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tract soirée du 6 novembre

Par facaen :: 26/10/2009 à 21:33

LA PRISON POUR LE POUVOIR

 

 

 

Déjà au début du 19ème siècle on constatait que la prison était un échec. On connaît en théorie pourquoi on l’a inventée. Mais en pratique on sait que la prison est, encore et toujours, un échec. Echec dans la diminution du taux de criminalité, échec dans la réinsertion, échec dans la baisse de récidive, échec de protection de la population et des détenus et échec de sécurité…

A partir de là, plusieurs questions sont à poser : Cet échec ne ferait-il pas partie intégrante du fonctionnement de la prison ? Cet échec ne servirait-il pas à la fabrication des délinquants et aux mépris des prisonniers ?

 

Eléments de réponses :

 

Voyons pourquoi la prison est une usine à délinquant :

. D’abord il y a la surveillance policière qui est omniprésente comparée à la surveillance éducationnelle (on estime le rapport à 1 travailleur social pour 100 flics en France) qui cueille le futur « délinquant » et le jette en prison.

. Ensuite la prison impose des contraintes violentes que les détenus apprennent et utilisent comme un moyen de communication.

. Elle créait une existence contre-nature souvent inutile et dangereuse qui est à l’opposée des principes d’éducation.

. Elle se base sur un fonctionnement fondé sur l’abus de pouvoir qui deviendra le fonctionnement de la majorité des prisonniers.

. Elle provoque chez les détenus un sentiment d’injustice tellement important qu’ils en seront d’autant plus « incontrôlables », vengeurs et … injustes.

. Elle favorise l’organisation d’un milieu délinquant, solidaire les uns des autres, hiérarchisé, prêt pour toutes les complicités futures.

. Elle donne toutes les conditions à la sortie pour être condamné à la récidive.

. Elle fait tomber dans la misère et la souffrance la famille du détenu.

. Elle favorise le risque de maladie mentale par sa configuration et ses lois : effraction de l’intimité, enferment, peu de lumière du jour, accès facile aux drogues, etc.

 

Voilà pourquoi la prison reconduit, presque fatalement, devant les tribunaux ceux qui lui ont été confiés. Elle introduit en eux un code, un signe qui les démarquent de fait de la société. Marqués mentalement au fer rouge par des surveillances en tout genre (du pointage au bracelet électroniques) et/ou par des casiers judiciaires les empêchant de travailler ici ou là, elle les marginalise, voir les exclus de fait de la société… C’est par ce biais qu’on distingue le « délinquant » du simple infracteur. Quand ce dernier est caractérisé par son acte, le « délinquant » lui, est défini par sa vie tout entière.

Mais alors à quoi ça sert de maintenir la « délinquance », d’induire la récidive, de transformer l’infracteur d’occasion en délinquant d’habitude, d’organiser un milieu fermé de délinquance ?

Déjà ça ne sert pas à supprimer les infractions ou à stopper les transgressions ; surtout pas ! Car l’Etat a besoin de transgresseurs pour avoir et asseoir son pouvoir sur le peuple. Sans transgresseur, point de police, point de prison et point d’Etat. Sans transgresseur l’Etat n’a plus de raison d’exister.

En fait, ça sert plus à mettre en place un illégalisme voyant (gagne pain des média), marqué, irréductible et donc secrètement utile. Ca sert à isoler cet illégalisme de tous les autres, à le dessiner et le transformer afin qu’il résume symboliquement tous les autres. Cet « immense » illégalisme qu’on appelle la « délinquance », permet de laisser dans l’ombre toutes les autres formes d’illégalismes qu’on veut ou doit tolérer. Il s’agit en fait de distinguer et de différencier les transgressions. Ainsi, les limites de la tolérance sont données et permettent alors, de manière arbitraire, de donner  du champs à certains, de faire pression sur d’autre, d’en exclure une partie, d’en rendre utile une autre, de neutraliser ceux-ci, de tirer profit de ceux-là…

Quand à l’utilisation de ces transgressions, elle se retrouve dans une justice de classe. La « délinquance », solidifiée par un système pénal centré sur la prison, représente un détournement d’illégalisme pour les circuits de profits et de pouvoirs illicites de la classe dominante. Cette même classe dominante, très bien représentée par le président français, qui déclarait lui-même vouloir « mettre un terme à la pénalisation du droit des affaires » qui représenterait « un risque pénal [pesant] sur l’attractivité économique de la France. » (N. Sarkozy, université d’été du MEDEF, 2007). En clair, il s’agit ni plus ni moins de la dépénalisation des délits financiers !

En fait, on a le vol matériel direct, le vol avec effraction, le meurtre, le brigandage pour les classes inférieures ; tandis que le vol indirect et raffiné, l’exploitation savante du bétail humain, les trahisons de haute tactique et toutes les combines véritablement lucratives que la loi est trop bien élevée pour atteindre, demeurent le monopole des classes supérieures. Donc suivant la classe sociale à laquelle on appartient, lorsque l’on transgresse la loi, on est conduit soit en prison soit au pouvoir ! C’est donc hypocrite ou naïf de croire que la loi est faite pour tout le monde. La loi est faite pour quelques uns et elle écrase les autres. Bien qu’en principe, elle oblige tous les citoyens, elle s’adresse en fait principalement aux classes les plus nombreuses et les moins éclairées. Et il est faux de croire que c’est la société tout entière qui juge l’un de ses membres, car en réalité, il s’agit d’une catégorie sociale préposée à l’ordre qui en sanctionne une autre au désordre.

 

Et voilà pourquoi on méprise les prisonniers. Comme tous les jours, on conduit ou on se promène. Mais ce jour-là, on renverse quelqu’un ou on aperçoit quelqu’un faisant un malaise. Est-ce qu’on va se tirez ? Non… ? On va aidez… Or la personne qu’on a renversée ou dont on a vu le corps tombé a peut  être mésusée l’alcool, a peut être frappée ou bien même tuée… Et pourtant on s’arrête. Sans jugement, sans classement, on stoppe notre temps pour sauver cette personne. Et si on ne s’arrête pas pour aider les prisonniers qui meurent en prison, c’est parce que l’Etat et sa classe dominante ont décrété qu’il s’agissait de « délinquants » qu’il fallait mépriser…

 

Et si vous pensez que nous n’avons pas de solution à proposer, nous vous invitons à venir en discuter avec nous le

                            

 

VENDREDI 6 NOVEMBRE A 20 h 30

SOIREE PROJECTION/ DEBAT AUTOUR DU FILM LA RAISON DU PLUS FORT de Patric JEAN.

AU PAVILLON NOIR  

(10 bvd Poincaré – arrêt de tram aviation)

    

 

         Groupe sanguin libertaire de Caen. Contact :

Groupesanguinfa14@laposte.net

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