Groupe de Caen de la Fédération Anarchiste.

http://facaen.zeblog.com/

Calendrier

« Mars 2017
LunMarMerJeuVenSamDim
 12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
2728293031 

facaen

Blog du groupe de Caen de la fédération anarchiste. FA Caen.

Blog

Derniers billets

Compteurs

Liens

Fils RSS

Université à vendre !

Par facaen :: 12/09/2007 à 19:05


Université à vendre !

  La politique du baccalauréat pour tous fait que le nombre d’étudiants a considérablement augmenté, alors que les moyens universitaires, eux, n’ont pas bougé d’un iota . Le « manque de moyens des universités » est donc une situation crée de toute pièce par la volonté des gouvernements successifs, de droite comme de « gauche ». Toute la politique à venir est appuyée sur ce merdier, mais bien entendu à la faveur des patrons, dans la droite suggestion du fameux « Rapport Hetzel », appelé aussi « De l’université à l’emploi ».

 

  L’idée générale de ce rapport est la suivante : beaucoup de filières universitaires présentent des débouchés inférieurs à leur population (Sciences Humaines en particulier). D’emblée, le rapport biaise le débat en présentant l’université comme une formation professionnelle, ce qu’elle n’a pas vocation à être, même si la pression du système extérieur est considérable et tend à imposer cet objectif.

 

  Toute la logique du Rapport Hetzel est concentré dans cette dichotomie : au nom de la réussite professionnelle des étudiants, c’est tout le développement culturel global de la population qui est menacé. Le rapport propose, entre autres mesures, d’instaurer une orientation sélective à l’entrée de la Licence : les étudiants seront « informés » et fortement incités à choisir des filières qui présentent des taux de réussite et d’intégration plus forts. C’est donc une forme de sélectivité supplémentaire qui s’instaure à l’entrée de l’université, déjà marquée par son manque d’ouverture aux milieux populaires, accentué par la hausse des frais d’inscriptions.

 

  Pire : à partir du moment où on introduit une différenciation des filières non plus par le contenu mais par des motivations économiques, on les hiérarchise. Ensuite, c’est l’œuf et la poule : une filière offrant des débouchés sera plus financée par les patrons locaux, qui seront bien contents d’avoir une main d’œuvre prête à l’emploi en sortie de cursus. Ce qui impliquera une attractivité considérablement affaiblie (et donc des places très restreintes, ou très chères) dans les filières non souhaitées par le patronat. A terme, on aura donc des filières sans financement, que seuls des acharnés (ou de riches oisifs…) pourront suivre, et d’autres qui varieront au grès des envies des patrons. Le rôle culturel de l’Université, comme réservoir de progrès de la connaissance à long terme et lieu de formation par essence inutiles à court terme et non corrélés à la bêtise économique, sera donc complètement atrophié, sinon annihilé.

 

  La loi Pécresse sur l’autonomie des universités est un pas en avant de plus dans l’application de ce vaste programme de privatisation (pardon, d’« autonomie »…), déjà entamé sous le gouvernement PS-PC-Verts (Allègre, Lang…), puis continué par la droite depuis 2002 (Ferry, Fillon, de Robien…). Le ton est donné dès l’article 1, où l’orientation et l’insertion professionnelles deviennent une mission officielle de l’Université. Ensuite, le projet renforce le pouvoir du Conseil d’Administration (ou siègent notamment des membres du MEDEF…), et celui de son président. Celui-ci bénéficiera de responsabilités et de compétences élargies : il sera à même de recruter, sur fond propre de l’université, employés, enseignants et chercheurs. Le CA pourra aussi définir les obligations des service des enseignants-chercheurs : c’est la fin de leur statut national, déjà mis à mal

.

  Depuis 2006, les établissements peuvent assurer des prestations de service à titre onéreux, exploiter des brevets et licences et commercialiser les produits de leur activités. Pécresse se propose en plus d’installer les mécénats « à l’américaine », dont on connaît les pressions et les dérives dans l’orientation de la recherche (OGM, nucléaire…).

 

C’est donc le glas de l’université publique qui est sonné. La mainmise des entreprises sur l’Université, pour des vues de rentabilité à court terme, sera totale, soumise aux intérêts privés locaux.

 

A nous d’enrayer ce processus !

Luttons pour une Université libertaire, dégagée des intérêts de l’Etat et des capitalistes !

Pour un accès au savoir libre et gratuit, ouvert à tous, tout au long de notre vie !

  

Groupe de Caen de la Fédération Anarchiste

Pour tout contact : fa-caen@no-log.org

www.federation-anarchiste.org

 

 

Trackbacks

Pour faire un trackback sur ce billet : http://facaen.zeblog.com/trackback.php?e_id=248284

Commentaires

Aucun commentaire pour le moment.

Ajouter un commentaire

Nom ou pseudo :


Email (facultatif) :


Site Web (facultatif) :


Commentaire :


 
Copyright © Groupe de Caen de la Fédération Anarchiste. - Blog créé avec ZeBlog