Le Monde libertaire # 1485 du 13 au 19 septembre 2007
Hebdomadaire de la Fédération anarchiste, adhérente de l’Internationale
des fédérations anarchistes
« Ce n’est pas l’homme,c’est le monde qui est devenu anormal.»
Antonin Artaud
Sommaire du Monde libertaire # 1485 du 13 au 19 septembre 2007
La rentrée des crasses du petit Nicolas, par Grégory Chambat, page 3
Les comptes du Malodor, par D’jo, page 4
Saint-Bernard , 11 ans après, par D’jo, page 4
Politovskaïa vite oubliée,par C. Danis, pages 5
Un ministre bien zélé, par M. Rajsfus,pages 5
Le lion qui voulait bouffer du coq, par Hertje, page 7
Tour du monde des luttes syndicales, par Pat, page 9
Israël , un village d’irréductibles gagne une victoire, par Hertje, page 10
Nicolas s’en va-t-en guerre, mironton, mironton, mirontaine, par S.
Chemin, page 11
Petit manuel du squatteur , par N. Potkine, page 13
Fresques de vies de sans-papiers, par S. Jacaré, page 18
Le matérialisme, toute une histoire, par J.-M. del Percio-Vergnaud, page 20
Radio libertaire, page 21
Agenda, page 22
Éditorial
Certaines gazettes nous avaient promis un «septembre noir» La cigogne est
en retard ou s’est trompée de chemin ! Entre enseignants, cheminots et
autres, on semble avoir encore l’arme au pied.
Pourtant, le gouvernement augmente la pression ; la dernière facétie étant
le projet d’une réforme des régimes spéciaux de retraite (SNCF, EDF, GDF,
RATP…) et cela par décret.
L’information avait été lâchée par les directions confédérales de la CFDT
et de la CFE-CGC et reprise par la Tribune et Marianne. CGT et FO avaient
aussitôt menacé de déterrer la hache de guerre, poussant ainsi le
gouvernement à démentir. Mais le danger d’un grand mouvement social comme
en 1995 est-il pris au sérieux par les pouvoirs publics? Comme on le
caricaturait dans l’Assiette au beurre au début du siècle dernier, la bête
sociale n’a peut-être plus assez de dents pour mordre.
Loin d’une grande mobilisation du monde salarial, les représentants sont
enlisés dans des réunions avec le Medef. Ça cause « modernisation du monde
du travail », de la façon d’aborder le sujet. Bref, du côté syndical on
évalue la taille de la couleuvre à avaler. On sait bien sûr que, pour la
part patronale, ce sont contrats de travail revus à la baisse,
licenciements « plus faciles », et tutti quanti. Pour relever la sauce, le
locataire fébrile de l’Élysée menace de trancher en légiférant. Dans ces
conditions, le patronat organisé a tout intérêt à laisser s’ensabler les
négociations et à attendre le diktat des pouvoirs publics.
Triste tableau de rentrée avec en fond la Coupe du monde de rugby où le
sport business devrait contibuer à la croissance économique et à l’unité
patriotique de notre bel Hexagone.
La présidente du Medef, Laurence Parisot, martèle son discours en
déclarant qu’il « faut cesser de raisonner à partir du consommateur ».
Elle voudrait même que la «liberté d’entreprendre» soit inscrite dans la
Constitution. En attendant que le droit de grève n’y soit plus ?
Côté Europe, c’est pas mieux : le tribunal du travail de Nuremberg a
interdit une grève des conducteurs de la Deutsche Bahn (SNCF allemande)
pendant les vacances scolaires. Faut-il compter sur la Confédération
européenne des syndicats pour rectifier le tir ? Temps maussades pour la
Sociale, espérons que de la réalité quotidienne naîtront d’autres futurs.
Si mobilisation il y a, elle se fera malgré les directions des boutiques
syndicales.

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