifs d'information et de formation, ainsi que de la participation aux projets de la communauté, comme par exemple la construction de la Bibliothèque populaire. Le groupe Qhispikay Llaqta a commencé une série de débats sur les thèmes: Relations au foyer: contre le machisme, la violence et la discrimination et Pédagogie scolaire pour les enfants. Lors de ce dernier débat, ils ont projeté le documentaire Paideia, quinze ans d'éducation antiautoritaire, très apprécié par le public composé d'enfants, d'adolescents et d'adultes. A suivi un échange de commentaires et d'opinions, durant lequel les membres présents ont réaffirmé vouloir construire au sein de la Communauté une école alternative, comme ils nomment eux-mêmes leur projet d'éducation. De plus, le groupe est en train de préparer un court métrage sur le vécu et la réalité de la communauté, où les habitants raconteront eux-mêmes leurs résistances, leurs luttes et les nouvelles relations sociales ainsi créées. Aujourd'hui, les travaux dans la communauté autogérée Volcân continuent autant qu'il est possible, peut-être pas avec la régularité que le groupe souhaiterait, mais toujours en coordination avec la communauté, la démarche devant venir le plus possible des habitants, afin d'éviter que ne se crée une sorte de dépendance.
Menace d'expulsion
Cet hiver, la communauté a été confrontée à un problème juridique très important. En effet, l'énorme collège privé en face de la communauté l'a accusée d'avoir prétendument usurpé les terrains. Ce collège, ou plutôt, cette entreprise de services éducatifs, du nom de Santo Domingo de Guzmân, dispense un enseignement prémilitaire et religieux, et fait partie d'un consortium de collèges présents dans tout Lima, bénéficiant d'une infrastructure aussi puissante qu'imposante. Or, il se prétend propriétaire « légal » des terres où est installée la communauté, terres qui seraient destinées à l'expansion du collège. Tout cela est assurément faux. La communauté a pu se défendre et résister aux dommages qu'aurait provoqués cette expulsion, les habitants n'ayant nul autre endroit où aller, appuyée en cela par les groupes et organisations solidaires.
Volcân : lieu de rencontre
En effet, des camarades venus d'autres pays et d'autres villes ont pu visiter la communauté et être témoins du travail qui s'y réalise. L'accueil des habitants de Volcân est chaleureux, et ceux-ci sont toujours ouverts à la discussion. Des camarades italiens, argentins, israéliens, allemands, colombiens, brésiliens et français ont pu participer aux expériences autogestionnaires et horizontales qui se pratiquent au quotidien dans la communauté. Les camarades brésiliens ont réalisé un documentaire sur la communauté qu'ils intégreront à une série de courts métrages sur des communautés en lutte dans toute l'Amérique latine. Le camarade de la Fédération anarchiste d'Italie s'est quant à lui engagé à développer des projets éducatifs dans la zone, avec l'appui de sa Fédération et d'autres organisations libertaires et sociales italiennes. Le camarade allemand a aidé à la confection de toilettes écologiques, entre autres choses concrètes et utiles pour la vie dans une communauté. Ainsi, la communauté reste en contact avec des organisations solidaires de différentes parties du monde, qu'intéressent les travaux autogérés de la communauté et qui proposent d'envoyer le nécessaire afin que continue ce travail de construction d'un monde nouveau. Le camarade israélien qui, lors de son premier passage, avait lancé l'idée de la création d'un espace d'hébergement pour des volontaires désireux de rester partager la vie quotidienne de la communauté, et d'apporter un soutien dans ses projets, y est justement en ce moment même logé! Il propose du soutien scolaire aux enfants dans la bibliothèque populaire, et y réalise également des travaux d'aménagements. Enfin, un grand événement est prévu en septembre prochain, où tous les sympathisants du monde entier de passage au Pérou sont cordialement conviés. Sont au programme: un marché, des conférences-débats entre autres activités sociales, culturelles et festives. Et il sera donc possible d'être hébergé sur place!
Quels projets pour le futur?
La Communauté a encore beaucoup à construire et ses projets sont nombreux: organisation de postes médicaux, animation d'ateliers scolaires pour les enfants et les jeunes, construction de canaux d'irrigation, construction d'espace pour des potagers bio, organisation du recyclage des ordures, sensibilisation sur l'alimentation saine, constitution de micro-entreprises... C'est ainsi qu'elle fait appel à tout professionnel: sociologue, psychologue, médecin, pédiatre, gynécologue, obstétricien, avocat, ingénieur, architecte, professeur qui pourrait travailler dans la zone et partager ses compétences avec la communauté. De même, tout soutien d'ordre économique, matériel, technique ou de partage d'expérience, est évidemment bienvenu. (Article traduit du journal Qhispikay, n° 2 et n° 3)
1. Coopérative qui fonctionne effectivement, bien que pour l'instant seulement 10 à 15 % des membres de la communauté s'y investissent.
Groupe Ohispikay Llaqta
Pour plus d'informations sur la Communauté, n'hésitez pas à contacter le groupe Qhispikai Llaqta, qui déclare « Nous pensons que nous pouvons et devons partir de l'expérience de cette Communauté, qui se dessine comme une petite société à l'écart des griffes du capitalisme, pour . construire une nouvelle société alternative qui puisse s'étendre. Et que cette expérience peut servir de modèle réel et actif démontrant que oui, un autre monde est possible ici et maintenant, à partir du vécu quotidien entre les gens de la communauté et les travailleurs. »
grupo_qhislla@yahoo.es qhispikay.blogspot.com
extrait du Monde Libertaire
CAEN :
APPEL A LA SOLIDARITÉ FINANCIÈRE AVEC LES INCULPÉS DES MANIFS ÉTUDIANTES ET LYCÉENNES DE NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2007
Depuis le début du mois de novembre, de nombreuses manifestations
ont eu lieu contre la loi Pécresse sur l’autonomie des universités. Un
peu partout en France, les étudiantEs et lycéenNEs en lutte ont dû
faire face à la répression du pouvoir qui a envoyé la police
anti-émeute évacuer plusieurs universités et des lycées occupés.
A Caen, le jeudi 29 novembre, 1500 étudiants et lycéens ont occupé
le rectorat avant d’en être violemment délogés à coups de matraques par
la police qui a ensuite gazé les manifestantEs, lancé des grenades
assourdissantes au milieu de la foule et tiré sur des gens avec des
flash-ball. Un peu plus tard, une nouvelle charge policière a eu lieu
devant la préfecture avec matraquage et tirs de flash-ball. Il y a eu
de nombreux blessés et 5 interpellations durant cette journée d’action.
Le lendemain, une cinquantaine de manifestants pacifiques qui
protestaient contre la répression devant le commissariat ont été chargé
sans sommations par la police pendant 200 mètres. Il y a eu 2 nouvelles
interpellations.
Le jeudi 13 décembre, un jeune a encore été arrêté après une manif
pacifique pour un simple graffiti fait au feutre. 2 autres
interpellations ont eu lieu depuis et des convocations supplémentaires
semblent être en attente au commissariat central.
En tout ce sont donc 10 personnes qui ont été arrêtées pour l’instant à Caen au cours de la lutte. Des procès vont avoir lieu.
Nous appelons donc à la solidarité financière avec les inculpés
afin de les aider à payer les frais d’avocat, les frais de justice et
les amendes.
Les chèques de soutien (à l’ordre du SIA avec la mention « Soutien
aux inculpés de fin 2007 » au dos) peuvent être envoyés à l’adresse
suivante : SIA, BP 257 14013 Caen cedex. Nous invitons par ailleurs toutes les personnes qui ont été
arrêtées pendant la lutte à prendre rapidement contact avec la
Commission Anti-Répression (e-mail : caen-antirep@hotmail.com).
N’hésitez pas à nous contacter si vous avez besoin de plus amples détails.
Faites circuler l’information.
La répression ne nous fera pas plier !
Face aux attaques anti-sociales du gouvernement et du MEDEF,
la solidarité est notre arme !
La Commission Anti-Répression
de l’AG de lutte du Campus 1.
17 décembre 2007.
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