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Blog du groupe de Caen de la fédération anarchiste.
FA Caen.
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Motion sur la lutte antireligieuse
10 au 12 mai 2008 au Villard (Creuse)
mercredi 14 mai 2008
La Fédération anarchiste, regroupée lors de son 65e congrès à Le Villart (Creuse), adopte la motion suivante :
Nous constatons aujourd’hui la résurgence du religieux, compagnon et
outil du capitalisme/néo-libéralisme, dans la vie sociale, politique et
économique. Le développement du prosélytisme religieux, se manifestant
en particulier dans le repli communautaire de fractions de plus en plus
importantes de la population, donne un regain de vigueur à
l’obscurantisme. L’érection d’une statue représentant l’ancien pape à
Ploërmel, le retour prononcé du créationnisme comme matière
universitaire, le développement des églises évangélistes, etc. sont des
symptômes parmi tant d’autres de ce renforcement et de l’invasion du
religieux dans la sphère publique. Au niveau international, les
oppositions religieuses engendrent de plus en plus de conflits, jetant
quotidiennement des centaines d’individus dans des guerres de
fanatisme. Les attaques contre la liberté des femmes à disposer de leur
corps et les actes homophobes se font plus virulents. La réaction des
Etats est une complicité active. Le récent discours du président
français, au Latran, a réaffirmé la supériorité du curé sur
l’instituteur ; l’Union européenne continue de se construire sous les
auspices de la chrétienté et des autres religions, et, en plus du
développement des institutions privées confessionnelles, les intrusions
des références religieuses dans les écoles et l’éducation se font de
plus en plus fréquentes ; des maires PCF posent les premières des
mosquées...
Cette offensive de la religion, assurant son rôle traditionnel de
contrôle social de la soumission, rencontre une opposition qui n’est
pas à la hauteur du danger. Cette quasi-indifférence permettra, si rien
n’est fait, aux religions et aux sectes de tous poils d’imprégner
pernicieusement les esprits et de retrouver une influence que nous
pensions disparue.
Il nous semble impératif de réagir de façon énergique. La venue en
France du pape, dans ce contexte, constitue une occasion pour nous
d’affirmer notre volonté de s’émanciper et de s’épanouir hors du joug
aliénant et oppressant des religions.
A bas l’obscurantisme ! A bas toutes les religions ! Vive l’anarchie !
Fédération anarchiste
| Motion sur la décroissance
10 au 12 mai 2008 au Villard (Creuse)
mercredi 14 mai 2008
En 2008, le constat d’une crise environnementale globale
(épuisement des ressources, effet de serre, déforestation, dégradation
de la biodiversité...) est désormais largement partagé.
Partout, la réponse des tenants du système capitaliste consiste à
désamorcer la contestation en organisant le consensus autour de fausses
solutions. En France, cette stratégie s’est traduite par l’organisation
d’un Grenelle de l’Environnement. Les solutions proposées visent avant
tout à offrir de nouveaux débouchés au complexe industriel. La fuite en
avant technologique aboutit à des aberrations, comme les
agrocarburants, dont le développement entre directement en concurrence
avec la production alimentaire et accélère la déforestation.
Face aux ravages causés par le développement durable... du système
capitaliste, les populations en sont réduites en France à contester la
baisse de leur pouvoir d’achat tandis que dans plusieurs pays éclatent
des émeutes de la faim.
Le système connaît aujourd’hui un basculement. Si aucun
gouvernement ne le reconnaît encore, ce sont bien les limites physiques
de la planète qui sont largement dépassées : nous savons que,
désormais, le coût du pétrole ne baissera plus.
Le discours dominant s’enferre dans une attitude schizophrène :
poursuivre la logique productiviste en accélérant la croissance
(rapport Attali) tout en culpabilisant les individus par rapport à leur
consommation (discours de Nicolas Hulot). Le démantèlement des services
publics participe en ce sens à la disparition de toute gestion
collective en limitant ses prestations aux seuls individus solvables.
Insister sur les solutions technologiques et entretenir l’illusion
d’une croissance propre permet à la classe dirigeante d’éviter le
niveau politique, notamment les questions explosives de la répartition
et de la redéfinition des richesses. En effet, le capitalisme, qui tire
profit du gaspillage des ressources, est condamné à la croissance.
Sur une planète peuplée de neuf milliards d’individus en 2050, il
n’y aura pas d’avenir durable, sans un ralentissement du cycle
production-consommation. La seule perspective est une forte réduction
de la sphère marchande et donc une diminution du temps de travail
(travailler moins pour vivre mieux), bénéfique tant pour l’individu que
pour la société : développement du relationnel, usage optimal, social
et économe des biens et des services produits.
La relocalisation de l’activité économique doit permettre de
renforcer l’autonomie des individus. Toutefois, il faut se garder de
toute tentation autarcique de repli sur soi : aucun îlot écologiste ne
pouvant survivre dans un océan capitaliste, l’objectif reste
l’élimination du système capitaliste.
Contrairement au projet réformiste de décroissance soutenable, nous
réaffirmons qu’il est parfaitement illusoire de s’en remettre à l’Etat,
alors que celui-ci depuis toujours concentre les moyens et oriente la
production au service des multinationales (subventions,
infrastructures, recherche et développement, crédits de formation,
privatisations, externalisation des coûts, prise en charge des pertes
financières, etc.).
La participation d’écologistes dans les institutions montre que les
étapes vers l’accession au pouvoir sont jalonnées de tous les
renoncements et de toutes les trahisons.
L’autolimitation de l’activité humaine tenant compte des capacités
de la planète ne peut résulter que des individus eux-mêmes,
s’autogérant et se fédérant entre eux : c’est justement le projet de
société libertaire !
La croissance est vitale pour le capitalisme, la décroissance lui est mortelle.
Un certain nombre de pratiques alternatives existent dans la
société actuelle, préfigurant un autre futur. Mais aucune autre société
ne sera possible tant que ne sera pas mis fin à l’exploitation
capitaliste.
Aujourd’hui, les pays riches se satisfont de pseudo-progrès en
matière d’environnement alors qu’ils tirent leur niveau de consommation
insoutenable de l’exploitation des pays du Sud.
Désormais, nous savons que la décroissance est inévitable, et
l’humanité se trouve face à un choix décisif, l’organiser ou la subir :
écologie sociale ou barbarie !
Ne pas rompre définitivement avec la croissance, c’est condamner
les populations à un avenir proche dans lequel les classes dirigeantes
imposeront des restrictions toujours plus sévères au prix d’un contrôle
social toujours plus fort et de populations livrées à toutes les
guerres et à toutes les pénuries.
A l’opposé, la Fédération anarchiste est porteuse d’un projet qui
permet aux individus de gérer la société eux-mêmes : une révolution
sociale, écologique et libertaire !
Fédération anarchiste
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Motion politique et sociale : Les arrêter, et prendre l’offensive !
10 au 12 mai 2008 au Villard (Creuse)
mardi 13 mai 2008
Le 65e congrès de la Fédération anarchiste constate que l’analyse
faite lors de son congrès de 2007, dans la motion « Urgence sociale »
se retrouve totalement confirmée par les faits : « Le programme de
casse sociale et de répression mis en place par le capital, déjà bien
initié par les gouvernements précédents, de droite comme de gauche, se
retrouve encore plus en position de force »... « Les plus précaires,
les immigrés avec ou sans papiers, les sans-domicile vont être
particulièrement touchés par la radicalisation de la répression. »
« Les centrales syndicales, loin de construire la mobilisation
sociale se résignent, en échange de leur survie, à négocier la remise
en cause du droit de grève, du Code du travail, du contrat de travail ;
à faire passer pour de nouveaux droits la fléxisécurité qui n’est que
la perte des acquis collectifs de la classe ouvrière »... «
L’application de l’accord majoritaire dans les entreprises s’assortit
de la dérogation à la hiérarchie des normes. »
Il faut d’abord arrêter de toute urgence ce rouleau compresseur.
Sinon, il ne restera rien, avec les franchises médicales, de l’esprit
de la Sécurité Sociale, il ne restera rien des services publics et des
statuts des personnels avec la « Révision générale des politiques
publiques » et les propositions Attali (ancien conseiller de
Miterrand). Il ne restera rien du système des retraites par
répartition. Il ne restera rien de la laïcité, alors même que Sarkozy
déclare que la « question sociale est subsidiaire » mais que celle de
Dieu est fondamentale.
L’issue ne peut relever des élections. L’évidence devrait s’imposer
: la raclée prise par l’UMP aux élections municipales n’a pas changé
d’un iota les orientations pour lesquelles Sarkozy a été missionné par
les marchés. Pas plus qu’en 2004 après la débâcle de la droite aux
régionales ou qu’en 2005 après le non au référendum sur le Traité
constitutionnel européen.
La solution ne viendra pas non plus des combinaisons politiciennes
: qu’attendre du PS alors même que son secrétaire général déclare, au
lendemain des municipales : « Nous ne sommes pas là pour contredire ou
rendre illisible la politique du gouvernement » ? Qu’attendre d’une
énième mouture d’un parti pseudo anticapitaliste, mais qui se situe
déjà clairement dans une logique électoraliste, sinon confusion
politique, opportunisme et perte de temps ?
Comment compter sur les directions des confédérations syndicales
alors même que la bagarre des cheminots (régimes spéciaux) d’octobre
2007 a été sabotée, que l’accord sur la « modernisation du marché du
travail » a été signé par quatre confédérations et que la position
commune sur la représentativité syndicale constitue une étape décisive
pour l’intégration, au détriment de sa combativité, du syndicalisme
dans l’appareil d’Etat.
Face à ce plan politico-syndical bien huilé qui s’organise un peu
partout, et jusque dans les Centres de rétention administrative, il
existe tout de même des grains de sable : les luttes des sans-papiers
(salariés ou non) qui s’organisent partout, les bagarres contre les
plans de licenciements, contre les suppressions de postes dans les
écoles, dans les hôpitaux, pour la hausse des salaires, pour le retour
aux 37,5 annuités...
Dans le monde, le capitalisme, pour maintenir son taux de profit,
doit sans cesse augmenter le taux d’exploitation des ressources
humaines et naturelles. Les récentes émeutes de la faim attestent du
caractère explosif de la situation, même si les résistances sociales
restent globalement aujourd’hui dans le cadre du système.
La croissance économique utilisée comme fuite en avant par le
capitalisme pour masquer les inégalités sociales et la pauvreté a
accéléré l’épuisement des ressources et fait atteindre les limites
physiques de la planète. Renforcée par la spéculation, c’est bien
l’augmentation du prix du pétrole devenu rare - et donc aussi de
l’ensemble des produits manufacturés - qui rogne sérieusement le
pouvoir d’achat au Nord et déclenche des famines au Sud.
Face à ces attaques concertées du patronat et de l’Etat, qui ne
visent qu’à enrichir les actionnaires au détriment des travailleurs, il
faut une réponse commune des exploités. Il reste donc à fédérer ces
mouvements sociaux épars dans un mouvement d’ensemble qui s’appelle la
grève générale autogestionnaire.
Le 65e congrès de la Fédération anarchiste appelle à la tenue dans
les ateliers, les services, les bureaux, d’assemblées générales
décisionnaires avec des mandatés révocables, pour préparer la lutte,
d’une part contre chacune des mesures régressives prises par leur
patron ou le gouvernement, et d’autre part plus globalement contre la
politique d’appauvrissement généralisé des populations. Face à l’Etat
et au patronat, les travailleurs du secteur public et du privé doivent
pouvoir conduire et contrôler leurs propres luttes sans se préoccuper
de ceux qui n’aspirent qu’à les diriger.
Le congrès appelle les jeunes, les chômeurs, les retraités à se
joindre aux luttes interprofessionnelles, professionnelles et
spécifiques.
Alors, de ces résistances et de ces pratiques pourra naître la
perspective d’une grève expropriatrice et gestionnaire : gérons
nous-mêmes nos entreprises puisque c’est nous qui y créons les
richesses, gérons nous-mêmes la sécurité sociale, les écoles, les
hôpitaux et les caisses de retraites, solidairement, avec de vrais
moyens gérés collectivement, puisque nous sommes les premiers
concernés, gérons nous-mêmes nos quartiers, nos villes, nos zones
rurales puisque c’est nous qui y vivons.
C’est la seule issue à l’impasse suicidaire du capitalisme.
Fédération anarchiste |
| Motion de campagne contre les centres de rétention
65e Congrès de la Fédération anarchiste - 10, 11 et 12 mai 2008 Le Villard (Creuse)
mardi 13 mai 2008
Motion de campagne contre les centres de rétention
Les politiques migratoires continuent de se durcir, en France comme
dans la plupart des autres pays riches (et de manière coordonnée pour
l’Union européenne) : le nouveau gouvernement met en place un ministère
de l’Immigration et de l’Identité nationale, promulgue de nouvelles
lois rendant encore plus difficiles le regroupement familial et la
régularisation des sans-papiers, crée des brigades entièrement dédiées
à la chasse aux sans-papiers, annonce des objectifs chiffrés en termes
d’expulsion... L’Etat réduit ainsi les personnes à des chiffres, à la
manière d’un stock de marchandise. Interviennent d’ailleurs aussi des
enjeux économiques : côté pile, « immigration choisie »... par les (et
au profit des) patrons ; côté face, l’Etat place les travailleurs sans
papiers dans une situation de fragilité administrative qui les met à la
merci des exploiteurs. Cette politique a des accents xénophobes et
racistes, flagrants lors des contrôles au faciès.
Suite à ces contrôles - et rafles - les migrants sans papiers,
majeurs comme mineurs, sont souvent placés en rétention. Les centres de
rétention sont des lieux d’enfermement administratif réservés aux
sans-papiers. En 2007, plus de 35 000 personnes ont été enfermées dans
les centres de rétention français, ceux des DOM-TOM étant
particulièrement abjects. Dans ces centres, pour la plupart saturés,
les détenus peuvent être fortement réprimés, leurs droits sont bafoués.
La nourriture parfois périmée, les conditions d’hygiène parfois
douteuses, notamment à Nanterre et à Marseille, la chaleur étouffante
en été, le froid glacial en hiver, l’absence d’espaces de promenades,
aucun cadre médical ni psychologique et l’inexistence de recours de
manière générale engendrent chez certains retenus un désespoir les
poussant à l’automutilation, à la grève de la faim et parfois même au
suicide. Suite à la vague de révoltes de début 2008, les mesures de
répression ont été durcies : humiliations quotidiennes, fouilles
permanentes, tabassage et gazage. A l’échelle européenne, le prétexte
de l’harmonisation est avancé dans le but de porter la durée légale de
rétention à 18 mois. Il existe également le problème des zones
d’attente internationales dans les aéroports, où les retenus sont
soumis aux seules lois de la police de l’air et des frontières. En cas
d’expulsion, quasi systématique, elle se fait vers le dernier pays de
transit, parfois inconnu du migrant.
En tant qu’anarchistes, nous sommes opposés à toute forme
d’enfermement (prisons, hôpitaux psychiatriques, centres de
rétention...). Priver un être de liberté est un acte barbare,
avilissant et constitue une torture physique et psychologique.
L’enfermement à long terme conduit à une mort lente, et même à court
terme les dégâts sont considérables, voire irréversibles. Il prive
l’individu et ses proches de droits fondamentaux comme le droit à une
vie sociale et familiale, le droit à l’intimité, le droit à la
sexualité. Il s’accompagne, en plus, généralement de brimades, coups et
humiliations. L’enfermement est à ce point insupportable qu’il pousse
nombre de détenus à attenter à leur vie, la mort représentant une
échappatoire à une vie inhumaine. C’est une des pires formes
d’oppression.
Ni patries ni frontières ! Liberté de circulation et d’installation
pour tous ! Stop au pillage des pays pauvres ! Arrêt des rafles ! Arrêt
des expulsions ! Fermeture des centres de rétention ! A bas les
prisons, toutes les prisons !
Fédération anarchiste |
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