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Le Monde libertaire n° 1506 du 28 février au 5 mars 2008Par facaen :: 29/02/2008 à 20:56
compilation de soutien au journal libertaire Venezuelien "El Libertario"Par facaen :: 25/02/2008 à 22:53
![]() compilation de soutien au journal libertaire Venezuelien "El Libertario" Salut à toi qui lit ces quelques lignes... CA Y EST ! la compilation de soutien au journal libertaire Venezuelien "El Libertario" sera très prochainement disponible ! http://www.folkloredelazonemondiale.fr/mailorder/product_info.php?products_id=1073 Elle a pour but de présenter ce collectif Vénézuelien, la situation politique du pays et surtout de leur apporter un soutien financier pour les aider au développement de leurs activités sur Caracas (local/librairie anarchiste et publication d'un journal du même nom). Car nous pensons qu'il est important de montrer notre soutien à ceux qui diffusent la pensée anarchiste, où qu'ils vivent et luttent, proposant ainsi une tribune d'informations indépendantes, libertaires et autonomes, avec un regard critique sur les médias traditionnels. Les membres du collectif EL LIBERTARIO sont très actifs dans la scène punk politisée internationaliste (de part leur implication dans les squatts, les conférences, les manifestations, la distribution, le soutien aux personnes incarcérés, le soutien aux sans papiers, la lutte féministe, la défense des sexualités libres, des actions antifascistes, du relais des luttes prolétaires ou des indigènes exploités, d'une conscience écologique et du mode d'alimentation végétarienne ou végétalienne... La liste est loin d'être exhaustive). Créer une solidarité avec des gens positifs qui essayent de faire bouger les choses d'une manière progressiste et cohérente pour le respect de toutes les formes de vie nous parait alors primordial. Pour une solidarité de tout les idéalistes, réveurs et utopistes mondiaux ! Cette compilation apportera 2000 euros de soutien au collectif El Libertario (ainsi qu'une partie des CDs qu'ils pourront revendre ou donner sur place, ne serait ce pour que les gens puissent avoir accès à ce projet là bas à un prix moindre car le niveau de vie n'est pas tout à fait le même qu'ici). Tous les groupes présents sur la compilation ont participé en offrant un titre (inédit et exclusif pour la plupart) et sont généralement des groupes militants de la scène punk internationale et de la scène indépendante du hip hop hexagonale. Nous pensons aussi que ce CD est un moyen de briser les barrières entre deux styles musicaux très proches dans la contestation sociale. Cette compilation n'aurait pu voir le jour sans les labels : Deviance, Les nains aussi..., FFYM, Etoile Renoi, D'ici à la réalité, Kawaii Records, Ravachol qui ont répondu présent pour ce projet (chacun selon ses moyens). Compilation de 79 minutes dans un beau digipack 4 volets, plus un gros livret de 56 pages contenant textes et graphismes du collectif EL LIBERTARIO ainsi que les textes, contacts et montages des groupes présents. * DONA MALDAD ( venezuela ) * MISERY ( usa ) * CALAVERA ( France ) * BAIT ( Angleterre ) * AUTONOMIA ( perou ) * DENTRO DE NADA ( chile ) * REMAINS OF THE DAY ( usa ) * ETHNOPAIRE ( France ) * ISKRA ( canada ) * AUKTION ( suède ) * AUDIO KOLLAPS ( allemagne ) * KRAP NEK ( France ) * VISIONS OF WAR ( Belgique ) * NUCLEAR DEATH TERROR ( Danemark ) * REIGN OF BOMBS ( Suede ) * HOLOCAUST IN YOUR HEAD ( Espagne ) * DESKARGA ETILIKA ( Portugal ) * NO CONFORME ( Espagne ) * DISRESPECT ( USA ) * APATIA NO ( Venezuela ) * TACHED OUT ( USA ) * TRAUMA ( France ) * CAMPUS STERMINI ( Italie ) * NO CONFORME ( Espagne ) * MON DRAGON ( France ) * DIOS HASTIO ( Pérou ) * PACK ( Suisse ) * OI J'AI MALE ( France ) * NON DESKRIPT ( France ) * RADIO BIKINI ( Hollande ) * GYARANDU ( Finlande ) * COCHE BOMBA ( France ) Le Monde libertaire n° 1505 du 21 au 27 février 2008Par facaen :: 22/02/2008 à 23:22
pour le trouver: http://www.trouverlapresse.com
Le Monde libertaire n° 1504 du 14 au 20 février 2008Par facaen :: 14/02/2008 à 20:16
Allemagne : L’antifascisme n’est pas un crime !Par facaen :: 11/02/2008 à 22:46
![]() Christian S, un militant antifasciste berlinois est incarcéré depuis le 14 juin 2007 et a écopé d’une peine de prison ferme de 3 ans et dix mois pour avoir tenté d’incendier une voiture destinée à faire une barricade pour arrêter un défilé de militants néo-nazis le 1er mai 2004 à Berlin. Cet article retrace son parcours ainsi que l’acharnement policier dont il fait l’objet. Les démêlés de Christian avec la justice ne commencent pas en 2004. En effet, en mars 2000, lors d’une contre-manifestation antifasciste à Berlin Christian est arrêté et accusé d’avoir lancé une pierre en direction du cortège nazi. Il est condamné à une peine de dix mois de prison avec sursis, applicable à tout moment, s’il a de nouveau à faire à la justice. Le 1er mai 2004, à Berlin, Christian est arrêté à la suite d’une contre-manifestation antifasciste qui tentait d’empêcher les nazis de défiler. Il est accusé d’avoir tenté d’incendier une voiture destinée à faire une barricade. Pour cela il passera six mois en préventive. Le 28 octobre, à la suite d’une erreur de procédure, le procureur se voit obligé de libérer Christian. Pour autant il devra se présenter devant la police deux fois par semaine. Cependant, le procès relatif à cette affaire continue. Le 16 décembre 2004 la justice rend son verdict ; Christian est condamné à 3 ans et dix mois de prison ferme pour avoir endommagé une voiture ! Le militant antifasciste fait appel de ce jugement et reste en liberté à ce titre. 13 février 2005, 8000 nazis venus de toute l’Allemagne défilent à Dresde pour commémorer ce qu’ils appellent « l’holocauste par les bombes ». Il s’agit en fait du bombardement de la ville de Dresde par les forces alliées le 13 février 1945. Face au négationnisme et au révisionnisme des nazis, les antifascistes lancent une contre-mobilisation. Christian et Leïla, sa compagne, se joignent à la contre-manifestation antifasciste, mais sont violemment arrêtés par des policiers berlinois en civil. Christian est accusé d’avoir lancé une bouteille et Leïla l’aurait aidé à exécuter ce geste… Emmenée au poste de police, Leïla est fouillée et les policiers trouvent sur elle une matraque téléscopique. Elle reste un jour en garde à vue, sans être autorisée à prévenir un avocat ou encore ses proches, ce qui est pourtant la « règle » en cas d’arrestation en Allemagne. Christian, quant à lui, est incarcéré à Dresde, avant qu’il ne soit transféré a Moabit, une prison de Berlin où il passera onze mois en détention préventive. Atteint d’une hépatite C, ses conditions de détention sont particulièrement difficiles, d’autant plus qu’il ne reçoit pas son traitement en prison ! Sa compagne, Leïla, ne peut lui rendre visite en prison, car elle est soi- disant sa « complice ». Durant la détention provisoire, le comité de solidarité, l’avocate de Christian, ainsi que sa compagne ont dû se battre pour qu’il bénéficie de son traitement. Grâce à leur efforts, ils ont réussi à alerter le « Comité pour la démocratie et les droits fondamentaux » et la chambre des médecins allemande, qui ont ouvert une enquête. Cela a même déclenché un scandale, car fut mis à jour un trafic de médicaments, qui impliquait le personnel dans les prisons ! Le procès : une mascarade Les accusations contre les deux militants antifascistes reposaient sur la déclaration de deux policiers. Le premier policier affirme avoir vu Christian lancer une bouteille à 16h00 précise, quant au deuxième il a déclaré avoir été informé par son collègue que Christian était un élément violent. Il affirme également avoir filmé Christian pendant quarante-cinq minutes, où on peut le voir lancer la bouteille. Manque de bol, ce bon fonctionnaire assermenté a reçu l’ordre du procureur de Dresde d’effacer la quasi-totalité de la vidéo et de ne proposer au tribunal qu’une vingtaine de secondes durant lesquelles on peut seulement voir les deux antifascistes regarder passer les nazillons. Bizarrement, le film est coupé de 15h58 à 16h01, or le premier policier affirmait justement que le délit avait été commis à 16h00 pile ! Autre chose étrange dans ce procès, le Ministère de l’Intérieur stipulait qu’il fallait que les policiers gardent leur anonymat pour des raisons de sécurité. Ils sont donc venus au procès avec perruques et fausses barbes et pas de nom bien sûr, mais avec des numéros. Outre le fait que leur témoignage était vaseux et qu’ils avaient des trous de mémoire, le Ministère de l’Intérieur leur a octroyé le droit de ne pas avoir à répondre aux questions des avocats de la défense ou même d’aborder certains thèmes. Pourtant, à l’issue de cette justice politique, les deux militants seront condamnés. Une justice de classe Pour l’affaire de Dresde, Leïla est condamnée à sept mois de prison avec sursis (applicable pendant deux ans). Cette peine est particulièrement lourde pour quelqu’un qui n’a aucun antécédent judiciaire ; la militante fait appel. C’est le système qui est criminel, pas la résistance ! Pour Christian, les choses se compliquent, il est condamné à un an de prison ferme pour l’affaire de Dresde, mais c’est alors que la justice lui propose un marché - si on peut appeler ça comme ça, tant cela s’apparente à de la pression et a du cynisme. On lui propose alors de sortir de taule le jour même s’il renonce à faire appel du jugement relatif à l’affaire du 1er mai 2004. Cela présuppose que Christian doit retourner à un moment donné en prison, car en suspendant son appel, la peine de trois ans et dix mois ferme devient de nouveau effective à un certain moment. Christian, dont la santé s’est beaucoup dégradée et qui ne reçoit toujours pas ses médicament pour soigner son hépatite C, accepte finalement ce « marché » et retire l’appel du jugement de mai 2004. Christian est enfin libre et peu commencer une thérapie. Mais tout deux, Leïla et Christian, font appel du jugement concernant l’affaire de Dresde de 2005, car le procès était une véritable farce. LKA 64, une police politique Le 8 avril 2007, Christian est arrêté en compagnie d’une camarade Andrea N. [1] pour collage d’affiche. Les policiers dressent un procès verbal, mais relâchent immédiatement les militants. Le procès verbal sera transmis aux différents services de police berlinois, dont le LKA 64 (Landeskriminalamt 64, département des délits politiques de la police criminelle). Lorsque le LKA a appris que Christian s’était fait arrêter pour affichage, il a tout fait pour inciter M. Glietsch, le président de la police ainsi que M. Körting, le supérieur du président de la police (dont il y avait une photo sur l’affiche) à porter plainte pour diffamation. Suite au zèle du LKA 64 une plainte est déposée et le procès est fixé au 20 décembre de la même année. Le 27 mai 2007, nouvelle arrestation : Christian est arrêté avec d’autres personnes près du Köpi, un des grands squats berlinois. Il est encore une fois arrêté par des policiers en civil du LKA 64 aux alentours du Köpi. Ces derniers l’accusent d’avoir mis le feu à une voiture deux heures plus tôt. L’accusation est tout bonnement ridicule. Par contre, ce qui est intéressant de remarquer c’est que Christian s’est fait arrêter à chaque fois par des policiers du LKA 64, le 1er mai 2004, le 13 février 2005 et que c’est encore cette police politique qui a fait des pieds et des mains pour que des plaintes soient déposées pour l’affichage. Retour en prison et menaces fascistes Le 14 juin 2007, Christian retourne en prison à Hakenfeld pour purger sa peine de trois ans et dix mois, relative à la condamnation du 1er mai 2004. En juillet, une demande d’amnistie est adressée à la garde des Sceaux. Le 20 juillet, Christian est transféré de Hakenfeld à Tegel sans que l’administration pénitentiaire ne juge nécessaire d’en informer son avocate, ni sa compagne qui est devenue son épouse. A Tegel, Christian doit faire face aux menaces des militants nazis. En effet, un nazi détenu à Hakenfeld a réussi à faire passer le message vers ses camarades à l’extérieur que le militant antifasciste était transféré à Tegel. Ces derniers ont du coup publié des messages sur le site « Indymedia » où ils conseillent à Christian de se suicider pour moins souffrir. En effet, d’autres nazis, détenus à Tegel, se feraient un plaisir de l’agresser. En décembre, Leïla rencontre des difficultés pour pouvoir rendre visite à Christian à Tegel. Elle est même interdite de visite pour un soi-disant refus d’obtempérer, pour une durée de trois mois. Décidément, l’administration pénitentiaire fait tout pour casser moralement les militants antifascistes. Acquitté pour l’affaire de Dresde et pour l’affaire de l’affichage Le 21 décembre 2007, Christian est acquitté lors du procès en appel pour l’affaire de Dresde. Par contre, sa soi-disant « complice » Leïla est condamnée à 90 jours d’emprisonnement, qu’elle évite finalement en payant pour chaque jour d’emprisonnement 20€, soit la modique somme de 1800€. De plus, on peut se demander comment Leïla a pu être condamnée pour avoir aidé Christian à lancer une bouteille, alors que ce dernier est acquitté ! Mais bon, on n’est plus à ça près ! Avec l’acquittement pour l’affaire de Dresde, le « marché » proposé à Christian (renoncer à son appel du jugement pour le 1er mai 2004) apparaît de plus en plus scandaleux. Suite aux efforts de son avocate, le juge et le procureur, qui avaient proposés ce « marché », se voient obligés de rendre des comptes à leur hiérarchie, le « Landesgericht » qui pour autant n’y retrouve rien à redire. En réaction, l’avocate de Christian dépose une nouvelle plainte auprès du « Bundesgericht » (instance supérieure du « Landgericht ») et lance une procédure auprès de la Cour Européenne des Droits de l’Homme. Fin octobre, la demande d’amnistie déposée auprès de la Garde des Sceaux est rejetée sans explications... Le 20 novembre 2007, Christian, ainsi que sa camarade Andrea N. sont tous les deux acquittés lors du procès relatif à l’affichage. Pourtant Christian est toujours derrière les barreau Récapitulons, dans deux des trois procès qui ont suivis la condamnation du 1er mai 2004, Christian a été relaxé. A chaque fois, ces procès étaient le fait d’accusations portées par les policiers du LKA 64, qui semblent être très doués pour inventer des scénarios permettant de traîner les antifascistes devant les tribunaux et de les foutre en taule. Pour l’instant, il ne reste plus que l’affaire du Köpi, dont le dossier traîne comme par hasard depuis 6 mois. En effet, Christian ne pourra pas faire de demande de libération conditionnelle, tant qu’il y a une autre affaire en cours. Le 17 décembre, six mois après le début de son emprisonnement, Christian reçoit enfin son plan d’incarcération, qui est une espèce d’évaluation « psychologique » du détenu. Dans ce rapport sont notamment évoquées les raisons qui empêchent toute libération conditionnelle et une réduction de peine. Il y apparaît clairement que les raison de son incarcération sont dues à ses opinions politiques et à son engagement militant. Son entourage y est lui aussi criminalisé et c’est en fait tout le mouvement antifasciste qui est montré du doigt comme étant criminel. Pour finir sur une note un peu positive : après trois mois d’interdiction de visite, Leïla, la femme de Christian, a enfin été autorisée à lui rendre visite le 19 décembre 2007 ! Liberté immédiate pour Christian ! Wir sind nicht alle, es fehlen die Gefangenen ! Olynx (Fédération Anarchiste – groupe de Strasbourg) [1] Andrea N. a été condamnée le 2 août 2007 à quatorze mois de prison ferme pour différentes affaires insignifiantes. Ces affaires ont été jugées ensemble, et la condamnation est extrêmement lourde. Andrea ne s’est pas rendue à la prison le 4 août 2007 comme la justice l’exigeait. Elle a finalement été arrêtée le 1er décembre 2007. Depuis elle est toujours en prison à Berlin. > le site de soutien à Christian (en français) : http://www.conf-free-christian.info/ > le site du groupe de Strasbourg de la F.A. : http://fastrasbg.lautre.net/ "Le Monde libertaire" n°1503, du 7 au 13/2/2008Par facaen :: 07/02/2008 à 22:46
Sommaire & édito du "Monde libertaire" n°1503, du 7 au 13/2/2008![]() « En travaillant, on devient plus bossu que riche ! » (proverbe russe) Sommaire
ÉditoLe jeune cadet de la phynance qui il n’y a que quelques semaines, fier comme un taliban, négociait la multiplication de sa prime de fin d’année par cinq, suite aux mirifiques résultats de ses spéculations, doit se sentir un peu las. Après avoir été porté au nues de l’olympe de la Bourse par ses pairs admiratifs, il s’est vu lâcher honteusement par son patron ! « Casse-toi ! Tu pues le bouc, émissaire de mauvais augure ! » lui a craché à la gueule le prince des banquiers. Pas question pour lui de marcher à l’ombre, au contraire, il fut stigmatisé au yeux du monde entier, un fraudeur, un escroc, un tricheur, un fou ! Dans l’utopie capitaliste que nous imposent les maîtres de la finance mondiale, il n’était qu’un jeune loup parmi la meute des crapules spéculantes qui hurlent autour de la corbeille. Manipulant des sommes représentants plus de trois fois ce que les habitants de la planète produisent, ces vermines de l’économie sacrifient nos emplois, rasent nos maisons ou font plonger un pays dans la misère, la famine ou la guerre d’un simple clic sur un écran. Une seule motivation anime ces ploutocrates : magouiller plus pour gagner plus ! Aucune éthique ne tourmente ces requins ramenés à l’état grégaire par leur appât du gain. Délocalisations, restructurations et autres tripatouillages servant à faire fluctuer le cours des actions au bénéfice des financiers, ne sont pour ces derniers que des événements passagers et pseudo-virtuels. Mais ces scénarios tout droit sortis de leur cerveaux obtus ne sachant pas voir plus loin que leurs profits, se traduisent par des milliers de vies brisées chez les travailleurs qui font tourner les entreprises bien réelles avec lesquels ils jouent comme dans un jeu vidéo. Quand Amer Sport supprime plus de huit cents emplois en moins de deux ans chez Salomon, il ne se soucie guère du devenir de ceux qui ont produit les richesses dont ils se sont emparés, de même pour Flextronic ou pour Mittal. Seul compte le « coup de Bourse », la spéculation. Si au passage ils peuvent glaner quelques malheureux millions de fonds publics qu’ils extorquent par le chantage à l’emploi, cela leur sert de pourboire pour arroser les décideurs politiques, payer les campagnes de leurs valets. Ils nous saignent, nous exploitent, puis nous jettent comme des kleenex pour aller en exploiter de plus pauvres, de plus malheureux. Et nous devrions nous laisser faire sans broncher ! Il est plus que temps d’organiser la riposte ! Mai 68 a t il débuté à Caen au mois de janvier?Par facaen :: 01/02/2008 à 16:48
Mai 68 a t il débuté à Caen au mois de janvier?
Article du journal de lutte de Caen Racailles Mai 68 a t il débuté à Caen? On entend, ici ou là, que mai 68 a débuté à Caen au mois de janvier. Cette assertion est souvent répétée par de vieux militants. Quand est-t-il vraiment? Racailles s’est penché sur le sujet à l’occasion des 40 ans de la manifestation du 26 janvier 1968. Qu’entend on par mai 68? Le mouvement étudiant? Le mouvement social des 9 millions de grévistes? La jonction des étudiants et des ouvriers? Les événements parisiens? Dans tous les cas, des événements similaires à ceux qui se déroulent au mois de mai se sont produits en janvier à Caen. Premier acte. Alain Peyrefitte, alors ministre de l’Education Nationale, est annoncé pour les 18 et 19 janvier à Caen pour, notamment, inaugurer le bâtiment des Lettres qui vient d’être ouvert. Dès l’annonce de sa venue, les étudiants s’organisent pour le recevoir « à la mode de Caen ». L’AGEC-UNEF(1) appelle à manifester car, selon elle, Peyrefitte « n’a pas jugé bon de rencontrer les étudiants et lycéens qui ont pourtant de nombreux problèmes à lui soumettre ». La corpo de sciences ainsi que celle de médecine (en réaction à une réforme des études médicales) appellent aussi à la grève le jour de la venue. Ce 18 janvier, le bâtiment Lettres est bien gardé par la police ainsi que les accès de l’université. Les invités sont triés sur le volet, les étudiants sont exclus. Ces derniers sont environ 1 500 à se rassembler sous la pluie dans la cour d’honneur du campus. Des banderoles sont déployées, des slogans hostiles au ministre sont scandés : « «Peyrefitte démission », « des amphis, pas de canons », « des profs, pas des flics » et « non à la sélection ». Des oeufs sont lancés en direction des forces de l’ordre qui ne réagissent pas. Une pierre blesse à l’oreille un policier. Les forces de l’ordre font une « poussée » sur les manifestants. Ensuite, l’AGEC-UNEF décide d’aller défiler en centre ville. Une partie des étudiants les suivent mais une autre partie décide de rester sur les pelouses. Ces 150 à 200 personnes qui font face au service d’ordre profitent du passage d’un camion de charbon pour se saisir de boulet. Ils les lancent ensuite sur les policiers. Ces derniers répondent par des grenades lacrymogènes, les étudiants se réfugient dans la cour d’honneur. Le recteur de l’académie, Martin, sort pour essayer de calmer les esprits. Finalement, une délégation du SNESUP et de l’AGEC est reçue par l’équipe ministérielle. Dehors, le face à face entre les 300 étudiants et les forces de l’ordre se terminent vers 22h, au moment où le ministre quitte le bâtiment. Les étudiants ont été déçus par le ministre qui a notamment refusé le droit de visite dans les pavillons des filles des cités U. En même temps que cette contestation estudiantine, l’activité sociale caennaise se déplace vers les grandes usines de l’agglomération. Tout débute à la SAVIEM (devenue RVI) à Blainville sur Orne. Après avoir déposé une pétition de 3 000 signatures à leur direction demandant une augmentation de salaires de 6%, la reconnaissance des droits syndicaux et la création d’un fond de garantie de ressources en cas de réduction d’horaire, et devant le refus de celle-ci de négocier, les organisations syndicales organisent un grand meeting le jeudi 18 janvier devant les portes de l’usine. Près de 1 500 ouvriers prennent part au rassemblement et décident à une large majorité une grève illimitée à partir du mardi suivant jusqu’à satisfaction des revendications exprimées dans la pétition. Le vendredi 19 janvier, des débrayages ont lieu dans deux autres usines : Jaeger (600 ouvriers) et à la Sonormel (400 ouvriers). Dans le cas de Jaeger, il s’agit aussi d’une demande d’augmentation des salaires de 4%. A la Sonormel, la direction n’accorde qu’une augmentation de 2% alors qu’elle avait signé l’année précédente un accord qui donnait 3% d’augmentation. Le mardi 23 janvier, un meeting est organisé à 8h du matin pour la mise en place effective de la grève votée le vendredi précédent. Il est massif et les piquets de grève sont dressés aux portes de l’usine. Il est évoqué pour la première fois une marche sur Caen. Une manifestation rassemble 1 500 personnes qui vont porter les revendications à la direction du travail. Le mercredi 24, aux alentours de 3h45 du matin(2), le préfet de région fait intervenir les gendarmes mobiles pour dégager les piquets de grève. Les ouvriers arrivent peu à peu à partir de 7h, les nombreux grévistes apprennent ce qui s’est passé quelques heures avant leur arrivée. Excédés, ils décident d’aller demander des comptes au préfet et de marcher sur Caen. Les autorités prennent peur et un escadron de gendarmes mobiles est placé au niveau de l’hôpital Clémenceau sur la route de Ouistreham. Les plus jeunes grévistes, souvent des OS (Ouvrier Spécialisé) venus des campagnes environnantes ; Jean Lacouture utilisera d’ailleurs le terme de « jacquerie ouvrière » pour décrire ces événements, sont en première ligne. Ils sortent des boulons de leur poche et commencent à les lancer sur les forces de l’ordre. Ces derniers répliquent violemment, il y a une dizaine de blessés côté manifestant. Les grévistes sont très énervés contre l’autoritarisme du préfet mais aussi contre la direction de l’usine qui a fait la demande au préfet d’enlever les piquets de grève. Il y a vraiment un sentiment d’injustice chez les ouvriers car, quelques semaines auparavant, des agriculteurs avaient défilé violemment dans Caen (des vitres de la préfecture avaient été brisé) sans que la police soit envoyée. Du coup, les syndicats et des partis de gauche appellent à une manifestation le vendredi 26 pour défendre la liberté de manifester et protester contre la répression. Le jour venu, plusieurs usines se mettent en grève (Jaeger et Sonormel), des débrayages ont lieu dans des entreprises. A 18h30, près de 7 000 personnes se massent place Saint Pierre à l’appel de la CGT, de la CFDT et de FO soutenues par la FEN et l’UNEF. Tout la journée, le préfet a fait pression sur les organisateurs afin qu’aucun débordement n’ait lieu. Des renforts de police sont arrivés sur Caen, la préfecture est barricadée par une système de barrières. Après les prises de parole, les manifestants défilent dans les rues de Caen au cri de « Oui au respect des droits syndicaux, oui à l’augmentation des salaires ». Le défilé se passe sans problème jusqu’aux abords de la préfecture. La tête de cortège passe sans problème rue Lebret (entre la Poste et le tribunal d’instance) mais cela se passe différemment pour la queue de cortège. Elle est essentiellement composée d’OS et de quelques étudiants. Malgré l’intervention, parfois énergique du service d’ordre syndical, ces jeunes ont envie d’en découdre avec les forces de l’ordre. Certains ont des barres de fer, la plupart ont les poches remplies de projectiles. Les barrières qui barrent la rue Auber (qui mène à la préfecture) sont enlevées par des manifestants. La réaction préfectorale est immédiate : des grenades lacrymogènes sont envoyées en grand nombre sur les manifestants. L’air devient irrespirable autour de la préfecture, les spectateurs du théâtre municipal sont obligés de sortir car le système d’aération a été contaminé! Les affrontements sont violents entre jeunes grévistes et forces de l’ordre. Des renforts de CRS arrivent vers 2h du matin, les affrontements reprennent du plus bel. Des vitrines, des poteaux de signalisations sont détruits, la chambre de commerce est attaquée. On signale un camion de pneus enflammé. Les derniers affrontements se terminent vers 5h du matin. On compte alors 36 hospitalisations côté manifestant (200 blessés au total), 85 interpellations. 13 manifestants sont jugés en procédure de flagrant délit et deux sont condamnés à deux mois de prison ferme. Durant le week-end, la solidarité s’organise, de nombreuses quêtes sont effectuées, les étudiants y participent activement. Dans la nuit du dimanche 28 au lundi 29 janvier, des CRS arrivent aux abordes de l’usine SAVIE Il y a encore des grévistes qui tiennent les piquets de grève. Les voyant arriver, ils décident de ne pas réagir. De plus, ils sont en infériorité numérique. Les CRS démontent les piquets de grève pendant que certains grévistes jouent aux cartes sur un poteau de signalisation. A 1h du matin, le directeur de l’usine entre. A 1h40, 25 camions de CRS entrent à leur tour dans l’usine. Des gendarmes mobiles prennent position autour de l’usine. Au petit matin, les ouvriers qui arrivent devant les portes sont surpris de ce déploiement de force(3). Les non-grévistes peuvent rentrer dans l’usine sous la protection de la police, la reprise n’est que très partielle. A 8h du matin, un meeting est organisé au stade de Colombelles pour faire le point sur la situation. En solidarité avec les ouvriers de la SAVIEM, une grève de 24h est déclenchée à la SMN pour le mardi 30. Des négociations sont toujours en cours entre direction et syndicat. Le mardi 30, ils sont encore plusieurs milliers au meeting devant les portes de l’usine même si la tendance est quand même à la reprise du travail. De nouvelles grèves sont déclenchées dans l’agglomération : Radiotechnique, Moulinex (où aucune section syndicale n’existe!). Après le meeting, une marche sur Caen est organisée, afin de ne pas s’affronter directement avec les forces de l’ordre, les organisateurs décident de passer par des petits chemins. Arrivés à la demi-lune, les manifestants sont invités à prendre la route de Cabourg pour rejoindre la SMN. Quelques uns veulent continuer en ville mais les responsables syndicaux les dissuadent. Le mercredi 31 janvier, une délégation de syndicalistes est reçue au siège de la SAVIEM à Suresnes en banlieue parisienne puis au ministère du travail. Ces négociations ne donnent rien. Celles engagées à Jaeger et la Sonormel sont un échec. Le meeting du jeudi matin ne rassemble que 500 personnes devant la SAVIE Le lendemain, ils sont guère plus d’un millier et votent la continuation du mouvement par 502 pour contre 272. Mais les organisations syndicales estiment que la participation est trop faible au vu du nombre de salariés de l’usine. Ils décident de suspendre le mouvement en appelant à utiliser d’autres formes pour faire aboutir les revendications. Le samedi 2 février, les négociations échouent une énième fois sur les salaires mais les syndicats obtiennent qu’aucune sanction soit prise envers les grévistes. Par contre, à Jaeger, les négociations aboutissent au 4% d’augmentation de salaires demandées. Le 6 février, un accord est trouvé entre syndicat et direction de la Sonormel, le travail reprend. Le combat sous d’autres formes? Malgré la fin de la grève à la SAVIEM, des débrayages ont souvent lieu dans l’usine. Ils sont souvent l’oeuvre d’inorganisés, soutenus le plus souvent par la CFDT (les autres syndicats l’accusent d’en être l’initiatrice). Des défilés sont aussi organisés dans les ateliers. Après un nouvel échec des négociations, un piquet de grève est installé le mardi 13 février à l’initiative de la CFDT. Les grévistes sont les plus jeunes ouvriers. Ils s’opposent, parfois violemment, à l’entrée des non grévistes. Cette action brise le front syndical et entraîne, de fait, la fin du mouvement. D’autant plus que la semaine suivante, la direction met à pied une vingtaines des grévistes les plus en vue (dont 5 de la CFDT). L’avant mai Après ce conflit caennais, d’autres conflits explosent dans le département : les bennes Marrel à Blainville (11 jours de grève pour des revendications salariales qui se terminent par un échec), plusieurs entreprises à Honfleur en mars (Cédric Leroy parle de « la grève générale de Honfleur »), une grève de 3 semaines dans les imprimeries caennaises au mois d’avril. Au total, 61 365 heures de grève ont eu lieu de janvier à mai 1968 dans le Calvados, soit autant que les deux années précédentes. 1. Association Générale des Etudiants de Caen, affiliée à l’UNEF 2. Cedric Leroy, 1968-1979 La décennie des grèves ouvrières, mémoire de maîtrise, page 43 3. On estime à 2 000 le nombre de CRS et gendarmes mobiles présents dans et autour de l’usine ce jour là |
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