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Blog du groupe de Caen de la fédération anarchiste.
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 Le Monde libertaire # 1487 du 27 septembre au 3 octobre 2007
Hebdomadaire de la Fédération anarchiste, adhérente à l'Internationale des fédérations anarchistes
« Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se casse »
Dicton populaire
Le Sommaire du Monde libertaire # 1487 du 27 septembre au 3 octobre 2007 :
La franchise ou la solidarité ?, page 3
Les cheminots croisent le fer, par Julien, page 4
L’autruche persiste et signe, page 5
Autres temps, mêmes moeurs, par M. Rajsfus, page 6
Rentrée syndicale..., par Fabrice, page 7
La presse aux dents longues, par le Peinard, page 8
Anarchaféministes!, par Caroline, page 9
Humanisme et pétrole, par J.-P. Levaray, page 10
Répression quotidienne en Inde, traduit par J. M. Traimond, page 11
International, Italie et Royaume-Uni, page 15
Rugby de marché, par Rebecca, page 16
Parti des Myosotis, par Paco, page 17
Menaces sur les radios associatives, par A. Sulfide, page 18
La mostra 2007, par H. Hurst, page 19
Merlieux, la fête et son programme, page 21
Radio libertaire, page 22
Agenda, page 23
Éditorial
« Bush et Kouchner, va-t-en-guerre sans frontière », pouvait-on lire la semaine dernière sur une banderole à Washington. C’était Centre d’études stratégiques et internationales.
Kouchner « chef de la diplomatie française » y a été houspillé par des militantes antiguerre. « Dimanche, Kouchner a dépassé Bush », a déclaré Gaëlle Murphy, une des militantes expulsées par le service de sécurité.
Le pauvre docteur avait beau se déclarer « pacifiste », la secrétaire d’état Condoleezza Rice l’avait torpillé auparavant en déclarant qu’il n’y avait aucun désaccord fondamental entre Bernard et elle ! à l’élysée, on doit se réjouir que les ralliés du PS (ceux qui ont changé de collier…) apprennent si vite les leçons. Dans les gazettes, on nous apprend même qu’il y a de nouveaux arrivages. Ceux qu’on appelle les « seconds couteaux » rallieraient nombreux les cabinets ministériels du Premier ministre Fillon.
Pourtant ça ne lui réussit pas trop en ce moment. On dit même que sa cote de popularité, tout comme celle du président de la La phrase choc de Fillon (« Je suis à la tête d’un État qui est en situation de faillite financière ») prononcée vendredi dernier en Corse et sa mine renfrognée à la une des journaux ne doivent pas arranger l’affaire. Celui qui a été qualifié par le joggeur suprême de « collaborateur » a choisi sa manière à lui de ruer dans les brancards. Allez parler après de complémentarité entre l’élysée et Matignon !
Sur le front social (sic), on nous promet un réveil unitaire le 18 octobre prochain.Tous unis derrière les cheminots? ça ne se bouscule pas au portillon, ça traîne même des pieds. Les syndicats de fonctionnaires se tâtent encore, d’autres aussi. On va taire les noms, rideau. Nous n’en sommes plus à la préparation du Grand Soir, mais construire l’unité de la classe salariée devrait être sérieusement à l’ordre du jour.
« Pas de passage en force » dans les négociations à venir, déclare Xavier Bertrand (ministre du Travail, des Relations sociales et de la Solidarité ), « Rien n’est ficelé », rajoute-t-il. Mais le forcené de l’élysée voudra pousser à la vitesse supérieure !
Pendant ce temps-là, à Belleville à Paris, c’est « la chasse » aux sans-papiers chinois. La riposte dans l’Est parisien est unitaire. Si seulement ce qui reste de syndicalisme pouvait en prendre de la graine...
En prime, un article :
La franchise ou la solidarité ?
Par M. El Khebir, J.-M. Destruhaut, P.. Epron H. Hernandez, Y. Guignat
DANS LA LONGUE HISTOIRE DES COUPS BAS portés à la Sécurité sociale, le dernier en date est celui appelé « franchise médicale ». Sur chaque boite de médicaments, ainsi que sur chaque acte de soin paramédical (infirmière, kiné, orthophoniste, etc.) son montant sera de 50 centimes ; pour les transports par ambulance, elle sera de deux euros. En seront exemptés les moins de 16 ans, les femmes enceintes, les bénéficiaires de la CMU ou de l’aide médicale d’État. Elle sera plafonnée à 50 euros par an et par malade (et non par famille!), et ne sera pas remboursable par les mutuelles; son coût sera modulable en fonction des comptes de la Sécu, c’est-à-dire qu’il augmentera d’année en année puisque les dépenses de santé augmentent! À quoi il faut ajouter ces franchises déguisées: le forfait de un euro pour chaque consultation médicale, acte de biologie ou de radiologie depuis 2004, le forfait de 18 euros pour tout acte de plus de 91 euros depuis 2005, le forfait hospitalier de 16 euros par jour, la suppression de la prise en charge à 100 % des soins postopératoires depuis 2003, l’augmentation de 40 % du coût des cotisations aux mutuelles ces quatre dernières années. Le montant du reste à charge par malade s’élève déjà à 400 euros en moyenne par an, et à 110 euros environ pour ceux qui ont les moyens de se payer une bonne mutuelle:se soigner correctement coûte de plus en plus cher! Aucune de ces mesures n’a permis de limiter l’accroissement des dépenses de santé: elles n’ont fait qu’accroître les inégalités sociales et rendre l’accès aux soins de plus en plus difficile à un nombre croissant de personnes à faibles revenus.
Il s’agit nous dit-on de responsabiliser les patients:est-on responsable de sa maladie? Sommes-nous responsables de la désorganisation du système de santé, qui en l’état profite aux actionnaires des labos pharmaceutiques et des cliniques privées?
D’abord prévue pour renflouer les caisses de l’assurance maladie, cette franchise est maintenant destinée à financer une 5e branche de la Sécurité sociale, qui va être créée dans quelques mois, prenant en charge les personnes âgées dépendantes, les soins palliatifs, la maladie d’Alzheimer et la lutte contre le cancer: génial, les malades paieront pour les malades! Quel coeur de pierre n’adhérerait pas à ce beau programme!
Les dépenses de santé sont concentrées sur un faible nombre de patients: les 10 % de malades les plus graves qui consomment le plus de soins sont à l’origine des 2/3 des dépenses: la franchise ne limitera pas les dépenses des personnes les plus malades, sauf à les laisser mourir, mais pèsera sur les faibles consommateurs.
C’est une aberration en terme de santé publique, de nombreuses personnes à bas revenus renonceront à se soigner, quitte à voir leur état de santé s’aggraver faute de soins primaires.
La finalité réelle de cette mesure, c'est la fin du système solidaire, dans lequel chacun cotise selon ses revenus et est soigné selon son état de santé, honni par les capitalistes et les penseurs libéraux pour qui chacun est individuellement responsable de son sort et reçoit selon ses moyens. C’est la porte ouverte à une privatisation accrue de la santé selon les voeux de l’OMC : des assurances se préparent à proposer des contrats à ceux qui ne supporteront pas de payer pour un système qui les remboursera mal, les faibles consommateurs de soins qui seront sous le seuil annuel de 50 euros, bien portants et aisés, qui auront alors la possibilité de quitter la Sécu. On peut voir à Paris une officine de crédit proposer un prêt pour dépense de soin ! Au lieu de repenser l’organisation du système de soins afin de mieux prévenir les maladies et leurs complications évitables, coûteuses en moyens sociaux mais juteuses pour les industries du médicament et les médecins à honoraires libres, de revoir le mode de rémunération des professionnels de la santé, de mettre en place de véritables actions de prévention, les politiques s’acharnent à faire porter la responsabilité du déficit de la Sécu par les malades, à déconstruire la solidarité sociale, à s’attaquer aux plus faibles et à aider les riches à s’enrichir encore (13 milliards de cadeaux fiscaux)!
La franchise est socialement injuste, économiquement inefficace et dangereuse pour la santé publique.
Non à la franchise, oui à la solidarité!
J.- M. D., E. K., P. E., Y. G., H. H.PS:
P. S. Merci à Didier Ménard président du syndicat de la médecine générale (SMG).
Les Secrétariats aux Relations Internationales et aux Relations avec l’IFA de la
Fédération Anarchiste, solidaires des compagnes et compagnons du Comité de
Relations Anarchistes du Venezuela, diffusent le texte ci-dessous. C'est le fruit
d'un travail collectif et réfléchi, qui nous offre une analyse de la situation
vénézuélienne d'un point de vue progressiste et révolutionnaire. Notre geste a pour
objet d'enrichir les discussions à partir de points de vue que l'on ne peut
qualifier de "réactionnaire" et pour sortir de la bipolarisation des débats qui se
résumeraient entre "pro" et "anti" Chavez.
Merci de circuler ce texte largement dans vos réseaux.
Solidarité internationale,
Le Secrétariat aux relations internationales de la FA
Le Secrétariat aux relations avec l’IFA de la FA
Venezuela: la gauche non chaviste dialogue et réaffirme ses engagements
Le 5 août dernier, des activistes et militants de différents courants et villes du
pays participèrent à un "Dialogue ouvert: Gauche non chaviste et révolution",
réalisé à Caracas au siège de l'Organisation Nelson Garridos (ONG) et appelé par le
journal El libertario dans le cadre de son numéro 50. Parmi les organisations
présentes se trouvèrent: le Groupe de travail "Peuple et Conscience" (Maracay),
Groupe Troisième Chemin, Croix noire anarchiste du Venezuela, le Centre de
formation idéologique (Barquisimeto), Groupe Défenseurs du Bolivar (Barcelona),
Fondation Jorge Rodriguez (Barquisimeto), Assemblée d'éducation, Connexion
socialiste, Centre d'études sociales libertaires et le Vice rectorat académique de
l'Université Centrale du Venezuela (UCV); ainsi qu'une série d'individualités
impliqués politiquement dans différentes domaines du pays.
L'objectif de l'évènement fut d'ouvrir un des espaces tant nécessaires pour la
reconstruction et la récupération d'un tissu social autonome de base entre les
différents mouvements sociaux et populaires, fragmentés par la polarisation
politique et coopté et immobilisé par l'actuel Etat vénézuélien. Un espace divers
et hétérogène des différentes perspectives qui aspirent à la liberté et à la
justice sociale et qui s'affrontent à l'autoritarisme. L'agenda de la rencontre fut
composée de deux grandes sessions: le matin, destiné à réaliser un diagnostic
collectif de la situation du pays et la suivante, réalisée dans l'après midi, pour
connaitre les différentes opinions sur la façon de configurer une réponse
progressiste et révolutionnaire au phénomène chaviste. La méthodologie a exclu les
exposés magistraux, permettant la possibilité d'un dialogue fraternel dans des
conditions d'égalité des intéressés à travers l'usage de la parole.
Le Venezuela d'aujourd'hui
Le diagnostic collectif sur la situation du pays caribéen converge sur les points
de départ. Au niveau politique, le triomphe électoral du président Chavez par
l'intermédiaire de l'échec du système d'alternance connu sous le nom de
"puntofijismo", inauguré en 1958, a rendu possible la réalisation d'une
Constituante sans changements structurels de l'Etat. En échange, celui-ci fut
réorganisé en fonction de la nouvelle ère du capitalisme connue sous le nom de
"globalisation économique", trouvant son origine dans la symbiose entre la
démocratie parlementaire et la dictature militaire. Malgré de grandes ressources,
l'Etat a été incapable de donner des réponses satisfaisantes aux besoins de la
population, imposant une "paix sociale" à travers les subsides pétroliers. A
rebrousse poil de la diffusion d'une inexistante "démocratie participative
protagoniste", les politiques sociales ont été décrétées d'en haut, dans le cadre
d'une des plus grandes concentrations de pouvoir vues ces dernières décennies et où
toute initiative est du ressort exclusif du Premier Mandataire. Il fut reconnu la
capacité de mobilisation du président et son charisme, ainsi que l'incarnation à
travers sa figure des traditions caudillistes et militaristes présentes dans
l'histoire vénézuélienne. De même que la formation d'un système d'information et de
propagande gouvernemental et efficace au niveau national et international. La
création de différents processus de nature répressive contre les démonstrations de
mécontentement populaire et l'acculement des espaces d'indépendance comme
l'autonomie universitaire et la liberté syndicale furent évoqués. Différentes
interventions réitérèrent leur accord sur la présence d'un "gouvernement
militariste, autocratique, immoral et pétrolier".
En matière économique, un accord se dégagea sur le fait que le Venezuela se trouve
dans le contexte d'une troisième globalisation, marquée par le flux de capitaux
sans territoires et avec des activités qui ne correspondent pas à la production
traditionnelle des biens et services. Ce processus se développe dans le cadre d'une
crise pétrolière qui se décline à travers trois dimensions: climatique planétaire,
de l'être humain et de la crise énergétique. Le pays approfondit son rôle dans la
globalisation capitaliste, il a compté avec des ressources énormes produit des
cours élevés du pétrole, permettant l'apparition d'une nouvelle élite économique,
la "boliburguesia" (mot associant "bolivar" et "bourgeoisie"). Sous la
revendication de "souveraineté énergétique" on rencontre un contrôle du pétrole
brut par les mafias russes, cubaines et vénézuéliennes, en étroite relation avec le
marché global, entrepreneurial et multinational avec une influence des Etats Unis.
Pour cela, on forma les entreprises dites "entreprises mixtes" qui recouvrent des
politiques de rémission. Malgré la manne pétrolière, l'exécutif national maintient
la dévaluation de la monnaie, l'endettement du pays motivé par le coût élevé des
dépenses publiques, et une politique d'imposition régressive, parmi laquelle l'IVA
(1) est un des aspects. Ainsi, les hauts cours pétroliers ont permis une politique
clientéliste basée sur des subsides à différentes initiatives sociales, pour
renforcer ainsi la légitimité de l'Etat et son modèle de développement, auquel il
faut ajouter l'extraction minière.
Sur le terrain social, on a déterminé que ce que l'on appelle le processus
"bolivarien", au lieu d'être un point de rupture, a renforcé les dispositifs de
domination globale: l'individualisme, la dépréciation de "l'autre" et de ce qui
est différent, la mercantilisation du corps, le machisme, la criminalisation des
minorités, le fétichisme de la marchandise et le consumérisme. Depuis 1999, on en
est venu à solidifier un système juridique, administratif et militaire, qui a lié
les mains au mouvement populaire et invisibilisé la gauche révolutionnaire non
alignée avec le gouvernement. Il fut souligné le changement de la signification du
langage par le pouvoir et le vide de sens du mot "révolution". Le tissu social,
comme c'est arrivé dans des périodes antérieures de manne pétrolière, a été
pénétré par le clientélisme, à laquelle on soumet l'électoralisation et la
militarisation, l'action et la participation populaire en organisant un parti
politique (PSUV) à partir de la formation de "bataillons". On questionna de façon
réitérée les politiques traditionnelles qui, médiatiquement, se présentent comme
des porte-paroles de "l'opposition" et on constata l'absence d'un discours
d'antagonisme au chavisme compréhensible pour le citoyen commun. Malgré ce que la
manne pétrolière a permis à la société, les résultats de ce que l'on a appelé les
"missions" sont marginales et insatisfaisantes, et n'ont pas contribuées à élever
la qualité de vie de la population à faibles ressources. Ceci est perçu par les
bases du chavisme, qui a montré des signes croissants de mécontentements. Il en
est de même pour l'augmentation de l'insécurité, perçue par la population comme un
des principaux problèmes de son quotidien.
Une alternative révolutionnaire à édifier
L'architecture d'un antagonisme de gauche au chavisme fut profilée par abondance
d'idées et de propositions, réitérant la nécessité d'accompagner et de renforcer
les luttes concrètes et de continuer le travail que chaque initiative développe. On
coïncida avec des réponses à caractère collectif, plurielles et diverses. La
construction d'un discours et les canaux pour le communiquer, un programme minimum
et maximum. La nécessité de reconnaître et de dépasser les erreurs des différentes
traditions de gauche et ses mythes (Bolivar, ce que l'on appelle "la révolution
cubaine", entre autres), dont le chavisme est un reflet. Complexifier et créer un
troisième pôle sur la scène politique, échanger des savoirs et des outils. Utiliser
différentes formes de communication. Réaliser une nouvelle rencontre en
approfondissant des thèmes et en renforçant des affinités à la mi-août, dans la
ville de Maracay. Un réseau digital se constitua et différentes publications et
films documentaires sur des luttes tant du Venezuela comme du reste du monde furent
distribués et s'échangèrent.
Si vous souhaitez plus d'informations sur cette initiative, vous pouvez communiquer
par email: periodicoellibertario(a)gmail.com ou consulter:
(www.nodo50.org/ellibertario).
Note
1 - IVA: Impuesto al valor agregado, taxe payée sur les achats.

Sommaire & édito du « Monde libertaire » n°1486 du 20 au 26 septembre 2007
Le Monde libertaire est l’hebdomadaire de la Fédération anarchiste, adhérente de l’Internationale des fédérations anarchistes
« Salaires légers, chars lourds » (mai 1968)
Éditorial
Le ploutocrate de Naguy Bocsa veut insuffler dans notre
système législatif
une nouvelle valeur, typiquement anglo-saxonne, l’équité, la justice
rendue en dehors du droit régulier, soit, en ploutocratie, l’égalité
économique adaptée aux classes sociales. Omettant de mettre en avant
les régimes spéciaux des ministres, députés, sénateurs ou autres agents
de la paix sociale tel les soldats, gendarmes ou présidents de la
République, il jette à la vindicte populaire les ouvriers et employés
qui, par leurs luttes, ont réussi à conserver quelques acquis sociaux,
issus de la reconnaissance de la pénibilité de leur travail. Nous
comprenons qu’un sénateur, à 53 ans, soit usé par les discours
lénifiants qu’il doit se taper à longueur de session (quand il est à
son poste, ce qui est rare). C’est pourquoi il peut, dès cet âge-là,
revendiquer ses droits à une retraite non méritée. Mais est-ce en
nivelant les droits sociaux des classes populaires par le bas, tout en
favorisant les patrons, les dirigeants et les forces de répression, que
l’on arrivera à une société plus égalitaire ?
Les grandes centrales syndicales semblent peu se soucier du sort de leurs
syndiqués qui vont subir cette attaque frontale. Si, pour la forme, ils
annoncent qu’ils n’accepteront pas de réformes dont ils ne seront pas les
co-auteurs, ils acquiescent à la pseudo-nécessité de la réforme, prélude à
la casse générale du système de retraite prévue pour après les municipales.
Nul doute que ces apparatchiks soient prêts à trahir la confiance de leurs
mandants pour conserver leurs petits privilèges personnels.
Quant à ceux qui se réclament de gauche, ont les a vus
ensemble, sur la
même tribune, le week-end dernier à la fête de l’Humanité. Le
pseudo-libertaire Besancenot, et les autres représentants de la gauche
soit disant anticapitaliste fricotant avec le premier secrétaire du
parti qui n’a plus de socialiste que le nom.
Pour gagner quelques places de conseillers municipaux, ils sont prêts à se
vendre à ceux qui à la place de Nicolas Sarközy auraient mené les mêmes
réformes et tenus le même discours populiste, ayant les mêmes
commanditaires.
Il faut dire qu’en bon plutocrate, le saigneur de Naguy
Bocsa sait très bien distribuer les charges étatiques, flattant les
points faibles de ses adversaires arrivistes pour en faire ses pantins.
Il ne nous reste plus à nous, les laissés pour compte de ce changement
social qui voit les riches et les puissants se partager le gâteau du
fruit de notre labeur, à prendre nous mêmes nos affaires en main, et
supplantant les capos qui cherchent à nous mettre au pas, à exprimer
notre ras-le-bol dans la rue.
Sommaire
Les raisons de la colère, par Sami Chemin, page 3
Le sabotage au goût du jour, par un Peinard de la CNT, page 4
L’autruche tacle les socialos, page 5
Tout sur les horreurs feutrées, par Mato-Topé, page 5
Nico et le panier de la ménagère, par Jipé, page 6
La France au pas de lois, par J.-P. Levaray, page 7
Septembre morne, par J.-P. Germain, page 8
Communiqué de la Fédération anarchiste sur les retraites, page 8
Cochons de payants, par J. Langlois, page 9
Le centre Flores-Magon, interview par T. Libertad, page 11
Le petit cauchemar du jour, par Nestor Potkine, page 14
Le prix « Ni dieu ni maître » à Jean Le Gal, par Paco, page 15
« L’Endormeuse », de Jacques Vallet, page 17
Les ondes et nous, par P. Sommermeyer, page 18
José Salamé, une vie pour l’anarchisme, par D. Guerrier, page 19
Radio libertaire, page 22
L’agenda, page 23
Rennes le 5 octobre 2007 "Rock against Sarko"
Skuds prod et general strike présentent :
Le vendredi 5 octobre, 19h30, au jardin moderne, Rennes
Dans le cadre de leur tournée "Rock against Sarko"
BRIGADA FLORES MAGON (street punk rock- Paris)
NEVROTIC EXPLOSION (punk-rock - BZH)
CORE Y GANG (Punk celtic- BZH)
JEUNE SEIGNEUR (rock pour jeune seigneur - Brest)
Entrée 9 euros.

Les 29 et 30 septembre, Merlieux (Aisne) va
accueillir son quatrième salon du livre anarchiste. Un rendez-vous
placé sous le signe de l’antimilitarisme et de l’anticléricalisme comme
le suggère très finement l’affiche réalisée par Jacques Tardi.
Les anars picards du groupe Kropotkine de la Fédération anarchiste
récidivent pour le plus grand bonheur des amateurs de livres, de
débats, de musiques et de rencontres conviviales. Le temps d’un
week-end, l’Athénée libertaire de Merlieux va devenir un superbe salon
du livre anarchiste (SLA) doublé d’un forum social libertaire.
La soirée du samedi commencera par un bon repas (à prix libre). Les
affamé(e)s pourront arroser le plat du jour en avalant quelques verres
de la Cuvée 2007 du SLA, un Gaillac bio reconnaissable entre mille
grâce à son étiquette signée Charb.
La fête continuera avec Gérald Dumont, conteur musicien, suivi d’un
concert avec les chanteurs Serge Utgé Royo, Fred Alpi et Bruno Daraquy.
Le dimanche, dès 9h30, la vingtaine d’éditeurs membres du Club du
Livre Libertaire et la librairie Publico ouvriront leurs stands. Seront
également présents la CNT-RP, l’OCL, l’OIP (Observatoire International
des Prisons), le Collectif des Sans-Papiers de l’Aisne (membre du
RESF), Sortir du Nucléaire, le Collectif des Faucheurs volontaires de
Picardie, Front Libertaire (Saint-Nazaire), le groupe espérantiste
Sat-Amikaro, etc.
De nombreux auteurs et dessinateurs (Michel Ragon, Jacques Vallet,
Jacques Tardi, Charb, Thierry Maricourt, Benoist Rey, Tignous…) ont été
invités. Ils dédicaceront leurs livres et causeront avec leurs amis
lecteurs. Promis juré, aucun des 727 romans kleenex annoncés pour la
rentrée littéraire ne sera vendu. En revanche, il sera possible
d’acquérir quelques nouveautés anarchisantes, dont le dernier Grand
Prix Ni dieu ni maître qui a été remis récemment à Jean Le Gal pour son
livre Le Maître qui aidait les enfants à grandir.
Trois débats sont annoncés : Religion et armée - le goupillon et le
sabre de l’autorité (avec Jocelyn Bézecourt), Les mutineries de 1917 et
le problème de l’obéissance en temps de guerre (avec Nicolas
Offenstadt), Israël : une démocratie militariste et théocratique (avec
Maurice Rajsfus). En écho, Bernard Tichot chantera des textes d’Eugène
Bizeau, La Chanson de Craonne... et le groupe La Robinetterie
interprètera des chansons mutines françaises.
Deux films seront également projetés. Putain d’usine, de Rémy
Ricordeau, sera suivi d’une causerie avec Jean-Pierre Levaray.
Visiblement je vous aime, de Jean-Michel Carré, introduira une
rencontre avec Claude Sigala.
Enfin, le salon du livre anarchiste présentera une exposition
étonnante avec des sculptures métalliques de Jean-Pierre Declercq, dont
une œuvre grandeur nature, un Targui chevauchant son dromadaire.
Entrée libre. Buvette et restauration sur place. Stand de maquillage pour les enfants. Possibilité de camping ou d’hébergement.
Si vous ne pouvez pas vous déplacer, c’est dommage, mais ne pleurez
pas. Les grands moments du SLA seront retransmis en direct sur Radio
Libertaire et sur Internet. Une Radio Libertaire Off émettra même sur
la région.
Informations et réservations en écrivant à kropotkine02@no-log.org

Tests ADN pour les étrangers (du tiers-monde) demandeurs de visas ? Ne laissons pas faire ! Luttons, désobéissons !
Le
fascisme a toujours commencé par pourrir la vie des minorités, des
« parias », des étrangers, des boucs-émissaires du moment pour finir
par broyer la population dans son ensemble. Quand la plupart des gens
finissent par s’en apercevoir, c’est souvent trop tard pour réagir : la
peur, brute, gouverne.
Comme dit souvent Maurice Rajsfus dans ses articles pertinents qu’il publie régulièrement dans Le Monde libertaire,
« il ne s’agit pas ici de faire d’amalgame », et, dirais-je, ce n’est
pas parce que UMP peut vouloir dire « Un Maréchal Pétain » que ce parti
est ouvertement fasciste. Il n’empêche, il a de larges relents
extrêmement droitiers – dont le ministère de « l’Identité nationale »
est le symbole le plus nauséeux – et recycle allègrement certaines
pratiques qu’un Le Pen ne renierait pas. Par exemple, le fait
d’inverser la charge de la preuve et de systématiquement considérer les
personnes-cibles comme des coupables (l’étranger - pauvre - n’a pas de
papiers ou a de faux papiers, le chômeur ne cherche pas de travail, le
salarié en maladie embrouille la sécu) faute de preuves du contraire,
n’est-ce pas une preuve, justement, de dérive totalitaire ? C’est même
une définition possible d’un régime dictatorial !
À quand le port du bracelet électronique systématiquement « proposé » à tout demandeur de visa issu d’un pays du tiers-monde ?
Avant tout le monde ?
Parce qu’il est complet sur ce projet d’amendement des
plus honteux, débecquetants, méprisables et gerbants, nous reprenons
ci-dessous de larges parts d’un article du journal Le Monde. Il n’y a rien à y rajouter, si ce n’est, face
au cauchemar que l’UMP met en place jour après jour : luttons,
résistons et désobéissons aux lois inhumaines et iniques, soutenons les
étrangers. Luttes, résistances et solidarités !
Des tests génétiques pour le regroupement familial
par Anne Chemin et Laetitia Van Eeckhout, Le Monde, 14/9/2007
Les députés ont franchi un pas, mercredi 12 septembre,
dans la gestion de l’immigration : la commission des lois de
l’Assemblée nationale a adopté un amendement autorisant le recours aux
tests ADN lors de la délivrance des visas de plus de trois mois. “En cas de doute sérieux sur l’authenticité de l’acte d’état civil”, les agents diplomatiques ou consulaires pourront “proposer” au demandeur d’un visa “d’exercer,
à ses frais, la faculté de solliciter la comparaison de ses empreintes
génétiques aux fins de vérification d’une filiation biologique déclarée”.
Si cet amendement était retenu, la pratique des tests ADN pourrait
devenir massive : les procédures de regroupement familial impliquant
des enfants concernent 23 000 demandes par an.
Au nom de l’éthique, les tests génétiques de filiation
sont strictement encadrés par la loi : en vertu de l’article 16 du code
civil, “l’étude génétique des caractéristiques d’une
personne ne peut être entreprise qu’à des fins médicales ou de
recherche scientifique”. Les procédures de regroupement familial ne répondent pas à ces critères prévus par la loi “relative au respect du corps humain”.
L’auteur de l’amendement contesté, le député (UMP) du Vaucluse Thierry
Mariani, a prévu que les nouvelles dispositions sur l’immigration
interviendraient “par dérogation” à l’article 16 du code civil. Pour le député, ces tests “sûrs et rapides” permettront de répondre à la “fraude documentaire”.
Pour s’efforcer de démontrer l’importance de cette fraude, M. Mariani
s’est appuyé sur un rapport du sénateur (UMP) de la Haute-Loire, Adrien
Gouteyron.
Dans une étude rendue au mois de juin, le sénateur
(UMP) Adrien Gouteyron avait mis en doute l’authenticité des actes
officiels d’état civil fournis par les familles sollicitant des
demandes de regroupement familial. Selon M. Gouteyron, “dans
certains pays, comme le Sénégal, la Côte d’Ivoire, les deux Congo, le
Togo, Madagascar ou les Comores, de 30 % à 80 % des actes d’états
civils sont frauduleux”.
[...]
Cet amendement pose [...] beaucoup de questions. En
Europe, comme dans tous les pays du monde, les filiations juridiques ne
correspondent pas toujours aux filiations biologiques : depuis une
vingtaine d’années, les avancées de la génétique ont permis de
démontrer que les enfants illégitimes sont beaucoup plus nombreux que
l’on ne l’imaginait. Selon la revue scientifique The Lancet, au moins 2,7 % des déclarations de naissance seraient “fausses”
au sens où elles ne correspondent pas aux parents biologiques. Les
chercheurs qui étudient la transmission des maladies génétiques sur
plusieurs générations disent écarter 5 % voire 10 % de leurs
échantillons en raison des discordances de filiation. Ces incertitudes
sur les filiations sont si fortes qu’en France, la pratique ouverte des
tests ADN est formellement interdite : le recours aux empreintes
génétiques ne peut être ordonné que par un magistrat, dans le cadre
d’une procédure touchant aux liens de filiation. En cas d’infraction,
la loi bioéthique de 2004 prévoit une peine d’un an d’emprisonnement et
15 000 euros d’amende. Les Français qui souhaitent vérifier leur
paternité sont donc obligés de s’adresser clandestinement, via
Internet, à des laboratoires étrangers situés dans des pays où la loi
est plus clémente, comme la Suisse, la Belgique ou l’Espagne.
Si les procédures de visa comprennent des tests
génétiques, certains pays du Sud auront probablement du mal à assurer
la disponibilité des tests. La plupart des laboratoires sont situés en
Europe, aux Etats-Unis et au Canada et ils imposent des conditions de
prélèvement complexes : les fragments corporels – cheveux, frottis
buccaux – doivent être prélevés avec du matériel stérile avant d’être
envoyés par La Poste. Les tarifs de ces laboratoires sont en outre très
élevés : actuellement, ce type d’analyse coûte de 200 à 600 euros.
Dans son amendement, le député Thierry Mariani a pris
garde de ne pas faire du test ADN une obligation : les autorités
consulaires ou diplomatiques pourront simplement le proposer aux
candidats. Mais les demandes de regroupement familial sont déjà si
difficiles que les associations craignent qu’un refus de prélèvement
entraîne un rejet de la demande. “On aperçoit clairement les risques de dérives, explique la juriste Danièle Lochak, ancienne présidente du Groupe d’information et de soutien des immigrés (GISTI). Il
est évident que le demandeur qui le refusera aura toutes les chances de
se voir refuser son visa. Et demain, des voix s’élèveront pour imposer
ces tests aux étrangers qui se disent parents d’enfants français.”
[...] souce: FA Toulon
lundi 28 mai 2007
64ième Congrès de la Fédération anarchiste
26-27-28 mai 2007 à Ganges (34)
Motion « Urgence sociale »
Avec 85% de participation à la dernière
élection, le programme de casse sociale et de répression mis en place
par le capital, déjà bien initié par les gouvernements précédents , de
droite comme de gauche, se retrouve encore plus en position de force.
Les plus précaires, les immigrés avec
ou sans papiers, les sans domicile, les mal logés vont être
particulièrement touchés par la radicalisation de la répression et la
suppression du peu de droits à l’accès à la solidarité (CMU ...).
Les perspectives dans le monde du
travail ne sont guère brillantes. Les centrales syndicales, loin de
construire la mobilisation sociale, se résignent en échange de leur
survie à négocier la remise en cause du droit de grève, du code du
travail , du contrat de travail et de faire passer pour de nouveaux
droits la flexisécurité qui n’est que la perte des acquis collectifs de
la classe ouvrière. L’application de l’accord majoritaire entre
syndicats dans les entreprises s’assortit de la dérogation à la
hiérarchie des normes inscrite dans le droit du travail, le patronat
pourrait faire entériner par les syndicats eux-mêmes des mesures
régressives : augmentation du temps de travail sans rémunération
supplémentaire, travail le dimanche... Encore plus vite qu’hier, les
salariés se retrouvent dans l’isolement, la mise en concurrence, la
précarité. Par cette nouvelle organisation du travail, les possibilités
de s’organiser et de se défendre vont très vite être réduites à néant.
Avec la mise en place du programme
ultra-sécuritaire qui nous est promis, l’état va exercer une répression
sans frein et sans contrôle de tous les mouvements de contestation
s’échappant des manifestations encadrées par les partis ou les
syndicats institutionnels. La justice pourra condamner très sévèrement
(peines de prison ferme) les manifestants ou militants "serrés" par les
flics et accusés sans preuve (pour outrage ou rébellion).Ces
condamnations serviront d’exemple pour tenter de faire taire toute
velléité de révolte des opprimés.
En contraste avec la résignation d’une
majorité de la population, qui n’a pour alternative politique qu’une
gauche idéologiquement moribonde, une gauche de la gauche de plus en
plus consensuelle et éclatée, des centrales syndicales s’enfonçant
encore plus dans la cogestion et abandonnant la lutte de classe, la
bataille contre le C.P.E. ou celle des ouvriers d’Airbus Industries par
leur dynamisme et leur auto-organisation (action directe) nous ont
montré que des leviers existent pour faire basculer la situation et
faire échouer les attaques qui nous sont lancées.
Organisons-nous dès maintenant contre
le boulot de sape des directions des centrales syndicales et des
partis, nous devons engager la résistance sur des bases
autogestionnaires. Nous , militants anarchistes, nous nous trouverons
aux côtés de tous ceux qui luttent contre l’exploitation et
l’oppression.
L’urgence sociale est à la lutte !
Fédération anarchiste
le 27 mai 2007
64ième Congrès de la Fédération anarchiste
26-27-28 mai 2007 à Ganges (34)
Motion de congrès
Auto-organisation des travailleurs-euses,
Auto-organisation des lieux de vie !
Aujourd’hui plus que jamais le
capitalisme précarise et parque les travailleurs-euses. Sous couvert de
rénovations urbaines et de Grands plans de ville, les politiques, de
gauche comme de droite, n’ont eu qu’un seul but : la gestion
sécuritaire de l’espace urbain et rural. Habitat social, HLM et zones
pavillonnaires ne sont là que pour mieux contrôler les groupes sociaux.
Un exemple parmi tant d’autres : si les banlieues protestent, on les
karchérise.
L’espace géographique n’est plus le
résultat d’une politique, plus ou moins vague, d’urbanisme, mais bel et
bien une construction intentionnée de l’Etat pour contrôler au mieux,
efficacement, les populations enclines à la révolte : expulsions de
squats politiques à travers l’Europe, répression des sans domicile fixe
(lois anti-mendicité, anti-bivouac,...), gestion para-militaire des
banlieues (renforcement des milices appelées « municipales », création
de la police régionale des transports, utilisation massive des
CRS,...)... Répression à tous les étages !
Même les couches moyennes commencent à
en sentir l’effet... Avec la multiplication des zones et banlieues
pavillonnaires où la voiture est essentielle ! Là se retrouvent des
politiques régressives. Politique sécuritaire : caméras de
surveillance, interventions brutales des forces de l’ordre, transports
en commun desservant très mal les banlieues populaires, tarifs
exorbitants, propagande publicitaire du tout voiture,... Politique
économique libérale : endettement des foyers, destruction du tissu
socio-économique, ventes à la découpe,... De même, les sans logis et
les sans logés* sont une variable d’ajustement du marché immobilier,
tout comme les chômeurs-euses pour le marché de l’emploi.
Le/la locataire n’est finalement qu’un-e travailleur-euse. Flexibilité
au travail : flexibilité géographique. Lors de certaines
délocalisations, n’explique-t-on pas aux salarié-e-s qu’ils /elles
peuvent garder leur travail... à condition qu’ils/elles déménagent à
l’autre bout de l’Europe ? Et que penser des zones franches urbaines
(et autres manipulations) qui réduisent les charges sociales et
fiscales que les entreprises payent à la collectivité ? Et les centres
villes, où habitent souvent les plus riches, qui font s’envoler le prix
de l’immobilier ? Sous couvert de rénovation, ils/elles créent une plus
value financière et donc des loyers hors de prix pour les précaires et
les travailleurs-euses modestes.
Nous proposons de nous organiser
collectivement, sur les lieux de travail... et nos lieux de vie ! Nous
ne devons plus laisser le terrain de certaines luttes, comme celles du
logement. Quand nous parlons de luttes sur le logement, nous
n’entendons pas les seules luttes des sans-logis ou mal logés, mais
bien de toutes les luttes qui remettent en question continuellement la
spéculation du logement : auto-réquisition, squats artistiques,
habitats alternatifs, nomadisme, gratuité des transports urbains, lieux
associatifs et syndicaux autonomes des institutions publiques, etc...
Nous devons développer les liens, et bien plus, entre les
« précarisé-e-s du logement ». Concrètement, cela peut passer par un
travail de terrain. En s’associant à des initiatives de résistances et
de solidarités, à des comités de sans-logis, des collectifs de
dénonciation de la politique urbaine. En réquisitionnant des bâtiments
pour et avec les sans-logis et les mals logés, en s’opposant aux
expulsions.
Il n’y a pas un chemin unique vers
l’autogestion ; mais l’autogestion sera le chemin vers l’émancipation
de chacun et chacune. Dans chacune de nos démarches, nous devons
appliquer, expliquer et démontrer nos valeurs politiques : libertés,
émancipation, autogestion, fédéralisme,... Ce n’est qu’en mettant en
pratique nos fonctionnements collectifs (rencontres, débats, dialogue,
démocratie directe,...) que l’on peut convaincre et fédérer, que l’on
pourra créer la solidarité... par le fait ! Créons, Re-créons,
développons des lieux de vie autonomes pouvant regrouper les
travailleurs-euses, les prolétaires, les artistes, les étudiant-e-s,
etc... Discutons et débattons d’alternatives à l’habitat que l’on nous
propose. Portons hors de l’entreprise et des mouvements sociaux nos
pratiques autogestionnaires.
* Bâtiments vides
Fédération anarchiste
Le 27 mai 2007
 Qu'est ce que la Fédération anarchiste?La Fédération anarchiste
est un groupement de militants politiques organisé sur le principe du
libre fédéralisme (c'est-à-dire la libre association) garantissant aux
groupes et aux individus qui la composent la plus grande autonomie afin
de permettre le pluralisme des idées et des actions, dans le cadre d'un
pacte associatif que nous appelons nos " principes de base "
(disponibles sur demande). C'est notre outil de lutte qui doit être
fonctionnel et rationnel. Nous rejetons en effet tout fétichisme
d'organisation. Pas de hiérarchie donc pas de chefs chez nous!
C'est à tous les militants et militantes qu'il appartient de faire
progresser leur organisation. Nous ne reconnaissons pas la division
dirigeant/exécutant, la participation effective des militants et
militantes aux structures collectives de l'organisation est un principe
d'éthique et de solidarité. Ces structures fédérales sont: le Monde libertaire hebdomadaire, Radio libertaire, hier parisienne, aujourd'hui planétaire, et la librairie du Monde libertaire, à Paris
également. En dehors de ces oeuvres fédérales, les groupes ont aussi
des locaux, souvent des librairies, éditent des revues, menant ainsi
leur propre activité au niveau local. Les buts de la FA
Nous
sommes pour une révolution radicale et globale, à la fois économique et
sociale; pour détruire la société fondée sur la propriété privée ou
étatique des moyens de production et de consommation; pour la
suppression de toutes les formes d'exploitation, de hiérarchie,
d'autorité. Cette phase de destruction est nécessaire et c'est
sans doute pour cela que certains ne voient ou ne veulent voir les
anarchistes que comme des partisans fanatiques du désordre. Qu'ils
regardent autour d'eux et qu'ils nous expliquent comment faire pire! Les
anarchistes sont, au contraire, partisans d'une société organisée d'une
manière beaucoup plus rationnelle et logique que la jungle capitaliste
ou les dictatures marxistes-léninistes. Il s'agit, dans le cadre d'une
société libertaire, non pas de gouverner les hommes mais d'administrer
les choses au profit de la collectivité tout entière. Nous
voulons construire une société libre sans classes ni État, sans patrie
ni frontières, avec comme objectifs: l'émancipation des individus;
l'égalité sociale, économique et politique; la liberté de création; la
justice; l'éducation libertaire et permanente; l'organisation sociale
sur les bases de la libre fédération des producteurs et des
consommateurs (autogestion); la démocratie directe; une économie
tournée vers la satisfaction des besoins; l'abolition du salariat;
l'écologie; la libre union des individus ou des populations; la liberté
d'expression; la libre circulation des individus. Voilà en
quelques lignes un aperçu de ce que veulent construire les militants et
militantes de la Fédération anarchiste. Rendre possible l'édification
d'un ordre social fondé sur l'entraide, la solidarité, sur le respect
absolu de l'intégrité physique et morale de l'individu, voilà l'idéal
qui nous anime et que nous souhaitons partager avec le plus grand
nombre pour un monde meilleur.
ISRAËL-PALESTINE, UNE VICTOIRE DES ANARCHISTES
mardi 11 septembre 2007,
La
Cour Suprême d’Israël a fait droit à la demande de restitution des
palestiniens du village de Bil’In dont le territoire a été amputé de
quelques 250 acres par la construction du mur qui ici, comme presque
partout, a largement confisqué de nouvelle terres palestiniennes. Ce
verdict n’aurait jamais pu être obtenu sans la ténacité des habitants
et le soutien constant que leur ont apportés les anarchistes de
« Anarchists against the Wall ».
L’article ci-après est une interview d’un des membres de AAW par Haaretz.
ISRAËL-PALESTINE, UNE VICTOIRE DES ANARCHISTES
Traduit de Haaretz, presse bourgeoise israélienne, par J.M. pour « Rébellion »/Espagne.
Traduit de l’Espagnol par Lancien.
« Je me rappelle le moment où je marchais au sein d’une
foule de palestiniens », raconte un des activistes israéliens qui a
pris part aux manifestations continuelles près du village de Bil’in,
cette semaine. Ces manifestations ont permis que la Cour de Justice
prenne la décision que soit revu le tracé du mur de séparation qu’élève
Israël près du village. « J’ai servi dans l’armée, donc mon premier
instinct a été de bien enregistrer les consignes de l’organisateur et
de veiller à ce que nous avancions de manière adéquate. Les
palestiniens criaient “Allah Akbar”, ce qui, paraît-il, est le
cauchemar de tout soldat israélien, mais immédiatement j’ai pris
conscience que j’étais avec eux, qu’ils n’étaient pas mes ennemis. »
On doit comprendre. Quelqu’un qu’il est allé manifester
à Bíl’in sait qu’il court le risque non négligeable d’être blessé de
plusieurs façon par « son » armée : à coup de matraques, par gaz
lacrymogènes, balles de caoutchouc. Sans doute quelques-uns ont cherché
cette violence, et d’autres ont réussi à garder leur sang froid face à
elle. Cela fait partie de la règle du jeu. La violence des soldats et
de la police de la frontière utilisée contre les manifestants
israéliens ce vendredi ordinaire à Bíi’lin, a dépassé celle utilisée
dans les confrontations avec les colons pour évacuer la colonie de Gush
Katif. Malgré ceci, quelques centaines d’israéliens participent aux
manifestations de Bíl’in chaque vendredi, sans faiblir, dans les
derniers deux an et demi. Ils n’ont pas toujours été présents ensemble.
Quelques fois cinq, d’autres fois cinquante, parfois cent. Mais ils
venaient.
Beaucoup de ces manifestants étaient jeunes, et ils
étaient clairement identifiés par leurs pancartes « Anarchistes contre
le mur ». La gauche sioniste n’était pas représentée, pas plus que Paix
Maintenant ou Meretz (quelques parlementaires de Meretz ont assisté,
occasionnellement, les arrêtés, mais sans plus). De chevronnées
organisations de gauche non sionistes ont soutenu et ont fourni une
assistance logistique, mais il n’en reste pas moins que l’initiative
provenait des anarchistes. Les autres ont abandonné la bataille.
Sans doute c’était un petit groupe. Personne, y compris
les plus furieusement gauchistes ou les plus vigoureux opposants à
l’occupation, n’était disposé à prendre part au manifs pour recevoir
des coups de bâtons, courir de haut en bas sur les pentes du terrain,
respirer du gaz lacrymogène ou se faire arrêter. Sans être un nombre
insignifiant, ce groupe de gens était disposé à faire face au Pouvoir.
À Bíl’in, l’objectif était simple et tangible : restituer la terre aux
Palestiniens.
Il sera intéressant de voir quel sera leur prochain objectif.
Voir sur Anarkismo.net (en anglais, portugais et turc) sur lequel vous pourrez voir photos et vidéos : http://www.anarkismo.net/newswire.p...
COMMUNIQUE DE LA FEDERATION ANARCHISTE
Dans son entreprise de destruction des acquis de la classe ouvrière, le système capitaliste mandate une fois de plus l’Etat pour mener une nouvelle offensive : l’annonce par le premier ministre Fillon d’une « réforme » des régimes spéciaux de retraite constitue une étape décisive dans la marche vers la création d’un esclavage moderne. Précédée par les ordonnances Balladur d’août 1993, qui portaient à 40 ans la durée de cotisation dans le secteur privé, et par la loi de 2003 du même Fillon, qui prévoyait l’alignement du public sur le privé et l’allongement progressif à 41, 42 annuités, cette mesure serait prise par souci « d’équité » !
On mesure aujourd’hui la portée de l’attitude des centrales syndicales qui ,en mai 2003, ont tout fait pour enrayer l’organisation de la lutte par les travailleurs eux-mêmes. A l’époque, en échange de la trahison de la CFDT, de l’attitude « responsable » de la CGT, de l’appel trop tardif de FO à la grève générale, promesse avait été faite de ne pas s’attaquer aux régimes spéciaux, ce sont les mêmes aujourd’hui qui donnent le change en évoquant une rude confrontation, qu’elles s’évertueront encore à empêcher… En pleine décomposition politique, le Parti Socialiste prouve une nouvelle fois, s’il en était besoin, qu’entre le gouvernement et lui, il n’y a pas l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarette : le « rénovateur » Manuel Valls applaudit à tout rompre et se fait le porte-parole officieux d’un appareil politique qui n’en pense pas moins, puisqu’il aurait agi de même s’il avait été au pouvoir.
Pour la Fédération Anarchiste, il est hors de question de laisser la classe des possédants pressurer la travailleurs, leur faire perdre leur vie à la gagner ; il est hors de question de voir se généraliser le cas de ces femmes et de ces hommes usés par des tâches dégradantes qui ne survivent que deux ou trois ans à leur départ en retraite ; il est hors de question de voir les rues se remplir de retraités pauvres, sans logis et sans accès à la santé, tant il est vrai que la destruction des retraites trouve son corollaire dans celle de la Sécurité Sociale. Les retraites n’appartiennent qu’à ceux qui produisent les richesses ; pour la Fédération Anarchiste, si les régimes spéciaux doivent aujourd’hui être défendus, c’est parce qu’ils sont plus conformes aux intérêts de la classe ouvrière que le nouveau projet du pouvoir…Qu’un hobereau dont la tradition familiale était de tuer les paysans à la tâche trouve « indigne » de partir en retraite à 55 ans, alors qu’il fait payer ses vacances par ceux dont il défend les privilèges, et qu’il recevra une confortable pension à vie après son mandat électif relève de la provocation, et doit recevoir une réponse proportionnée.
La Fédération Anarchiste appelle donc les travailleurs de la SNCF, de la RATP , d’EDF, de GDF, mais aussi tous les salariés du public et du privé, ainsi que les jeunes et les précaires que l’allongement de carrière de ceux qui ont un emploi condamne à une vie indigne, à organiser la grève sur des principes autogestionnaires, et à ne pas arrêter le mouvement sous la pression des hiérarchies syndicales réformistes ; elle appelle à prendre le contrôle de l’outil de travail, et à ne pas le rendre.
Fédération Anarchiste.
Le Monde libertaire # 1485 du 13 au 19 septembre 2007
Hebdomadaire de la Fédération anarchiste, adhérente de l’Internationale des fédérations anarchistes
« Ce n’est pas l’homme,c’est le monde qui est devenu anormal.»
Antonin Artaud
Sommaire du Monde libertaire # 1485 du 13 au 19 septembre 2007
La rentrée des crasses du petit Nicolas, par Grégory Chambat, page 3
Les comptes du Malodor, par D’jo, page 4
Saint-Bernard , 11 ans après, par D’jo, page 4
Politovskaïa vite oubliée,par C. Danis, pages 5
Un ministre bien zélé, par M. Rajsfus,pages 5
Le lion qui voulait bouffer du coq, par Hertje, page 7
Tour du monde des luttes syndicales, par Pat, page 9
Israël , un village d’irréductibles gagne une victoire, par Hertje, page 10
Nicolas s’en va-t-en guerre, mironton, mironton, mirontaine, par S. Chemin, page 11
Petit manuel du squatteur , par N. Potkine, page 13
Fresques de vies de sans-papiers, par S. Jacaré, page 18
Le matérialisme, toute une histoire, par J.-M. del Percio-Vergnaud, page 20
Radio libertaire, page 21
Agenda, page 22
Éditorial
Certaines gazettes nous avaient promis un «septembre noir» La cigogne est en retard ou s’est trompée de chemin ! Entre enseignants, cheminots et autres, on semble avoir encore l’arme au pied.
Pourtant, le gouvernement augmente la pression ; la dernière facétie étant le projet d’une réforme des régimes spéciaux de retraite (SNCF, EDF, GDF, RATP…) et cela par décret.
L’information avait été lâchée par les directions confédérales de la CFDT et de la CFE-CGC et reprise par la Tribune et Marianne. CGT et FO avaient aussitôt menacé de déterrer la hache de guerre, poussant ainsi le gouvernement à démentir. Mais le danger d’un grand mouvement social comme en 1995 est-il pris au sérieux par les pouvoirs publics? Comme on le caricaturait dans l’Assiette au beurre au début du siècle dernier, la bête sociale n’a peut-être plus assez de dents pour mordre.
Loin d’une grande mobilisation du monde salarial, les représentants sont enlisés dans des réunions avec le Medef. Ça cause « modernisation du monde du travail », de la façon d’aborder le sujet. Bref, du côté syndical on évalue la taille de la couleuvre à avaler. On sait bien sûr que, pour la part patronale, ce sont contrats de travail revus à la baisse, licenciements « plus faciles », et tutti quanti. Pour relever la sauce, le locataire fébrile de l’Élysée menace de trancher en légiférant. Dans ces conditions, le patronat organisé a tout intérêt à laisser s’ensabler les négociations et à attendre le diktat des pouvoirs publics.
Triste tableau de rentrée avec en fond la Coupe du monde de rugby où le sport business devrait contibuer à la croissance économique et à l’unité patriotique de notre bel Hexagone.
La présidente du Medef, Laurence Parisot, martèle son discours en déclarant qu’il « faut cesser de raisonner à partir du consommateur ». Elle voudrait même que la «liberté d’entreprendre» soit inscrite dans la Constitution. En attendant que le droit de grève n’y soit plus ?
Côté Europe, c’est pas mieux : le tribunal du travail de Nuremberg a interdit une grève des conducteurs de la Deutsche Bahn (SNCF allemande) pendant les vacances scolaires. Faut-il compter sur la Confédération européenne des syndicats pour rectifier le tir ? Temps maussades pour la Sociale, espérons que de la réalité quotidienne naîtront d’autres futurs. Si mobilisation il y a, elle se fera malgré les directions des boutiques syndicales.

Université à vendre ! La politique du baccalauréat pour tous fait que le nombre d’étudiants a considérablement augmenté, alors que les moyens universitaires, eux, n’ont pas bougé d’un iota . Le « manque de moyens des universités » est donc une situation crée de toute pièce par la volonté des gouvernements successifs, de droite comme de « gauche ». Toute la politique à venir est appuyée sur ce merdier, mais bien entendu à la faveur des patrons, dans la droite suggestion du fameux « Rapport Hetzel », appelé aussi « De l’université à l’emploi ». L’idée générale de ce rapport est la suivante : beaucoup de filières universitaires présentent des débouchés inférieurs à leur population (Sciences Humaines en particulier). D’emblée, le rapport biaise le débat en présentant l’université comme une formation professionnelle, ce qu’elle n’a pas vocation à être, même si la pression du système extérieur est considérable et tend à imposer cet objectif. Toute la logique du Rapport Hetzel est concentré dans cette dichotomie : au nom de la réussite professionnelle des étudiants, c’est tout le développement culturel global de la population qui est menacé. Le rapport propose, entre autres mesures, d’instaurer une orientation sélective à l’entrée de la Licence : les étudiants seront « informés » et fortement incités à choisir des filières qui présentent des taux de réussite et d’intégration plus forts. C’est donc une forme de sélectivité supplémentaire qui s’instaure à l’entrée de l’université, déjà marquée par son manque d’ouverture aux milieux populaires, accentué par la hausse des frais d’inscriptions. Pire : à partir du moment où on introduit une différenciation des filières non plus par le contenu mais par des motivations économiques, on les hiérarchise. Ensuite, c’est l’œuf et la poule : une filière offrant des débouchés sera plus financée par les patrons locaux, qui seront bien contents d’avoir une main d’œuvre prête à l’emploi en sortie de cursus. Ce qui impliquera une attractivité considérablement affaiblie (et donc des places très restreintes, ou très chères) dans les filières non souhaitées par le patronat. A terme, on aura donc des filières sans financement, que seuls des acharnés (ou de riches oisifs…) pourront suivre, et d’autres qui varieront au grès des envies des patrons. Le rôle culturel de l’Université, comme réservoir de progrès de la connaissance à long terme et lieu de formation par essence inutiles à court terme et non corrélés à la bêtise économique, sera donc complètement atrophié, sinon annihilé. La loi Pécresse sur l’autonomie des universités est un pas en avant de plus dans l’application de ce vaste programme de privatisation (pardon, d’« autonomie »…), déjà entamé sous le gouvernement PS-PC-Verts (Allègre, Lang…), puis continué par la droite depuis 2002 (Ferry, Fillon, de Robien…). Le ton est donné dès l’article 1, où l’orientation et l’insertion professionnelles deviennent une mission officielle de l’Université. Ensuite, le projet renforce le pouvoir du Conseil d’Administration (ou siègent notamment des membres du MEDEF…), et celui de son président. Celui-ci bénéficiera de responsabilités et de compétences élargies : il sera à même de recruter, sur fond propre de l’université, employés, enseignants et chercheurs. Le CA pourra aussi définir les obligations des service des enseignants-chercheurs : c’est la fin de leur statut national, déjà mis à mal . Depuis 2006, les établissements peuvent assurer des prestations de service à titre onéreux, exploiter des brevets et licences et commercialiser les produits de leur activités. Pécresse se propose en plus d’installer les mécénats « à l’américaine », dont on connaît les pressions et les dérives dans l’orientation de la recherche (OGM, nucléaire…). C’est donc le glas de l’université publique qui est sonné. La mainmise des entreprises sur l’Université, pour des vues de rentabilité à court terme, sera totale, soumise aux intérêts privés locaux. A nous d’enrayer ce processus ! Luttons pour une Université libertaire, dégagée des intérêts de l’Etat et des capitalistes ! Pour un accès au savoir libre et gratuit, ouvert à tous, tout au long de notre vie ! Groupe de Caen de la Fédération Anarchiste Pour tout contact : fa-caen@no-log.org www.federation-anarchiste.org

Petite claque aux idées reçues ? Les gens de pouvoir, les médias utilisent à profusion le terme anarchie pour désigner le chaos économique, politique et moral de notre société. L'emploi du mot anarchie tendrait à faire croire que ce monde est livré aux mains de forces diaboliques qui veulent renverser le bel édifice que les peuples disciplinés, conduits par les Etats, ont bâti au cours des siècles. Pourtant, ce sont bien les Etats qui se partagent et gouvernent la planète. C'est bien à eux que l'on doit le désordre économique dans lequel nous vivons. Faire mieux que les Etats dans les domaines du chaos et de l'horreur est difficile... Qui peut croire encore que le pouvoir est synonyme d'organisation ? Ceux qui vivent du pouvoir, très certainement. Mais pas les anarchistes. Le chaos institutionnalisé, le pouvoir et l'esclavage ont fait leur temps. Aujourd'hui, choisir l'anarchisme, c'est faire preuve de réalisme et de sens organisationnel. Nos détracteurs (des fascistes aux marxistes en passant par les démocrates) nous considèrent comme des terroristes ou des idéalistes en retard d'une révolution. Il y a ceux aussi qui prétendent défendre l'anarchisme, mais qui préconisent une société sans règle, sans morale, sans contrainte, dans laquelle on pourrait faire ce que l'on veut. Quel choix le citoyen raisonnable pourra-t-il faire entre les propositions d'autoritaires de toutes sortes qui ont montré leur faillite, et celles des nihilistes de tout poil qui prétendent que demain on rasera gratis, tout étant résolu par la suppression pure et simple de toutes les institutions mises en place jusqu'à nos jours ? La pensée libertaire englobe un projet de société différent de tous les modèles connus jusqu'à présent. C’est l’état d'un peuple, et plus exactement encore, d'un milieu social sans gouvernement. Hormis les anarchistes, tous les philosophes, tous les moralistes, tous les sociologues, y compris les théoriciens démocrates et les doctrinaires socialistes, affirment qu'en l'absence d'un gouvernement, d'une législation et d'une répression qui assure le respect de la loi et sévit contre toute infraction à celle-ci, il ne peut y avoir que désordre et criminalité.
Les anarchistes affirment que “l'anarchie est la plus haute expression de l'ordre ”.
Notre ordre repose sur l'entente (principe de Liberté, opposé au principe d’Autorité). Au contraire, les autres propositions d'organisation de la société -socialisme, libéralisme, marxisme…- ont toujours octroyé à une minorité de privilégiés le droit de gérer la société à la place des concernés et pour leur propre profit. Ce mode de gestion porte un nom : l'État. L'État est l'expression politique du régime économique auquel est soumise la société. Il permet et justifie l'oppression et l'exploitation de l'homme par l'homme : il confisque à l’individu son pouvoir -en dictature comme en démocratie (élections)- et met ce pouvoir au service du capital (répression des mouvements sociaux, aides financières…). L'État, à force d'être omniprésent, finit par se superposer à la société, et tente de faire croire qu'en-dehors de lui elle ne saurait fonctionner. Cette illusion est d’autant plus pathétique que l’Etat constitue de fait un groupe social à part entière, coupé des réalités des individus et des autres groupes sociaux. Il ne sert qu’à maintenir l’ordre (fonctions législative et répressive) au service des intérêts de la classe exploiteuse, qu’on la nomme patronat, bourgeoisie ou nomenklatura. Il s'appuie pour cela sur une morale dégradante et humiliante pour l'être humain, secondé en ce sens par la religion qui légitime elle aussi l'exploitation et la domination, se contentant parfois d'en condamner les manifestations les plus brutales, sans jamais émettre de critique de fond ni proposer d’autre modèle que patriarcal, conservateur, hiérarchique et caritatif. Les anarchistes refusent ce modèle sociétaire, oppresseur, exploiteur, négation de l'individu et de ses aspirations. Ils cherchent par tous les moyens à montrer qu’il est possible et souhaitable de vivre dans une société égalitaire, gérée directement et librement par ses diverses composantes : individus, groupements sociaux, économiques, culturels, et ce dans le cadre du fédéralisme libertaire. Le refus de l'autorité. Le refus de l'autorité n'est pas apparu avec les théories libertaires. Il les précède largement au travers des actes, des attitudes d'individus ou de groupements sociaux. Certains événements historiques nous le rappellent : par exemple les révoltes des esclaves dans la Rome antique, les jacqueries paysannes du Moyen âge, l'essor de la Renaissance, les philosophes des Lumières, la Révolution française. Plus près de nous, ces théories ont participé au déclenchement de la Révolution de 1848, de la Commune de Paris, de la Révolution russe et de la Révolution espagnole. Autant de lieux, de situations, dans lesquels des hommes ont cherché à desserrer, voire à abolir l'étau oppressif dans lequel ils se sentaient pris au piège. En replaçant ces événements dans le contexte historique et social qui leur a donné naissance, on s'aperçoit qu'ils visent le même but : l'amélioration des conditions d'existence, le partage des richesses, le droit à la connaissance, l'instruction, le bien-être, bref une aspiration au bonheur. Ces mouvements de révolte ont été pour la plupart écrasés (les esclaves, les paysans, la Commune de Paris), ou récupérés au profit d'une classe ou d'un parti (la bourgeoisie émergente sous la Révolution française, les Bolcheviks dans la Révolution russe), ou encore détournés de leur but (les monarques dits “éclairés” du Siècle des Lumières). Car malgré l'embryon de liberté qu'ils contenaient, ils n'étaient pas suffisamment forts ni structurés pour renverser le cours des choses. Ils étaient des utopies dans le sens où ils ont osé projeter sur l'écran de l'avenir des images en contradiction avec celles de leur temps. Héritages. Cet héritage philosophique a été théorisé puis mis en pratique au XIXè siècle, coïncidant en cela -et non sans raison- avec l'apparition du nationalisme et de l'étatisme. On s'accorde aujourd'hui à dire que Pierre-Joseph Proudhon est le "père" de l'anarchisme, le théoricien du système mutualiste et du fédéralisme, et l’inspirateur du syndicalisme ouvrier. Son influence sur le mouvement ouvrier a été réelle, puisqu'au sein de l'Association Internationale des Travailleurs (A.I.T.) existait un courant nettement proudhonien. Le Congrès de Saint-Imier (1872) jette les bases de l'anarchisme. Les délégués réunis proclament “que la destruction de tout pouvoir politique est le premier devoir du prolétariat ”, “que toute organisation d'un pouvoir politique soi-disant provisoire et révolutionnaire pour amener cette destruction, ne peut être qu'une tromperie et serait aussi dangereuse pour le prolétariat que tous les gouvernements existant aujourd'hui... ”. Ces idées, reprises de Michel Bakounine et de la Première Internationale, resteront présentes jusqu'à nos jours. Elles seront l'apanage de Louise Michel (Commune de Paris), du 1er Mai 1886 (Etats-Unis), de Fernand Pelloutier (Bourses du Travail), des explications du monde d'Elisée Reclus, éminent géographe, de Pierre Besnard (anarcho-syndicalisme), de Pierre Kropotkine et du communisme libertaire, de Paul Robin et de son école libertaire de Cempuis, de Jean Grave et de ses quarante ans de propagande anarchiste, de Gustave Landauer, fusillé par la soldatesque en 1919 pour sa lutte au côté des Conseils Ouvriers de Bavière, de Nestor Makhno et de son engagement dans la révolution russe, de Sacco et Vanzetti, assassinés par chaise électrique pour leurs idées, d'Erich Mühsam, poète et dramaturge allemand, mort dans un camp de concentration en 1933, de Buenaventura Durruti pendant la guerre d'Espagne et ses réalisations libertaires, d'Armand Robin et ses langues multiples, pour ne citer que quelques-uns. Après la seconde guerre mondiale, elles resurgiront et verront la création de la Fédération Anarchiste Francophone, de l'Internationale des fédérations anarchistes dans le monde; elles impulseront la reconstruction de la Confédération Nationale du Travail, anarchosyndicaliste, affiliée à l'A.I.T., elles souffleront dans les rangs de Mai 68 et de la contre-culture, dans le mouvement social... De l'anarchie à l'anarchisme. Ainsi donc, l'anarchie est ce que nous entrevoyons (société libertaire) ; l'anarchisme est le mouvement social qui poursuit la réalisation de l'idéal anarchiste. L'anarchisme est une lutte incessante, sous les formes les plus variées, contre les préjugés, l’obscurantisme, le fait autoritaire. Il s'articule principalement autour de deux types de tâches : les unes destructives, les autres reconstructives. Les actions destructives consistent à saper profondément le principe d'autorité dans toutes ses manifestations, le démasquer, combattre toutes les manœuvres par lesquelles il tente de se réhabiliter et de se survivre sous une autre forme. Les actions reconstructives, parfois parallèles aux destructives, visent à mettre en place un fonctionnement fédéraliste et de gestion directe. Pour cela, il faut un outil adapté, une organisation… Organisation. L'organisation est fonction du degré de conscience, atteint par les discussions, débats et confrontation d'idées, et dans l’action. Plus cette conscience sera grande et plus la vitalité de l'organisation sera élevée. Pour aboutir à une organisation souple et forte, en même temps conforme à l'esprit libertaire, il faut aller de la base au sommet, de l'unité au nombre, du particulier au collectif. Nous nous accordons entre individus et groupes sur un ensemble de principes généraux, de conceptions fondamentales et d'applications pratiques : c'est le fédéralisme qui permet à chacun de rester lui-même, de se soustraire à tout écrasement, de garder son autonomie, de prendre une part active à la vie de l'organisation, d'émettre son opinion. Une telle organisation laisse à chacun de ses éléments la totalité des forces qui lui sont propres, tandis que par l'association de ces forces, elle atteint elle-même son maximum de vitalité. Action. L’action n’est pas l’agitation. Elle doit correspondre à un but, la révolution libertaire, et à une stratégie, plus circonstancielle. Parfois, la situation sociale est provisoirement calme, parfois elle s’emballe. L’organisation doit s’adapter à ces différentes phases. En tout état de cause, la place des militants anarchistes est dans la lutte sociale, expression de la lutte des classes, y compris dans les luttes dites réformistes (lutte contre la précarité, contre les licenciements, augmentation des salaires, défense des services publics…), avec nos pratiques antiautoritaires et d’action directe (contrôle et révocabilité des mandatés…), et nos perspectives d’ensemble. C’est de la confrontation entre nos idées, nos pratiques, et les masses, que peut surgir ou naître progressivement la conscience révolutionnaire. Des propositions. L'anarchisme, enfin, est un ensemble de propositions et de pratiques tendant à l'émancipation totale de l'homme en société. Si la société existe en tant qu'entité sociologique, l'individu existe tout autant, sans rapport hiérarchique à cette société. C'est donc l'harmonie entre ces deux éléments que recherchent les anarchistes.
L'émancipation est de triple nature. Emancipation économique d'abord, par la réappropriation des outils de production, leur gestion directe par les travailleurs eux mêmes, et par la répartition égalitaire des richesses. Emancipation politique ensuite, par le remplacement de la bureaucratie d'État, par une organisation fédéraliste des secteurs de la société, maintenant la cohésion et préservant l'autonomie. Emancipation intellectuelle, enfin, via la prise en charge par l'individu de son rôle social, reléguant la religion et toute forme de soumission au musée des horreurs. Une société sans classe et sans Etat, organisée par et pour les femmes et les hommes, voilà ce que veut l'anarchisme. L'anarchiste est par tempérament et par définition réfractaire à tout embrigadement qui trace à l'esprit des limites et encercle la vie. Il nie le principe d'autorité dans l'organisation sociale. Il ne peut donc y avoir de catéchisme libertaire. L'organisation anarchiste de la société, émanation directe de la volonté des individus et des groupements sociaux, ne pourra se réaliser qu'en dehors et contre la tutelle de tous les organismes et structures autoritaires établis sur l'inégalité économique et sociale. Les fondements éthiques et organiques du fédéralisme libertaire sont : la liberté comme base, l'égalité économique et sociale comme moyen, la fraternité comme but. Cette définition marque la profonde différence entre le fédéralisme libertaire et le “fédéralisme étatique”. Nous appelons de toutes nos forces une société de type fédéraliste, fondée sur la possession collective ou individuelle des moyens de production et de distribution (excluant toute possibilité pour certains de vivre du travail d'autres), l’entraide, l'abolition du salariat et de l'exploitation de l'homme par l'homme. Les anarchistes n'accordent aucun crédit à un simple changement des personnes qui exercent l'autorité : les mêmes causes engendrent les mêmes effets. Toutes les formes d'autorité se tiennent. En laisser subsister une seule, c'est favoriser la réapparition de toutes. Vers une société libertaire. Pour arriver à instaurer une société libertaire, il faut se doter de moyens en accord avec la finalité. Tel que l'exprime Errico Malatesta, “ces moyens ne sont pas arbitraires, ils dérivent nécessairement des fins que l'on se propose et des circonstances dans lesquelles on lutte. En se trompant sur le choix des moyens, on n'atteint pas le but envisagé, mais on s'en éloigne, vers des réalités souvent opposées et qui sont la conséquence naturelle et nécessaire des méthodes que l'on emploie”. Il est possible de vivre dans une société égalitaire, gérée directement et librement par ses diverses composantes (individus, groupements sociaux, économiques, culturels, ethniques...) dans le cadre du fédéralisme. Les règles qui vont faire fonctionner une telle société sont basées sur des contrats mutuels, égalitaires, réciproques, pouvant être remis en cause à tout instant. Ces contrats peuvent être écrits ou tacites. Mandatements. Une telle société ne peut évidemment pas fonctionner sans entraide ni coopération volontaire. La délégation de responsabilité permettra de discuter au niveau fédéral. Mais attention, entendons-nous sur les mots : pour les anarchistes, chaque délégué reçoit un mandat précis . L'assemblée qui l'a mandaté exerce un contrôle permanent sur son travail, et, surtout, peut le révoquer à tout moment si le travail qu'il effectue ne correspond pas à son mandat. L'anarchisme est une proposition globale de société cherchant à promouvoir une civilisation réellement différente. Il oppose le principe de liberté au principe d'autorité, l'entraide à la loi de la jungle, l'égalité à la discrimination. “Aussi longtemps que la société sera basée sur l'autorité, les anarchistes resteront en état perpétuel d'insurrection” (Elisée Reclus).
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