
jeudi 27 mars 2008
Pas plus qu’à la suite des scrutins de 2004 et du référendum du 29 mai
2005, cet après-municipales 2008 ne verra d’inflexion de la politique
gouvernementale en faveur des intérêts de la classe ouvrière, loin s’en
faut. Aux naïfs qui pensaient avoir délivré un message clair, qui
espéraient voir Sarko et Parisot, défaits, faire profil bas, la réalité
des faits vient infliger un cinglant démenti.
Il faut d’abord régler son sort à
l’incroyable entreprise de désinformation à laquelle se sont livrés
sans état d’âme les grands médias qui animent les messes électorales et
télévisuelles du dimanche soir. A vingt heures, ô joie, la France avait
retrouvé le chemin du civisme, la participation était en
hausse...L’abstention était en réalité 7% au-dessus des chiffres
claironnés par les instituts de bourrage de crâne complices des
bourreurs d’urnes ! Pas étonnant dans ces conditions que la ministre de
la police n’ait pas donné les résultats à la télévision dimanche soir,
comme la plupart de ses prédécesseurs, mais ait dû se fendre d’un
communiqué rendu public à 23h13, en catimini !
Et puisque les faits ont la vie dure,
il faut les établir. Les dimanches 9 et 16 mars n’ont eu dans les urnes
que des vaincus. Le PS, qui voit son candidat de Paris élu alors que le
taux de participation est de 56,25%, celui de Metz se qualifier pour le
fauteuil rembourré avec une abstention de 47,64 % , emporte une
victoire à la Pyrrhus sur les ruines du champ de bataille sociale.
L’UMP, avec la mauvaise foi qui lui est coutumière, interprète le refus
de voter comme un encouragement à accélérer la casse entreprise par les
gouvernements successifs, droite et gauche confondues. Car la confusion
a été savamment entretenue lors d’une campagne où l’on a pu voir des
socialistes soutenir la droite et réciproquement, tant compte une seule
chose : le confort des lieux de pouvoir. La LCR, dopée à
l’électoralisme qui lui fait oublier la lutte, gaspillera son énergie
militante à la création d’ un nouveau parti fourre-tout, puis repartira
en campagne pour les régionales, les européennes, jusqu’à ce que mort
s’ensuive...Vaincue dans les urnes, la classe politique, que 60% des
français estime corrompue, va tout faire, soyons-en sûrs, pour ne pas
l’être dans la rue. Ce qui la rassure encore, c’est l’inorganisation
des 42 millions de personnes qui, pour une raison ou pour une autre ne
votent pas dans ce pays...
C’est cette inorganisation qui fait que
le patronat continue à licencier, à piocher là où bon lui semble sur la
planète les mains d’œuvre les plus dociles, les moins gourmandes, c’est
pourquoi les OGM envahissent nos assiettes et contaminent les espaces
naturels, c’est pourquoi Total est une nouvelle fois responsable d’une
pollution aux hydrocarbures, c’est pourquoi les sans-logement et les
mal-logés sont de plus en plus nombreux, c’est pourquoi le coût de la
vie enchérit de jour en jour, c’est pourquoi les religieux de tout poil
s’arrogent à nouveau le droit de diriger les consciences, de faire
perdurer les inégalités entre hommes et femmes. La Fédération
Anarchiste sera présente sur tous les fronts, sera de toutes les
luttes, elle affirme que, désormais, il n’est plus d’autre moyen que de
recourir à la grève générale pour se débarrasser des parasites qui
viennent de faire appel au vote pour légitimer leurs rapines.
Fédération anarchiste
Mars 2008
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